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Quotidien d'information indépendant - n° 6082 - Dimanche 18 Février 2018

La politique des subventions pose le problème de la sécurité nationale

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Cette présente analyse est une note de synthèse qui engage la sécurité nationale ayant trait à un dossier que j’étudie depuis de longues années.

1- La problématique des subventions. renvoie à l’épineux problème de la valeur, fondement de la sciences économique, donc de la politique des prix d’une manière générale. Or les propositions récentes du Ministre des Finances, du Commerce ou de certains experts, sont baisées, manquent de rigueur scientifique, ne devant jamais se référer, pour ce problème complexe, à des économies développées structurées où la structure des prix et des salaires (le Smig algérien, un cinquième du Smig français) diffèrent fondamentalement de celle de l’Algérie.
L’impact positif des subventions ciblées dépend, au préalable, par la mise en œuvre d’une politique cohérente liant efficacité économique et justice sociale, de profondes réformes structurelles et un large consensus social et politique, si l’on veut éviter des incidences négatives sur le plan politique, sociale pour notre pays surtout avec les tensions géostratégies qui se dessinent dans notre région (voir notre interview au quotidien gouvernemental arabophone El Massa du 12/02/2018- subventions et sécurité nationale) Les personnes qui parlent de subventions ne sont peut être pas conscient de la complexité de l’opération renvoyant à toute la politique des prix qui depuis des siècles ne fait pas l’unanimité des économistes y compris les prix Nobel divisant les libéraux, les néo-keynésiens et les néo-marxistes.
Toutes ces théories et politiques divergentes ont été élaborées sur la base d’une économie de marché productive concurrentielle structurée : marché du travail, marché des biens/servies et marché financier. Cela a des incidences stratégiques y compris politique, sur toute la politique socio-économique d’un pays.

2- Le dossier des subventions traine depuis au moins 2008 où bon nombre d’études ont été réalisées à ce sujet entre 2008/2016. Rien de nouveau, puisque un comité de réflexion avait été installé par l’ex premier ministre Abdelmalek Sellal et il serait intéressant de connaitre ses conclusions afin d ‘éviter à la fois des pertes d’énergie et de temps. J’ai tenu à rappeler dans cette interview que j’ai eu à diriger pour le compte du gouvernement l’audit sur les carburants entre 2007/2008 assisté des cadres dirigeants de Sonatrach, des experts algériens et du bureau d’études américain Ernest Young où nous avons proposé pour ce segment la généralisation des carburants à partir du gaz, le GPLc pour les véhicules, le Bupro pour les gros transporteurs et des subventions ciblées fondées sur une nouvelle politique des prix.
Déjà 10 ans et que de perte de temps et d’argent. Par la suite j’avais transmis un rapport au gouvernement le 14 septembre 2012 avec des propositions concrètes, point de vue que j’ai développé par la suite dans la presse nationale et internationale. Pour des subventions ciblées, on peut lister les subventions accordés par l’Etat, sans être exhaustif : les subventions du prix du pain, de la semoule et du lait ; les subventions des carburants, de l’électricité et de l’eau ; les subventions à la santé(hôpitaux et médicaments), au transport et au logement social ; les subventions pour le soutien à l’emploi ; les subventions aux écoles primaires, Cem, Lycées, Universités ; les assainissements des entreprises publiques et les avantages financiers et fiscaux aux entreprises et les surcouts de gestion des projets et les surfacturations illicites qui sont des subventions indirectes.

3- Dans la loi de finances 2018, le niveau des transferts sociaux est en hausse de 8% par rapport à l’année budgétaire 2017. A contrario, récemment en ce mois de février 2018, le Ministre des finances annonce une suppression progressive des subventions et le Ministre du commerce a affirmé la distribution des chèques aux plus nécessiteux qui est une impossibilité technique sans une véritable stratégie et sans système d’information fiable. Cela implique forcément une libéralisation de tous les prix qui s’alignent sur ceux du marché libre y compris les salaires pondérés par le taux d’inflation.
Or dans les pays développés existe un lien dialectique entre le niveau des revenus et des prix, étant dans une économie de marché concurrentielle structurée. La libéralisation des prix suppose au moins le doublement des salaires et pour éviter une hyperinflation, les salaires doivent correspondre à un niveau de production et de productivité proportionnel. Cette opération est -elle possible sans véritable stratégie, dans une économie dualiste dominée par la sphère informelle, la faiblesse des sections hors hydrocarbures et sans un système d’information fiable au temps réel ? Si ces mesures sont appliquées, cela aura forcément des incidences hautement politiques et sécuritaires et pas seulement économiques.
Donc, attention, cela pose un problème de sécurité nationale n’étant pas une opération technique. C’est une opération complexe qui a des incidences économiques sociales et politiques, non maîtrisée et faute d’intermédiations politiques et sociales, sera source de vives tensions sociales incontrôlables, laissant les fores de sécurité confrontés aux citoyens.

