Infos en ligne:
  • Zetchi s'engage à mettre fin "aux problèmes d'arbitrage" en une année ...

  • Baccalauréat 2017 :un taux de réussite de 56,07% ...

  • Décès de Kamel-Rezzag Bara, conseiller à la présidence de la République ...

  • Alcaraz convoque 29 joueurs pour la double confrontation contre la Libye ...

  • Le chef du projet relevé de ses fonctions ...

  • Accord de principe entre l'AS Rome et Ryad Mahrez ...

  • Ould Ali appelle Berraf à "faire preuve de sagesse" et le conseille de partir ...

  • Mahrez et Slimani retenus pour un tournoi à Hong Kong ...

  • Aucun véhicule importé avec la devise de l'Etat depuis janvier 2017 ...

  • Neghiz arrête la liste des 23 joueurs, El-Orfi forfait ...

Quotidien d'information indépendant - n° 5909 - Mercredi 26 Juillet 2017

Un pays en cunvulsions

Interligne+- AAgrandir le Text+- Imprimez cet Article

Alors que la situation politique en Irak reste confuse tant à Baghdad qu’à Erbil, les Etats-Unis continuent de se comporter en pays conquis et mettent en place en Irak, sans un aval formel du gouvernement et des partis irakiens, une stratégie opérationnelle identique à celle des Russes en Syrie qui, elle, s’appuie sur une demande formelle du gouvernement Assad.

Malgré tous les démentis, des troupes terrestres américaines venant de la Jordanie sont entrées, en septembre 2015, dans les territoires irakiens d’Al Anbar par le poste frontière de Trébil pour former, entraîner les tribus sunnites et les équiper par un pont aérien sur l’aéroport militaire de Habbaniyya. La stratégie américaine est vraisemblablement, dans un premier temps, de concentrer leurs efforts sur le gouvernorat d’Al Anbar pour deux raisons.
Ils bénéficient de l’appui de certaines tribus sunnites avec lesquelles ils ont conservé d’étroits contacts depuis le «Surge» et veulent protéger leur allié saoudien qui possède 420 km de frontières avec ce gouvernorat. Il semble aussi que le premier objectif des Etats-Unis est de libérer la ville de Ramadi, chef-lieu du gouvernorat (300 000 habitants mais dont un tiers a fui lorsque Daesh s’est emparé de la ville), plutôt que la ville de Faluja (200 000 habitants), plus proche de Baghdad mais dont la population reste acquise à Daesh. La situation sécuritaire est toujours très mauvaise dans 4 gouvernorats sur 18 : 4 gouvernorats totalisent 92% des attentats au mois de septembre : Nineveh (173 morts) ; Salah Dine (160) ; Al Anbar (155) et Baghdad (96). La situation est meilleure à Kirkuk (44 morts) et à Diyala (8).

«LUTTER» CONTRE DAECH ?

Douze mois après la proclamation d’un nouveau califat par le leader de Daesh, Al-Bagdadi, qu’en est-il de l’influence et de l’emprise réelle de cette organisation ? L’«Etat islamique» contrôle désormais une grande partie des territoires sunnites d’Irak ainsi que près de la moitié de la Syrie, après ses récentes conquêtes de Ramadi et de Palmyre. Selon Fabrice Balanche, géographe et spécialiste de la Syrie, l’EI aurait conquis au total 300 000 km2, ce qui correspondrait «au onzième pays arabe par sa superficie, derrière Oman, sur les vingt-deux que compte la Ligue arabe».
Toutefois, il convient de relativiser l’importance des zones contrôlées par Daesh. Celles-ci sont en grande partie désertiques, voire vides, et l’organisation «Etat islamique» est en réalité installée au sein des villes et villages qui se trouvent sur les axes de communication qui traversent ces régions. Il s’agit donc essentiellement d’une emprise urbaine. Il n’en demeure pas moins que les populations locales vivent depuis maintenant un an sous la coupe de ce régime délirant qui met chaque jour en application les principes de vie rétrogrades et archaïques qui guident son action.

Daesh s’attache à créer un véritable Etat avec ses attributs classiques (monnaie, police, justice, armée, etc.). Et personne, en dépit des discours ambiants, ne semble véritablement décidé – pour le moment — à lui disputer les zones qu’il contrôle. Or, plus encore qu’Al-Qaïda, Daesh exerce sur les candidats au djihad un indéniable pouvoir d’attraction. Le Premier ministre irakien, Al-Abadi, a souligné la présence toujours plus importante d’étrangers dans les rangs des djihadistes.
Jusqu’à fin 2014, les combattants irakiens représentaient environ 60% des effectifs pour 40% d’étrangers. Aujourd’hui, la proportion s’est inversée. Comment se fait-il qu’un an après sa création, ses déclarations de guerre au reste du monde et sa revendication d’actions terroristes, aussi peu ait été fait contre l’organisation «Etat islamique» ? En effet, les résultats obtenus par la coalition internationale emmenée par les États-Unis ne semblent pas avoir d’impacts majeurs sur elle.

