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Quotidien d'information indépendant - n° 5909 - Mercredi 26 Juillet 2017

Faudrait-il redessiner les frontières ?

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En septembre 2015, les appels à diviser l’Irak en mini-Etats selon ses composantes communautaires ont continué de se faire entendre à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Irak. Les partis politiques au pouvoir ont rejeté ces appels. Le Conseil Islamique suprême, à l’unisson des partis au pouvoir, a condamné les déclarations du directeur de la Defense Intelligence Agency, le général Vincent Stewart, sur le démembrement de l’Irak, estimant «qu’elles visent le tissu national de la société irakienne et qu’elles approfondiront davantage les différends qui existent actuellement entre les différentes composantes ethniques et religieuses du pays ».

De même la Coalition des forces iakiennes qui représente les sunnites au parlement irakien a accusé la politique américaine d’être à l’origine des projets tendant à morceler la patrie arabe, considérant que l’évocation par de hauts responsables américains l’idée du démembrement de l’Irak et de la Syrie «n’est pas une simple hypothèse mais il s’agit plutôt d’une énième tentative pour l’imposer sous prétexte de la politique du fait accompli».
Dans ce sens, le chef de la région autonome du Kurdistan irakien, pourtant compromis jusqu'au cou avec les Turcs, les Américains et Daech (en 2014), a lâché une bombe. Barzani a en effet appelé à redessiner les frontières Sykes-Picot du Moyen-Orient afin de créer un Kurdistan indépendant. On imagine comment la déclaration sera reçue à Ankara, mais aussi à Baghdad, à Téhéran et même à Damas...

Plus surprenante est la réaction de Massoud Barzani, le président du gouvernement régional kurde qui couvre l’Irak du Nord. Selon l’AFP, il aurait déclaré : «Le gouvernement turc a fait des pas positifs (...) en vue d’une résolution pacifique, cependant, nous avons vu que certains du PKK n’ont pas saisi ces opportunités par fierté.» Il a, par ailleurs, demandé au PKK de quitter le pays pour éviter de provoquer des pertes civiles. Toutefois, il a appelé le Premier ministre Ahmet Davutoğlu pour lui faire part de son «mécontentement quant à la dangerosité de la situation».
Pour lui, l’escalade doit cesser . «La paix est la seule façon de résoudre les problèmes, et des années de négociations valent mieux qu’une heure de guerre», a-t-il ajouté. Or, dans ces territoires détachés de la Turquie se trouvait le «vilayet» (province) de Mossoul dont la population était majoritairement kurde avec des minorités arabes et turcomanes et dont le sol recèle les fameux gisements pétroliers de Kirkouk, les premiers à avoir été découverts et exploités au Moyen-Orient.

D’abord faisant partie du mandat français sur la Syrie, le vilayet de Mossoul avait été finalement rattaché à l’Irak en vertu des accords Sykes-Picot, les Britanniques ayant exigé cette adjonction pour assurer la viabilité économique de leur mandat sur l’Irak, grâce précisément au pétrole de Kirkouk. Cependant, la nouvelle république turque n’avait pas cessé jusqu’en 1925 de réclamer, en partie pour les mêmes raisons, la réintégration du vilayet dans le territoire national turc. On voit déjà par là toute la complexité de la situation géopolitique du nord de l’Irak. Certes, la Turquie caresse toujours le rêve de récupérer le fameux vilayet de Mossoul.

La confédération semble la meilleure solution pour l’équilibre des forces. «Si l’on entend lui assurer une certaine stabilité pour l’avenir, l’État irakien ne peut être que confédéral, chacune des trois composantes étant déterminée par l’identité de sa population, ethnolinguistique en ce qui concerne les Kurdes, religieuse en ce qui concerne les sunnites et les chiites.» Telle est la rhétorique des sectateurs du dépeçage de l’Irak. Il existe d’ailleurs un précédent, l’expérience, certes avortée, de la «République arabo-kurde» de Kassem en 1958. Ainsi le nouvel État confédéral irakien comprendrait-il :
*Un État confédéré Kurde avec pour capitale Kirkouk.
*Un Etat confédéré arabe-sunnite avec pour capitale Samara.
*Un État confédéré arabe chiite avec pour capitale Bassora.
Baghdad, capitale confédérale ? Une capitale confédérale serait constituée par le grand Baghdad, qui compte cinq millions d’habitants, une majorité chiite et quelque 800.000 Kurdes. C’est d’ailleurs là le creuset où se retrouveraient les trois composantes régionales. Le grand « avantage » de cette structure confédérale, où les pouvoirs confédéraux seraient réduits à l’économie — le partage des dividendes du pétrole — et à la représentation extérieure, serait de permettre à chaque entité de s’administrer souverainement sans intervention ou domination externe, quitte à conserver des moyens propres d’autodéfense. Ainsi serait durablement évitée l’hégémonie d’un groupe sur un autre.

Certes, l’opposition au régime de Saddam Hussein n’est pas allée aussi loin car elle ne s’est mise d’accord que sur la création d’une structure fédérale et non confédérale. Cependant, l’échec de l’expérience de la « République arabo-kurde d’Irak » montre que deux composantes au moins de la population, Kurdes et Chiites, ont subi de telles persécutions que seule une séparation identitaire tranchée paraît capable de panser les plaies du récent passé et de permettre aux trois populations de vivre enfin en paix les unes avec les autres.
Si l’Irak, comme le souhaitent les Américains, doit constituer un exemple pour le Proche et le Moyen-Orient, que l’on commence par respecter l’identité de ses peuples constituants. «Remodeler l’Irak ? Oui, certes, mais si possible intelligemment.» Telle est la question qui se murmure çà et là au sein des coulisses occidentalo-américaines.

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