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Quotidien d'information indépendant - n° 5961 - Mardi 26 Septembre 2017

Face aux tensions budgétaires 2017/2020, pour l’efficacité et la cohésion sociale,

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Le très fort taux d’abstention et le nombre très élevé de bulletins nuls doivent faire réfléchir le pouvoir politique et l’opposition avec pour objectif les intérêts suprêmes du pays afin de réaliser la symbiose Etat-citoyens et de rétablir la confiance sans laquelle aucun développement ne peut se réaliser.

Face aux tensions budgétaires, comme j’ai eu à le souligner lorsque j’ai été invité par la présidence de la République pour les consultations relatives à la révision de la Constitution, il y a lieu d’associer les partis politiques représentatifs ainsi que des segments de la société civile, l’Algérie ayant besoin en ces moments difficiles de rassembler tous ses enfants tenant compte de leurs différentes sensibilités, et non de se diviser sur des sujets secondaires avec deux critères : la moralité des personnes choisis afin de ne pas entacher la crédibilité gouvernementale et les compétences étant souhaitable que les chefs de partis ne fassent pas parti de l’exécutif et qu’ils désignent leurs représentants(1).

1. L’Algérie a besoin d’un gouvernement resserré, composé de femmes et d’hommes compétents d’une haute moralité et non de courtisans. Il est entendu que la réforme institutionnelle doit être sous-tendue par des objectifs stratégiques clairement définis et datés dans le temps, à la fois politiques tenant compte de notre anthropologie culturelle , Etat de droit avec un consensus minimal qui ne saurait signifier unanimisme et économiques, aller vers une économie de marché à vocation sociale qui a été codifiée dans la nouvelle Constitution, comme facteur d’adaptation aux nouvelles réalités mondiales.
C’est la dépense publique a atteint un niveau intolérable qu’il s’agit de rationaliser et d’optimaliser, le pays dépensant deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats par rapport à certains Etats de la région MENA, et devant éviter l’expérience du rééchelonnement de 1994, horizon 2019/2020 avec des ajustements sociaux douloureux intolérables. Car l’on devrait assister entre 2020/02030 dans notre région à de profonds bouleversements géostratégiques.
L’Algérie pourrait-elle continuer à fonctionner sur la base d’un cours de à 110/120 dollars comme entre 2013/2015 et à 85/90 dollars selon le FMI comme en 2016 assistant à une dépense publique galopante avec la dominance des emplois rentes avec un déficit de la balance des paiements, si le cours fluctue entre 45/55 dollars qui a eu comme résultat immédiat l’épuisement du fonds de régulation des recettes fin 2016.

Car les mesures purement monétaires ainsi que l'illusion mécanique des années 1970, à partir d'unités sporadiques sans vision stratégique, ne s'adaptant pas à la 4ème révolution industrielle, de nouvelles filières internationalisées poussées par l’innovation continue, et sans une autre gouvernance et réformes profondes ne peut que conduire le pays droit au mur. Pour éviter des discours contradictoires une cohérence gouvernementale, un porte-parole officiel au niveau du gouvernement pour l’information officielle s’impose.
Car, la majorité des observateurs nationaux et internationaux constatent malheureusement des discours contradictoires entre membre du même gouvernement, parfois sur des sujets sensibles. Par ailleurs, même pour les affaires courantes, la majorité des membres du gouvernement prennent peu d’initiatives, des bureaucrates aux ordres, faisant remonter les problèmes même de gestion courante au niveau de la présidence de la République et surtout au niveau du Premier ministre.
Toutes ces distorsions qui ont cout et donne une mauvaise image des responsables tant au niveau national qu’international renvoient à l’urgence d’institutions crédibles reposant sur la refondation de l’Etat au moyen de mécanismes plus décentralisés qui renforceraient globalement la cohésion globale. Dans la situation actuelle, plusieurs ministères se télescopent, ajoutant au manque de visibilité et de cohérence.