4- Il y a lieu éviter des annonces dans la précipitation, comme je viens de le démontrer clairement dans une interview à la radio publique Radio Algérie Internationale 03/02/2017 et dans plusieurs contributions nationales et internationales. Face aux tensions budgétaires ? Cette opération ne peut être réalisée essentiellement pour trois raisons, du moins à court terme.
Premièrement, cette opération est techniquement impossible sans un système ‘information fiable en temps réel, mettant en relief la répartition du revenu national par couches sociales et par répartition régionale : combien perçoivent moins de 20.000 dinars par mois net, combien entre 20.000/50.000, combien entre 50.000/100.000, combien entre 100.000 et 200.000 et plus.
Deuxièmement, cette opération est également impossible sans quantifier la sphère informelle qui permet des consolidations de revenus., existant des données différentes soit que l’on se réfère au produit intérieur brut (entre 40/50% selon l’ONS), par rapport à l’emploi (plus de 33% de la population active selon le ministère du travail) ou à la masse monétaire en circulation, environ 40 %, avec des données contradictoires de plusieurs responsables, 17 milliards de dollars selon l’actuel premier, 37 milliards de dollars selon l’ex premier ministre Abelmalek Sellal, ou 45 milliards de dollars selon certains organismes. Pour éviter la confusion, l’on doit différencier la part normale que détiennent les ménages à usages personnels, du montant stocké à des fins spéculatifs (voir Pr A.Mebtoul- géostratégie et sphère informelle au Maghreb- Institut Français des Relations Internationales - décembre 2013 Paris France). D’ailleurs les déclarations tant du premier Ministre que ceux de l’Industrie il y a à peine deux mois, notaient que que l’Algérie souffre cruellement d’un système d’information non performant et qu’actuellement il est difficile d’évaluer correctement la sphère informelle.
Troisièmement, de définir avec précision. l’institution chargée de distribuer la traçabilité de ces chèques et surtout d’établir une balance qui doit être positive, sin on cette opération n’aurait aucun sens, entre le montant des chèques délivrés et les économies occasionnés par cette opération tant en dinars qu’en devises ? Et ne risque t- on pas d’assister à un nivellement par le bas au détriment des couches moyennes non concernés par ces chèques, ce qui influera négativement sur la productivité globale?

5- Alors comment distinguer les riches des pauvres, lorsqu’on sait que pour seulement les couffins de Ramadhan de 2017, selon la ministre de la solidarité, la valeur des colis de denrées alimentaires distribués aux nécessiteux durant le mois de Ramadhan rentrant dans le cadre l’opération de solidarité nationale, à hauteur de « 780 millions de dinars, ce montant représentant 7 % de la somme globale consacrée à l’opération avec souvent des délits d’initiés. Il en est de même pour l’emprunt obligatoire chargé de capter l’argent de la sphère informelle.
Rappelons que les obligations matérialisant l’emprunt ont été émises sous deux formes de maturité de 3 ans et 5 ans, et en coupures de 50 000 DA chacune. Sous forme nominative ou au porteur, au choix du souscripteur. D’autres obligations de 10 000 et 1 million de Da ont été également proposées. Au terme des six mois, qu’a pris l’opération financière publique, l’ex premier ministre Abdelmalek Sellal, a donné le bilan en juillet 2016 exactement 461,72 milliards DA, dont une fraction étant le fait d’opérateurs qui ont réalisé un vase communicant transférant leur capital argent d’une banque au trésor pour bénéficier d’un taux d’intérêt plus élevé (entre 5 et 5,75%, une rente supporté par les générations futures). Loin de capter les fonds informels qui circulent hors circuit bancaire le résultat a été très mitigé pour ne pas dire échec, ce qui a contraint le gouvernement à recourir au financement non conventionnel en 2018.

6.-Il s’agit maintenant d’aller vers des actes au lieu de discours non muris afin d’éviter un échec de cette opération sensible, ce qui discréditerait toute l’action de l’Etat. Au préalable s’impose une véritable stratégie collant tant aux mutations internes qu’externes dans le cadre des valeurs internationales, passant par de profondes réformes institutionnelles et micro-économiques (rendant urgent un grand ministère de l’économie regroupant commerce-finances pour une cohérence de cette opération), conciliant le cadre macro-économique et macro-social dans un cadre décentralisé (couple une efficacité économique et justice sociale, pas égalitarisme).
La suppression des subventions, implique forcément la libéralisation de tous les prix et sans un développement véritable, comme impact un risque inflationniste, accentué en Algérie par le financement) non conventionnel non maîtrisée (avec une prévision de 17 milliards de dollars selon le Ministre des finances pour uniquement 2018, qui ne peut être atténuée, du fait de l’importance de la dépense publique, que si le baril de pétrole approche les 70 dollars. Mettre en place une politique cohérente des subventions suppose un large débat et une concertation politique, social et économique loin des bureaux climatisés des bureaucrates. Dans ce cadre, il s’agit d’évier des quantifications hasardeuses sur le plan strictement financier, une société n’ étant jamais inerte.
Les économistes et les politiques doivent reconnaitre leurs limites ayant besoin de connaitre les mouvements historiques, anthropologique et sociologique des forces politiques, économiques et sociales, souvent influencées par des acteurs externes, donc de connaitre le fonctionnement de a société toujours en mouvement. D’où l’importance stratégique du dialogue où le lieu naturel est le conseil économique et social consacré par la nouvelle Constitution qui devrait regrouper les meilleures compétences et toutes les composantes de la société représentatives malheureusement gelé depuis des années où serait discuté et élaboré une politique réaliste des subventions ciblées.
L’objectif stratégique 2018/2025/2030 sera de dépasser le statut quo actuel pour éviter l’épuisement progressif des réserves de change, étant passées de 195 milliards de dollars en janvier 2015 à 95/96 milliards de dollars fin 2017, donnant un répit de trois ans. La situation peut être maîtrisable, sous réserve d'une planification stratégique,(les plus grands planificateurs étant les transnationales) d’une plus grande rigueur budgétaire et d'une lutte contre les surcoûts, le gaspillage et la corruption renvoyant au mode de gouvernance.
Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane Mebtoul

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