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Quotidien d'information indépendant - n° 6557 - Dimanche 15 Septembre 2019

«L’Ensemble Démo, la voix des maux» à la galerie Racim

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La poésie a des voies insondables que seule la raison du cœur peut décrire. Comment retracer cette espèce d’harmonie qui n’appartient qu’au domaine du sensible ?! Quelques artistes inspirés ont ainsi trouvé le sentier vers une expression partagée par un groupe «d’extra-terrestres» amoureux de bons mots qui ont livré à un public confidentiel mais complice un très bel opus poétique.

«L’Ensemble Démo, la voix des maux,» est le générique, la signature d’un groupe venu de nulle-part et de partout en même temps. Nous avons cru y déceler quelques indices du côté de la Chaîne III par l’entremise de certains personnages dont on entend la voix souvent bienveillante sans pouvoir mettre un visage dessus. C’est ainsi pour Nassima Djaout qui nous aura fait aimer le sport en apportant du glam sur la Radio nationale, Sofiane Sahouli et sa voix agréable, idéale pour quelques journaux d’information bien sentis ainsi que Fatima Charef aux phrasés et aux prononciations à l’anglaise qui apportent un soupçon de fantaisie au caractère solennel par trop sérieux des actualités.
Des artistes il y en avait avec cet aréopage de journalistes et de reporters.
Notamment Abdelghani Chebouche, sculpteur-forgeron, maître de l’eau et du feu, Djahida Houadef, plasticienne; délicate prêtresse de la couleur, Madjid Guemroud artiste-peintre, Robin des Bois des artistes, qui vole les volutes à la beauté du monde pour les rendre au visiteurs… Il y avait aussi Elmo, sorte de sculpteur Aladin échappé des mille et une nuit, Djamel Larouk, professeur aux Beaux-arts, peintre au beaux fixe…
Il y avait aussi des poètes, des amateurs d’art, des écrivains, venus pour se délecter de bons mots proposés comme nous l’avons dit par des «Ovnis» de la culture comme Hayet Rahmani à la voix si suave qui a tranché dans le vif d’une culture impatiente en nous permettant par sa mise élégante, noire, une incursion dans les arts de la phrase éloquente et divertissante.On l’aura aussi découverte sur les ondes par ses présentations d’artistes qui sortent bien souvent de l’ordinaire, avec sa palette prolifique subtile, elle a su par le menu mener un public acquis à bon port sur des escales faites d’esquisses de proses navigant sur des phrases d’une clarté cristalline. Il y avait aussi dans cette session de mots sautillants des arpèges à la pertinence insistante sous les doigtés délectables de Lotfi Sid complice de sa guitare classique qui accompagnait le troisième acolyte en l’occurrence DZ-Goual, OK-KO, à la direction du Slam pour une série de mot kalachnikovs tantôts acides, tantôts sucrés comme le fameux Lotos qu’adorait Ulysse en passant par Djerba l’ancienne.
Générique début, Fatima Charef, habituée aux effets d’annonces radiophoniques, attire notre attention. Cette voix est connue, familière, elle crèche dans nos neurones et incarne les journaux d’information. En ce samedi 8 septembre 2018, la nuit est bien entamée, il est 19h30 et seule la lumière de la Galerie Racim donne une atmosphère enjouée aux lieux. Quelques rétifs fument la dernière cigarette avant de prendre place sur la vingtaine de chaises mises à dispo et déjà occupées par le public certes conquis d’avance.
Une audience confidentielle, certes, une «poignée d’abeilles» acquise aux intervenants, au menu un groupe de personnes touchées par la grâce de la prose et de la rime, envahies par le démon de la littérature dite, redite, clamée, et déclamée entre Slam, musique et énoncés exprimés par des textes personnels ou chantés, qui pour nombre d’entre-eux, ont été repris à des auteurs comme Jean Senac, Martin Luther King…. «L’’Ensemble Démo, la voix des maux,» est un générique libre sur des lectures scéniques avec du récit, du slam et de la poésie qui ont fait écho à une première rencontre réalisée au Musée National des Antiquités d’Alger, lors d’une des nuits du ramadhan dernier.