Par ailleurs, la fonction de ministre est d’être, comme le montrent les expériences des pays développés et émergents, au contact tant de la sphère économique et sociale grâce à une communication active et cohérente. Or, la majorité des ministres ne savent pas communiquer, ne savent pas vendre ce qui a été pourtant positif, versant souvent dans l’euphorie et la démagogie alors qu’une bonne communication suppose d’être mesuré étant à l’ère d’internet. La fonction principale d’un ministre est d’avoir une vision stratégique, de prévoir et d’agir en conséquence, pouvant s’entourer de bons techniciens et experts, mais ne devant jamais fuir ses responsabilités.
Il est avant tout responsable de la politique générale de son ministère, et selon la déontologie politique, il est responsable de toute action de ses collaborateurs, positive ou négative. Force est de constater une confusion des rôles, personne ne se sentant responsable, certains ignorant ou faisant semblant d’ignorer le fonctionnement de leur secteur.
Et en cas de mauvaise gestion ou de scandales financiers relatés par la presse (renvoyant à une justice indépendante), ils font retomber toute la responsabilité sur leurs collaborateurs, expliquant d’ailleurs la démotivation de la majorité des cadres.

Or, la responsabilité est collective. Combien d’expériences montent qu’un gouvernement n’est pas fait pour être obligatoirement populaire, mais doit avoir une vision stratégique d’optimalisation de la fonction objective stratégique, pour notre cas l’Algérie horizon 2020, afin de réaliser la transition d’une économie totalement rentière à une production et exportation hors hydrocarbures de segments productifs au sein des valeurs internationales en déclin.
Certes, on doit concilier efficacité économique et une profonde justice sociale, mais sans populisme, une nation ne partageant en principe que ce qui a été préalablement produit, la rente des hydrocarbures donnant des taux de croissance, de chômage et d’inflation biaisés.

2.- A ce titre, je rappelle les pistes que j’ai suggérées entre 2007/2010 (voir sur www.google.com). Au niveau de la présidence, institution suprême pour les décisions stratégiques, du fait que tant les Ministres que les Walis confrontés à la dure réalité quotidienne n’ont pas le temps de réfléchir à terme et de tracer des objectifs stratégiques, la nouvelle Constitution ayant tranché pour un régime semi-présidentiel, le cabinet de la Présidence devrait se doter de grands départements stratégiques homogènes selon la structure gouvernementale, chargé selon les orientations du président de la République et en étroite collaboration avec l’organe de planification, de définir les axes stratégiques du pays, le gouvernement étant chargé de l’exécution.
C’est qu’avec l’effritement du système d’information, avec des données contradictoires d’un ministère à un autre, s’impose une institution de la planification et de la prospective, structure indépendante, pluridisciplinaire, composée des meilleures compétences, afin d’éviter la manipulation des données à des fins politiques, relevant du Premier ministre ou du président de la République, les plus grands planificateurs – entendu management stratégique – étant les firmes internationales.

Concernant la nécessaire réorganisation gouvernementale, pour plus d’efficacité, je préconise que les ministres soient entre quinze (15) et ne devant pas dépasser vingt (20) avec et des secrétaires d’Etat ou ministres délégués qui n’assisteront pas au Conseil des ministres. C’est en accordant la priorité à la connaissance que les politiques publiques apporteront des réponses à la pauvreté, à la fois rurale et urbaine, et surtout à l’évolution du chômage par la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus, en particulier pour les groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes. Aussi, je préconise un grand ministère de l’Education nationale et de la Recherche scientifique (la revalorisation des compétences).
Le ministère des Finances devrait être couplé avec le ministère du Commerce et le ministère des Investissements avec ceux du Tourisme et l’Artisanat, de l’Industrie et des Mines, segment stratégique de la relance industrielle. Les différentes agences chargées de l’investissement qui se télescopent et qui sont loin d’avoir répondu aux attentes des pouvoirs publics, malgré de nombreux avantages accordés, Andi-emploi des jeunes, etc.., devront être rattachées à ce ministère pour plus de cohérence.

