espace pub
Infos en ligne:
  • Le Mali bat la Mauritanie (4-1) ...

  • Coutinho conscient de ne pas avoir fait une bonne saison au Barça ...

  • Nomination de quatre nouveaux cardes à la Direction générale des Douanes ...

  • Zeghmati désigné Procureur général de la Cour d'Alger et Bendaas procureurde la République près le Tribunal de Sidi M'hamed ...

  • Driencourt réfute toute "volonté d'ingérence" de la France dans les affaires de l'Algérie ...

  • Benrahma meilleur passeur de la compétition ...

  • Sonatrach réalise quatre nouvelles découvertes en effort propre ...

  • Routes bloquées à Magra pour dénoncer des sanctions d'"extrêmesévérité" contre le NCM ...

  • Belaiz présente sa démission au chef de l'Etat ...

  • L'appel de Chelsea sur l'interdiction de recrutement ...

Quotidien d'information indépendant - n° 6614 - Jeudi 21 Novembre 2019

Pour une lecture géostratégique de l’affaire de «Kamal le boucher»

Interligne+- AAgrandir le Text+- Imprimez cet Article

L’actualité est traversée en cette période de début de Ramadan d’évènements qui finalement donnent tort à tous ceux qui se plaignaient de la platitude de la vie politique dans notre pays. Peut-être est-ce là, une excellente occasion alors que le feuilleton des destitutions au sein des institutions militaires, sécuritaires et civiles du pays donne le tournis, de revenir sur les relations tendues qui lient Etat Profond et Etat Apparent dans notre pays sur fond d’influences étrangères avérées. Retour prospectif sur l’affaire dites «Kamal le Boucher» pour tenter d’éclairer autrement les développements fulgurants dont la scène politique nationale est aujourd’hui le témoin.

Si les différents acteurs institutionnels se préparaient de longue date - depuis 2015 affirme-t-on à l’Etat-Major mais en réalité depuis bien plus longtemps - à l’échéance présidentielle de trop qui a enfanté un processus révolutionnaire inédit, le véritable coup de starter des évènements dont nous sommes aujourd’hui les témoins a été donné par l’affaire des 700 kg de cocaïne dites celle de « Kamal le Boucher ». L’année 2017 a vu les douanes françaises se saisir de 9200 kg tonnes de cocaïne tout pesé ! En Espagne pour la même année 2017 ce sont 32000 kg de cocaïne qui furent interceptées par les services spécialisés et aux Etats-Unis plus de 90000kg qui ont été mises sous scellées. En Algérie en 2017 aucune saisie notable n’est à signaler, comme ce fut d’ailleurs le cas pour toutes les années précédentes sauf en cette année remarquable de 2018, soit quelques mois avant ….des élections présidentielles…prévues à l’origine pour avril 2019 après 20 ans de règne du Président Bouteflika réélu confortablement à 4 reprises. Pour rappel, la cocaïne vient de Colombie et se dirige en priorité vers les marchés les plus rémunérateurs à savoir les Etats-Unis, l’Europe, le Moyen-Orient, le Japon en empruntant les voies d’acheminement les plus improbables. Le Maghreb est l’une de ces plates-formes d’acheminement mais aussi l’Afrique noire, le Sahel et d’autres régions déshéritées de la planète (Birmanie) qui sont loin de constituer des marchés de consommation. Pour le Maghreb et l’Algérie en particulier, la cocaïne colombienne nous est d’autant moins destinée que notre voisin marocain nous fournit généreusement un ersatz bien plus compétitif…le cannabis.

