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Quotidien d'information indépendant - n° 6006 - Lundi 20 Novembre 2017

L’absence d’écriture, un préjugé colonial

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Dire que la société amazighe avait une tradition strictement orale et ne disposait pas d’écriture est «un préjugé véhiculé par le colonialisme français», a souligné, dimanche à Tizi-Ouzou, l’universitaire Mohand Akli Hadibi.

Ce sociologue et maître de conférences à l’université Mouloud Mammeri, qui participait à un colloque international sur «les savoirs et renouvellement des connaissances socio-anthropologiques et historiques sur le Maghreb», organisé par cette même université, a estimé qu’il y a lieu de «reconsidérer cette idée reçue quant à l’inexistence de l’écriture dans la société amazighe». Dans sa communication intitulée «les implications épistémologiques de la présence/absence du fait de l’écriture dans l’anthropologie des sociétés amazighes», M. Hadibi a souligné qu’il y avait un savoir écrit transmis par des institutions locales que le colonialisme français, et avant eux les colonisateurs qui se sont succédé en Afrique du nord, se sont appliqués à effacer. Citant entre autres régions d’Algérie ayant été victimes de cette destruction du savoir écrit local, le cas de la Kabylie, le conférencier a observé que cette dernière qui disposait «d’une assise de savoir traditionnel, a subi une violence physique qui s’est traduite par la destruction des bibliothèques qui y existaient ce qui a entraîné l’abolition de l’arsenal qui permettait de produire, de reproduire, de transmettre et de préserver les savoirs écrits». Les zaouïas qui étaient parmi les institutions détentrices de ce savoir écrit et qui étaient à la tête de plusieurs mouvements d’insurrection contre le colonialisme français étaient la cible de ce dernier qui les a détruites, a rappelé M. Hadibi tout en observant que la déstructuration des Habous qui permettait la préservation et le maintien dans le temps de tout ce savoir écrit, répondait à cette visée coloniale. «Cette destruction a été accentuée par un travail de dévalorisation des productions manuscrites qui existaient en les plaçant notamment dans le strict champ religieux, évitant de parler des autres disciplines y compris scientifiques (mathématiques, médecine, juridiques) qui étaient enseignées par le système local», a-t-il relevé. Le but étant d’effacer toute trace de civilisation et du système local de transmission de savoir par le démantèlement des supports qui permettait une assise de l'élite locale pour lui substituer son propre système d’enseignement, a-t-il indiqué. «Si l’idée de l’oralité a fini par s’imposer comme évidence dans le champ des études amazighes, quelques exemples font toutefois apparaître la présence importante de pratiques scripturaires», a relevé ce sociologue qui a choisi de citer un seul cas parmi tant d’autres, la Bibliothèque du cheikh El Mouhoub Oulahbib. La bibliothèque de cet éminent savant du XIXe siècle, né en 1822 à Beni Ouartilane et grand collectionneur d’ouvrages, était riche de plus de 1.000 manuscrits qui ont failli disparaître durant la période coloniale lorsque l’armée française l’a incendiée en 1957. «Des manuscrits ont pu être sauvés grâce à une femme, Zhira, la bru du cheikh, qui a transporté sur son dos tout ce qu’elle a pu arracher aux flammes». Un total de 642 ouvrages traitant de l’astronomie, de la logique, de la littérature et de la poésie, des mathématiques, de l’agriculture, de la linguistique, mais aussi des actes notariés, des documents imprimés dont des bulletins de vote de l’époque, et des manuscrits écrits en tamazight, et dont certains remontent au 16ème siècle ont pu ainsi être sauvés pour témoigner aujourd’hui de l’existence d’un savoir écrit, a observé M. Hadibi.

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