Cette mise en espace et création sonore du samedi 8 septembre 2018 a commencé sur les chapeaux de roues en slalomant sur les slams impossibles de Karim Igoual, sorte de barde exclusif aux années 2000, un goual moderne qui surfe sur les mots et qui saute à cloche-pied sur les concepts par son «Soft manip» qui joue sur les contrepèteries et mots tirés sans sommations...
Vient ensuite une irruption de cette pythie des mots déclinés en nouvelle, Hayet Rahmani prend l’initiative de faire voler les feuilles dans une gestuelle délicate, pour conter sur fond de guitare sèche estampillée Lotfi Sid, les pérégrinations algériennes de l’auteure Baya Cheikh Ettayeb qui, dans sa nouvelle, exprime les relents d’une réalité amère dans son travail «De chiens et d’italiens». Dz Goual, que l’on connait aussi sous l’alias Ok-Ko, va monter sur les montures de phrasés agités, l’équation est simple, et pourtant d’une efficacité redoutable.
Karim Ouali va s’atteler sur «l’aventure», «Ton œil, ta balance», «Aïnek mizanek» qui va entreprendre la subtile mission de transcrire en français quelques notes poétiques algériennes entre proverbes, maximes et dictons qui, une fois le chemin pris vers l’alter langue, se révèlent savoureux par le surréalisme qui se dégage de l’échange, du pur Boris Vian... L’honneur est ensuite dédié à Martin Luther King par l’entremise de son texte manifeste immortel «I have a dream», ordonnancé sur «Ma liberté» de Georges Moustaki pour aller ensuite sur la lune à travers «Fly me to the moon» de Frank «The voice» Sinatra. Le retour sur terre se fera encore avec Hayet Rahmani, charismatique créature de l’année, de la nuit, à l’aise dans ses chaussures, aérienne et sensuelle elle nous emmène ensuite à travers le texte de Jean Sénac «Yahia», notre Pasolini à nous, dans une ode à la beauté socialiste par l’intermède en prose de «Citoyens de beauté», poème amoureux crée en 1963, lors de la visite de Che Guevara.
Un texte dans lequel la phrase culte «je t’aime comme un comité de gestion» fuse encore comme un délicieux slogan progressiste des années où l’on y croyait encore !!! Juste avant un final en musique signé par le musicien Lotfi Sid, un exercice de haute voltige s’est réalisé sur la voix de Karim Igoual, le slamer 2.0, pour nous livrer tout cru, une belle poésie de ce grand personnage adepte de la «gestalt» la théorie de la forme si chantée par les philosophes allemand, un gars à la barbe hippie qui s’habillait en veste militaire paradoxalement plébiscité par les pacifiste du monde entier, une sorte de John Lennon algérien pur et dur, et qui pourtant a bien été le parolier inoubliable de la Q’cida «Sob’han Allah yaltif», un hymne de la sagesse transfiguré par El Anka comme un plaidoyer, et qui pourtant n’a été écrit que pour incarner le droit d’exister à un timide qui voulait qu’on comprenne juste qu’il voulait le respect et la tranquillité de l’âme, selon Mustapha Toumi lui-même…
Un miracle transcendant qui restera immortel, car écrit avec la justesse des sages qui ont vécu deux vies simultanées. La prochaine virée dans les mots «Démo» de cette étrange réunion de poètes bénis des cimaises se fera le 29 septembre avec un nouveau programme, beaucoup de textes savoureux inédits, en exclusivité, deux titres écrits par Hayet Rahmani seront énoncés, «Raisins acidulés» et «Figues de Barbarie», les amateurs se reconnaitront et les réseaux sociaux relaieront l’info. L’invitation est donnée, entrée gratuite à la galerie Racim, au 7 avenue Pasteur, Alger-Centre.

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