L’instrumentalisation de la cocaïne, une longue tradition des services américains
La guerre de Corée en 1949 ou les américains fournirent des armes aux généraux de Tchang Kai Tchek défaits par Mao Tse Toung sur des dividendes d’opium, en passant par celle du Laos en 1961 pour combattre le Pathet Lao communiste ou celles des guerres du Vietnam, d’Afghanistan, du Honduras ou du Nicaragua pour contrer les sandinistes ou encore l’enlèvement de l’ex Président Noriega au Panama se posant en dealer en chef récalcitrant à l’alimentation des caisses noires de la CIA, nous laissent à penser que les services de renseignements américains sont passés maitres dans l’art d’instrumentaliser à leur profit les trafics de drogue en tous genres. Mieux, cela a été institué en arme de choix, élevé au rang de méthodologie dans les techniques de subversion au profit des combats clandestins que les USA mènent pour défendre ce qu’ils croient être leurs intérêts commerciaux, petro-financiers ou simplement géostratégiques dans tous les recoins du monde.
Les incohérences de l’acheminement de cette cargaison particulière de cocaïne vers l’Algérie sont par trop flagrantes pour ne pas y voir une tentative américaine d’intervenir de manière concrète sur les rapports de force au sein de l’appareil d’Etat profond. Cette intuition se trouve confortée par la campagne de presse menée concomitamment et tambour battant par la direction d’organisations non gouvernementales anglo-saxonnes telles que Human Rights Watch (HRW) consistant à discréditer le gouvernement algérien d’une attitude jugée criminelles vis-à-vis des migrants subsahariens que les autorités du pays sont accusées d’avoir abandonnés en plein désert à nos frontières septentrionales. Les Etats-Unis cherchaient-ils ainsi à desserrer la surveillance vigilante de l’ANP, c’est-à-dire de son Etat-Major plus que de ses services de renseignements au Sahel, gênante pour l’alliance franco-atlantiste en œuvre en Afrique, alors que les américains y installent leur plus importante base de drones… Au monde à Agadez au Niger ! Washington milite pour une guerre pan sahélienne de longue durée, s’appuyant pour ce faire sur la France, pour des raisons qui tiennent à son orientation antirusse et antichinoise en Afrique même et à sa volonté de contrôler les flux énergétiques entre le Nigeria et l’Algérie. Le déploiement permanent de SU30 et de batteries de défense anti-aériennes au long rayon d’action, dans la 6eme région militaire, celle de Tamanrasset, est le meilleur indicateur de la posture en garde haute de l’ANP largement instruite de l’expérience malheureuse pakistanaise en la matière interdisant de facto tout débordement sur son territoire d’une quelconque turpitude de l’imperium US.
Aussi on ne peut écarter l’éventuelle envie d’un Etat-major jeune et éduqué au contraire des chefs de région militaire, d’instrumentaliser cette volonté stratégique américaine de réaliser au cœur de l’Afrique un «Sahelistan», pour frapper dans un premier temps… Son propre renseignement militaire, le membre malade de l’ANP ! La célérité très inhabituelle avec laquelle le vice-ministre de la défense Gaid Salah s’était emparé de l’affaire «de la cocaïne providentielle» aux fins d’écarter les chefs des appareils sécuritaires militaires et civils du pays vient très fortement renforcer cette hypothèse. Comme si rétrospectivement nous assistions à une guerre entre l’Etat-Major d’une part, opposé à des forces qu’elle sait déjà extraconstitutionnelle et sa propre Sécurité Militaire algérienne dans les formes mais française dans le contenu de son action, rangée sous la bannière d’une Présidence de la République désormais aux mains des forces de l’argent et des affaires interlopes en raison d’un Président malade et grabataire.
Cette hypothèse mérite d’être travaillée d’autant qu’il n’a échappé à personne que le cœur de la frappe délivrée par l’Etat-Major le fut contre les généraux Hammel (chef de la DGSN) et Menad Nouba (Chef de la gendarmerie Nationale), deux institutions stratégiques dans le contrôle des futures élections…présidentielles. Il est aussi à noter que ce sont les généraux en charge au sein du Ministère de la Défense Nationale, des finances (Boudejmaa Boudouar) et des Personnels Mohammed Mokdad Benziane (deux administration hautement stratégiques pour le contrôle au jour le jour des personnels militaires et de ses approvisionnements majeurs), Chentouf (Chef de la première région militaire), proche de la capitale et chien de garde contre toute tentative de pression armée sur les centres de décision politique qui furent écartés. Face au rouleau compresseur de l’Etat-Major et le moment de sidération passé devant tant de détermination et de rapidité appliquant à la sphère politique le concept de «Blizkrieg» enseigné dans les écoles militaires, le cercle présidentiel, comme à son habitude a fait le dos rond, s’appliquant à impliquer plus avant les américains dans des domaines pétroliers en menant des discussions privilégiées avec Exxon Mobil, rachetant leur raffinerie en Sicile.
Car face aux militaires, la Présidence possédait un très puissant levier : les hydrocarbures comme monnaie de pression politique contre l’Etat-Major (le rachat de la raffinerie d’Augusta en Sicile n’étant que la partie immergée d’un «deal» bien plus ample avec Exxon) alors que les militaires n’avaient rien à offrir. Les renseignements dont la direction sécuritaire précédente, celle du général Toufik avait très largement et très imprudemment abreuvé les services de renseignements américains étaient depuis longtemps aux mains de la Présidence. L’attitude syrienne, en pleine guerre et sous une pression saoudo-israelo-anglo-americaine maximale, nous laisse rêveuse de ce point de vue-là, à voir comment est négocié, pied à pied la moindre information sécuritaire en direction des services occidentaux…
La fuite dans la presse italienne de la possible acquisition par l’armée algérienne (qui insiste pourtant à marquer du sceau de l’extrême confidentialité toutes ses négociations et achats militaires) de 18 avions de combat Sukhoi (l’avion d’interception SU 35S perçu comme un «game changer» par l’armée américaine), dans la période de la conclusion par l’ENI italienne de la reconduction d’achat de gaz algérien pour de nombreuses années, nous pousse à voir dans cette annonce au timing si opportun, un rappel perfide à l’allié américain que la Direction de l’ANP est russophile en matière d’équipements d’armements majeurs alors que la Présidence de la République a toujours milité ou feint de sponsoriser l’achat de F-18 super Hornet du constructeur Mc Donell Douglas dans une tentative de bousculer le barycentre des alliances militaro-diplomatiques tissées par l’ANP traçant son propre agenda international suivant des lignes de force qu’impose la géopolitique.