Retenue, incompétence et double jeu des forces en présence
Lorsque l’on analyse la situation, il est possible de constater que l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre Daesh fait preuve d’ambiguïté, de retenue, d’incompétence ou de double jeu dans leur action, ce qui favorise l’organisation terroriste, même si les coups portés sont parfois sévères et finissent peu à peu par affaiblir son système. Premier acteur concerné, l’armée irakienne.
Celle-ci donne régulièrement l’exemple, depuis plus d’un an, de l’étendue de son incompétence et de son manque de combativité. Les unités sunnites fuient systématiquement contre Daesh, même lorsqu’elles sont largement supérieures en nombre et en armement, abandonnant à leurs adversaires des quantités impressionnantes d’armes, de munitions et de matériels fournis par les Américains. A Mossoul, en juin 2014, 30 000 militaires irakiens ont fui devant un millier de djihadistes ; un an plus tard à Ramadi (mai 2015), 10 000 soldats de Bagdad se sont dérobés face à l’attaque de 400 terroristes, laissant de nouveau derrière eux de très nombreux armements.

En douze mois, les forces de défense et de sécurité irakiennes ont ainsi abandonné aux combattants de l’Etat islamique plus de 2 300 Humvees. Ils ont également perdu plus de 40 chars M1A1 et plus d’une cinquantaine de pièces d’artillerie M198, sans parler de plus de 75 000 mitrailleuses et bien davantage encore d’armes individuelles avec leurs munitions. Indirectement, les Américains et les Irakiens fournissent donc à Daesh tous les équipements et les armes dont il a besoin.
Parallèlement, Washington continue à livrer de très nombreux équipements aux forces de Bagdad1, lesquelles ne sont guère plus combatives qu’il y a un an, comme l’a illustré la prise de Ramadi. Les généraux irakiens sont dépassés, d'un point de vue technique comme tactique, alors même qu’ils font face à des officiers aguerris, innovants et motivés. De plus, les forces armées et de sécurité irakiennes souffrent de graves lacunes en matière de renseignement, ce qui affecte profondément leurs performances face à leur adversaire. Elles se sont révélées incapables d’anticiper les attaques et de construire un réseau d’informateurs et d’agents derrière les lignes adverses, comme de recruter dans les rangs de Daesh.

Inversement, elles sont profondément infiltrées par l’organisation djihadiste et les autorités irakiennes se sont révélées incapables de lutter contre le terrorisme qui ensanglante régulièrement le pays. Le gouvernement irakien chiite reste, par ailleurs, très réticent à armer les sunnites contre Daesh, de peur qu’ils ne passent dans l’autre camp. Malgré le renvoi d’Al-Maliki, les autorités de Bagdad restent encore dans une logique de revanche vis-à- vis d’eux, suite aux exactions commises ces dernières années contre les chiites, ce qui ne permet guère aux sunnites anti-Daesh d’adhérer à sa politique.
Généralement mal armés, ceux d’entre eux qui ont rejoint la lutte contre l’organisation «Etat islamique» sont à leur tour ciblés et décimés par elle ou finissent par la rejoindre, contraints et forcés. Il est donc pour le moins paradoxal d’entendre les récriminations du Premier ministre irakien, Al-Abadi, à l’occasion de la réunion des représentants des pays membres de la coalition anti-EI, début juin à Paris.

En cette occasion, il a déclaré, sans rougir : «Je pense que c’est un échec de la communauté internationale. Concernant le soutien à l’Irak, il y a beaucoup de mots mais peu d’actions sur le terrain.» Par ailleurs, le chef du gouvernement irakien a affirmé que ses forces armées n’étaient pas suffisamment aidées, en particulier pour ce qui concerne les armes et les munitions. «Nous n’en avons pas reçu beaucoup, presque rien. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes», a-t-il avancé. ».
Enfin, il a affirmé que «le soutien aérien n’est pas suffisant». Sans doute — à l’image des propos tenus il y a quatre ans par le général Abdel Fatah Younes, ancien ministre de l’Intérieur de Kadhafi ayant pris la tête des forces de la rébellion libyenne— espère-t-il que les Occidentaux fassent le travail à la place des Irakiens…

espace pub

Vos Commentaires

Vidéo LNR

Loading the player...

Parcours artistique de Blaoa Hawari

espace pub

Suivez LNR sur Facebook

Galerie

espace pub