Le défi majeur du XXIe siècle étant celui de l’eau, dont celui du dessalement de l’eau de mer (en espérant pour ces unités une intégration de certains de leurs composants, ce qui est possible) dont la base est le gaz, au ministère clé de l’Energie, pour aller vers un «mix» énergétique ne devant exclure aucune option, il y aurait lieu d’adjoindre celui des Ressources en eau, celui de la pétrochimie ,une erreur ayant été commise de lui ’avoir rattaché à celui de l’industrie, impulser l’industrie pétrochimique, en partenariat avec les firmes internationales.
Quant au ministère du Travail, logiquement, il devrait intégrer celui de la Formation professionnelle, de l’Emploi et de la Solidarité nationale. Pour celui de la Santé, il devrait inclure toutes les caisses de sécurité sociale. Devraient également être regroupés le ministère des Postes et des nouvelles technologies, et ceux de la Culture et de l’Information. L’agriculture et la pêche formeraient un tout, ainsi que les transports, les travaux publics et l’habitat. Quant aux structures de la jeunesse et des sports, elles devraient être regroupées.
La promotion de la condition féminine et la protection de l’enfance devront faire l’objet d’un traitement particulier. Il est entendu que les ministères de la Défense, des Affaires étrangères et de la Justice devraient faire l’objet d’un large débat pour leur réorganisation. Les services de sécurité après une large concertation des différents segments, du fait de la sensibilité de ce secteur devrait être organisé à part tenant compte des expériences du KGB, de la CIA, du deuxième bureau français, notamment qui ont subi une profonde réorganisation s’adaptant aux nouvelles mutations géostratégiques en intégrant la théorie de l’intelligence économique.

Cette réorganisation gouvernementale doit être synchronisée avec une réorganisation territoriale. Au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales devrait s’adjoindre l’aménagement du territoire et l’environnement. Cela suppose une autre organisation locale, notamment du rôle des walis par la création de pôles socioéconomiques régionaux (régionalisation économique à ne pas confondre avec le régionalisme néfaste) supervisés par un super-wali, poste politique avec des walis délégués avec le profil de manager, économistes, ingénieurs, juristes, évitant de puiser toujours tant pour le poste de ministre que de Wali dans l’Ecole nationale d’administration en qui en Algérie (entrée après Bac- niveau licence) n n’a pas du tout le profil de l’ENA français (concours après licence, grande école ou doctorat).
Les directions de wilaya qui sont budgétivores devront être regroupées en adéquation avec ceux des ministères. Comme j’ai eu à le souligner récemment, la structure qui me semble la plus appropriée pour créer le dynamisme régional, ce sont les chambres de commerce régionales (regroupant plusieurs wilayas homogènes).
L’action du Forum des chefs d’entreprises, qui n’est pas un parti politique ainsi que toutes les organisations patronales, en souhaitant une unification patronale, doit s’inscrire dans ce cadre, à l’instar de tous les pays développés et émergents, si l’on veut aboutir à des résultats concrets s’adaptant à la mondialisation. Cette structure régionale regrouperaient l’Etat, les entreprises publiques/privées, les banques, les centres de formation professionnelle, et les universités/centres de recherche.

3.-En résumé, comme sortie de la crise s’imposent des objectifs stratégiques pilotés par de grands ministères et des actions décentralisées autour de pôles régionaux et sur le court terme de nouvelles figures crédibles et surtout morales et de nouvelles méthodes de gestion pour éviter le gaspillage . Mais, il faut être réaliste, ce n'est pas la panacée, car le regroupement de Ministères sans objectifs stratégiques n’a aucun sens. Par ailleurs, il faut avoir une vision à moyen et long termes.
Les économies occasionnées à court terme sont mineures mais ce regroupement permettra d’optimaliser la fonction/ objectif stratégique à moyen terme et donc réaliser d’importantes économies. Il s’agit de privilégier les intérêts supérieurs de l’Algérie, l’efficacité et non la distribution de postes de ministres s’assimilant à des récompenses au moyen de la distribution de rente. D’où l’urgence de rationaliser la dépense publique, notamment par un regroupement des ministères.
Cette réorganisation devient urgente pour des raisons surtout d’efficience gouvernementale. L’Etat doit réduire son train de vie, donner l’exemple de rigueur, éviter en cette période de crise des dépenses inutiles de prestige sans impact véritable sur le devenir économique du pays et donc sur l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens. D’ailleurs, un regroupement des ambassades, excepté pour des pays avec qui l’Algérie entretient d’importantes relations commerciales, devrait rentrer dans cette réorganisation.

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