Le DRS, chien de garde de l’Etat apparent
Les scenarii de retournement d’alliances entre un clan militaire et la Présidence, dans la dernière ligne droite des élections présidentielles, comme ce fut le cas en 2009, lorsqu’en dernier ressort le General Toufik lâcha le General Mohamed Lamari qui était fortement hostile à une reconduction du Président Bouteflika restaient encore bien frais dans la mémoire éléphantesque du «Deep State». Il s’agissait de ne pas donner l’occasion, à d’autres généraux majors, de reproduire le comportement du General à la retraite Toufik qui a préféré la sauvegarde de ses intérêts dans les secteurs de l’énergie en lien avec les cercles présidentiels à la solidarité naturelle et corporatiste qui aurait dû le lier de manière indéfectible a ses collègues du Haut Commandement.
Le cas de Abderrezak Cherif est très symptomatique. Sa gestion auréolée de succès de l’attaque de Tinguentourine par un groupe terroriste financé par le Qatar le mettait de facto en état de peser sur l’Etat-major d’autant que l’ex Patron de l’armée française, Pierre De Villiers, avait rendu un hommage appuyé à son action... Par une visite très remarquée en son temps aux excellents commandos parachutistes de la 4eme région militaire.
Pierre de Villiers avait signé alors, sans le savoir, la fin de la carrière militaire d’Abderrezak Cherif. La valse des changements de généraux qui s’ensuivit ne fut au final que l’expression d’un verrouillage systématique et organisé du champ politique exclusivement dévolu à l’Etat profond. Cela fut conçu dès le départ comme la garantie politique d’une ère post-Bouteflikienne sans heurts majeurs. Imaginons un seul instant que ces mesures de sauvegarde furent différées. N’aurions-nous pas vécu en plus de la crise politique actuelle l’éclatement de notre direction militaire au vu des pressions internationales et de la puissance du Hirak tel qu’il s’exprime dans toutes les rues du Pays ?
Si l’Etat-Major est aujourd’hui en position de dialoguer avec le Hirak, cela est en très grande partie due à la concentration préalable de ses tirs sur ceux de ses hauts officiers affairistes, partie intégrante d’un «mur de l’argent trans-secteurs» agissant au profit des cercles présidentiels. Cette manœuvre a permis un très large «balayage», pour reprendre la dénomination d’un des plus importants exercices de l’histoire militaires de l’ANP. Ce «balayage 2018» ultra rigoureux des risques potentiels pouvant affecter le sacro-saint consensus du Haut Commandement qui fait la force de l’Etat profond algérien a permis rétrospectivement de faire face efficacement à la déstabilisation féconde du Hirak.
Maintenant que le DRS ne représente plus un poids politique aussi lourd dans le système et ce à l’initiative de l’institution présidentielle dont l’action contre l’ancien chef du DRS se voulait une affirmation de ses prérogatives régaliennes, poussée en cela tout aussi discrètement qu’adroitement par l’Etat-major, le Haut Commandement de l’ANP se trouve enfin dans la position de peser de manière définitive sur une situation politique révolutionnaire, propice à toutes les dérives et aventures qui si l’on n’y prend pas garde pourrait emporter tout sur son passage, mouvement national et Etat national compris.

espace pub

Vos Commentaires

espace pub

Vidéo LNR

Loading the player...

Le président du Conseil constitutionnel, Mourad Medelci, est décédé hier

Suivez LNR sur Facebook

Galerie

espace pub