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Quotidien d'information indépendant - n° 6590 - Mercredi 23 Octobre 2019

Face à la montée des périls

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Conceptions bellicistes des relations internationales, proximités géographiques instables et porteuses de conflits larvés, brasiers qui ne demandent qu’a être ravivés et plus récemment encore processus récurrents de lectures hostiles et révisionnistes de l’histoire de la colonisation de l’Algérie, voire de discours aux relents néocolonialistes constituent quelques-uns des aspects de cette montée des périls qui vient et dont il nous faudra comprendre la nature, apprécier les contours, estimer l’importance et anticiper les impacts aussi bien sur notre devenir que sur notre stabilité.

Et surtout provoquer, sur le plan interne, les ruptures nécessaires qui permettront à la cohésion nationale de se consolider et au consensus politique au spectre le plus large possible de se réaliser. Ces ruptures dont la mise en œuvre ne peut plus désormais attendre sont impératives et participent de la nécessité d’assurer les conditions de notre émergence politique et économique, seul statut susceptible de conférer aux relations que nous entretenons avec la communauté internationale les qualités d’exemplarité et de respect mutuel qu’elles doivent revêtir. Et nul ne nous fera, dans ce cadre, de cadeaux, pas même ceux qui viennent parfois faire l’éloge de nos mérites! Les guerres d’Afghanistan et d’Irak, les frappes militaires en Libye, les interventions potentielles à venir en Syrie et peut-être en Iran, constitueraient-elles le prolongement militaire du nouveau corpus politique et idéologique de la réémergence du monde occidental dans un contexte de crise économique aiguë, d’exaspération des fractures sociales, de perte de repères et d’apparition de trublions de l’ordre économique mondial à l’image de la Chine, de l’Inde, du Brésil et d’autres pays encore ? Les modèles stratégiques théoriques conçus et développés par les anciens faucons de la Maison-Blanche ont-ils été validés par les sanglantes expériences irakienne et afgha-ne ? Les guerres d’Irak et d’Afghanistan ont-elles atteint les objectifs qui leur ont été fixés par les stratèges du démantèlement de pays souverains ? Ont-elles justifié les prétextes invoqués pour déclencher ces guerres ? Les alibis démocratique et humanitaire ont-ils résisté face au déferlement de la violence, de la division et des bavures militaires infligées aux populations civiles? Les gouvernements occidentaux ont-ils consulté leurs peuples avant d’envoyer troupes et moyens aéroportés dans des aventures dont personne, excepté les familles de soldats endeuillées, ne pouvait objectivement prévoir ni l’évolution et encore moins l’issue ? Le recours à la médiation et aux négociations aurait-il été plutôt préférable à la conduite de ces actions d’agression de la souveraineté des peuples et à la sollicitation du quitus du Conseil de sécurité des Nations unies obtenu par ailleurs au forceps ? Les éléments de réponse apportés à ces nombreuses questions par l’évolution de la situation de nombreux pays et les problèmes que ces derniers rencontrent ne sont pas, semble-t-il, ceux escomptés. Le retrait des forces américaines d’Irak a également prouvé et démontré que les initiatives, présentées également à l’opinion internationale comme des opérations à caractère humanitaire, de démocratiser au forceps les sociétés arabes et musulmanes sont un leurre et qu’au-delà de l’option réelle de confiscation de la richesse pétrolière de l’Irak, ces sociétés n’émergeront qu’à leurs rythmes, qui peuvent être assez rapides, sans ingérence étrangère et en tenant compte de paramètres socioculturels qui leur sont propres. L’exemple de la Libye est édifiant dans ce domaine. L’intervention militaire dans ce pays, conduite par les forces de l’OTAN, sous couvert de la résolution du Conseil de sécurité et un rôle moteur consenti par les Etats-Unis au président français et au Premier ministre britannique, n’a pas atteint les objectifs fixés. La chute du président Libyen, qui semblait être inéluctable, ne peut également servir d’alibi à une intervention qui a précipité la dislocation d’un pays dont l’unité a été maintenue grâce à un système d’organisation politique certes de type tribal mais qui a tout de même permis à des structures sociales très anciennes de durer. La transition en Libye aurait pu être conduite par les Libyens eux-mêmes sans cette ingérence militaire étrangère qui a provoqué des risques potentiels de partition de ce pays qui rencontre actuellement de graves obstacles pour se reconstruire socialement, politiquement et militairement, sans parler de l’hypothèque engagée du maintien de son intégrité territoriale. La situation actuelle de la Libye prouve, encore une fois et si besoin est, que l’intervention militaire a été une faute stratégique dont on ne décrypte pas encore les véritables desseins, que les risques encourus par les populations civiles libyennes ont été volontairement amplifiés et que le risque de plonger l’ensemble de la région sahélo-saharienne dans une phase d’instabilité dangereuse a été déjà bel et bien induit. Le véritable objectif de l’intervention a-t-il été, peut-être, d’attiser le conflit interne libyen, de le déplacer, d’étendre sa ligne de front et de déstabiliser certains pays de la région, notamment l’Algérie ? L’alignement de l’Europe, tirée par l’Angleterre de Tony Blair, puis par d’autres, sur la doctrine de l’ingérence préventive, théorisée aux Etats-Unis, a–t-il redonné au vieux continent une nouvelle existence politique sur la scène internationale ou a-t-il plutôt hypothéqué une proximité géographique, une connaissance réciproque et des liens anciens tissés notamment avec le monde arabe, éléments dont ne peut se prévaloir le nouveau continent ? L’exception française qui consistait, depuis la décision prise en 1966 jusqu’à son abandon il y a quelques années de cela, en un retrait des structures de l’OTAN dont elle était membre fondateur, a été battue en brèche par le rôle grandissant des nouveaux stratèges néoconservateurs de l’Hexagone qui, avec leurs homologues britanniques, ont souvent répondu, ces dernières années, en écho aux appels de mentors américains dont nous n’entendons d’ailleurs plus parler mais qui continuent tout de même de faire des émules. Les travaux des théoriciens du clash des civilisations, de l’agression préventive et de la guerre par procuration ont influencé toute une génération de jeunes stratèges européens dans la conception qu’ils se forgent, et qu’ils diffusent autour d’eux, des crises politiques et sociales qui secouent le monde et particulièrement les pays arabes. L’ingérence habillée d’arguments humanitaires continue donc de séduire. Et en conduisant ces agressions caractérisées, l’Occident n’a pas pour autant trouvé la sortie de crise économique tant recherchée car les facteurs internes induisent aussi cette stratégie qui, faut-il le rappeler, se met en œuvre en exploitant de réelles carences démocratiques des régimes en place, se justifie en invoquant des prétextes d’urgence humanitaire, sociale et sécuritaire et s’articule en induisant ses prolongements diplomatique puis militaire. L’instrumentalisation du Conseil de sécurité des Nations unies devient récurrente et, sans le veto de la Chine et de la Russie qui tempèrent quelques peu les ardeurs bellicistes, pourrait devenir systématique. Dans l’effervescence actuelle qui secoue le monde arabe, aucun élément ne plaide certes pour les régimes qui font face actuellement à de graves turbulences internes et aucune conscience ne peut taire les sévices qu’ils infligent à leurs peuples mais ce réveil tardif et ambigu des consciences occidentales ne peut justifier que l’irréparable et le démantèlement de pays tout de même souverains soient commis. Et cette stratégie de l’ingérence est non seulement portée pas des objectifs d’accaparement de richesses naturelles et de désarticulation de régions entières mais est également encouragée par les difficultés notamment économiques que vit le monde occidental et dont personne ne peut prédire ni la durée ni l’amplitude. Les crises économique et financière constitueraient-elles donc le véritable catalyseur de ces nouvelles politiques d’ingérence ? Probablement et ce, d’autant plus que malgré l’apparition de quelques signes perceptibles d’apaisement, qui ne provoquent pas l’unanimité des économistes et autres analystes financiers qui préfèrent rester prudents, les turbulences peuvent à tout moment resurgir. Cette crise impose des mesures impopulaires telles que des restrictions budgétaires draconiennes et des politiques de dépenses publiques rigoureuses et contrarie fortement la croissance. Mais au lieu de privilégier une véritable pédagogie qui permet de comprendre les mécanismes qui provoquent les crises, les régissent et leur permettent de perdurer, l’Occident, qui semble amorcer une phase réelle de déclin économique, serait tenté, s’il ne le fait déjà, face aux angoisses des populations, d’exalter et de susciter les peurs, de réveiller les vieux fantasmes et de s’approprier les théories les plus dangereuses. Les échos qui nous parviennent de campagnes électorales en cours nous restituent, toujours dans le prolongement de ces crises, des discours souvent imprégnés d’exaspération, de clivages, de recherche de boucs émissaires et revêtent une certaine distance avec les exigences éthiques et morales qu’impose l’exercice de la responsabilité, notamment politique. Ces surenchères sémantiques peuvent catalyser des réactions imprévisibles et provoquer des effets pervers, surtout que ces crises atteignent leur paroxysme, que les inégalités sociales deviennent importantes, que le rêve n’est plus permis et que l’ascenseur social ne fonctionne plus. La genèse de la montée des grands périls a souvent obéi à cette alchimie car le terreau dans lequel s’amplifie la résonance de ces discours existe et est réel. (A suivre)

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