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Quotidien d'information indépendant - n° 6492 - Mercredi 26 Juin 2019

Pour qui votera la Sonatrach ?

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Alors que de toutes parts, montent des voix plus démagogiques les unes que les autres concernant la cession des parts d’Anadarko au groupe français Total, l’un des opérateurs principaux du secteur des hydrocarbures en Algérie, très peu de voix de portée nationale se font entendre aux fins de s’interroger sur la nature de la Sonatrach, les nécessités impératives de la transformation d’une administration de la rente pétrolière en groupe énergétique de dimension internationale dont elle a l’ambition affichée mais pas la volonté. Il faut donc s’interroger pour tenter de comprendre pourquoi toutes les réformes entreprises de ce qui est décrit comme un État dans l’État, mère de toutes les corruptions issues de la nature même de ses activités et de son mode de gestion, ont lamentablement échoué. En réalité, la Sonatrach a imprimé un rapport social à l’État qui se trouve désormais être en défaveur de la Nation. Reste à savoir si le «Hirak» qui vient de faire reculer de manière spectaculaire les fractions sociales corrompues les plus impliquées dans la gestion directe de la rente pétrolière pourra s’imposer à la Sonatrach, là où son État central a depuis bien longtemps baissé les bras.

«Leading the change», slogan traduit officiellement en français dans le texte par le «pilotage du changement». Telle est donc la nouvelle devise de la Sonatrach pour conduire une transformation à l’horizon 2030. Il est intéressant de noter que le précédent leitmotiv, «Sonatrach, une entreprise citoyenne» c’est-à-dire au service des citoyens (et non du Peuple), portait déjà un glissement sémantique subliminal qui était censé tourner la page des processus des nationalisations au nom de la souveraineté recouvrée avec ses caractères étatistes inévitables pour aller vers «son cœur de métier» comme les cadres dirigeants de l’époque aimaient à se le répéter, à savoir la transformation d’une structure bureaucratique vers un appareil gestionnaire de l’énergie, efficace, dépassant sa mission historique de recouvrement des hydrocarbures au service de la Nation pour désormais se consacrer à la satisfaction des besoins énergétiques de consommateurs responsables, les citoyens ! Paradoxalement, c’est au moment même ou le «Hirak» émerge en un mouvement citoyen dont la grande maturité a impressionné, y compris les plus lointains des observateurs internationaux que la Sonatrach entreprend une autre réforme quasi programmatique dans ses intentions partisanes pour tout simplement «diriger le changement», se posant de facto en concurrente du mouvement social. Cette transformation d’une mentalité de gestionnaire confortable de la rente (Sonatrach, une entreprise citoyenne) à celle d’une société multinationale imprimant les évolutions à son secteur et à la société civile (leading the change) vient au monde en même temps que les fractions les plus impliquées dans la gestion intéressée de la Sonatrach (l’ex-présidence de la République ainsi que l’ex-direction du renseignement militaire) en avaient fait une chasse gardée, dont les scandales liés à l’ancien ministre de l’Énergie Chakib Khalil ne sont malheureusement que les parties visibles des icebergs de la corruption. La Sonatrach n’appartient plus au peuple algérien depuis bien longtemps, privatisée qu’elle est, par les intérêts particuliers de ceux qui en tirent véritablement des profits faramineux (ce sont eux qui forment la réalité de l’État profond, réduit en Algérie à une dimension financière qui se fiche éperdument des séparations factices entre civils et militaire ou entre origines géographiques de ses tenants), alimentant les caisses des banques des pétrodollars au service des puissances impériales du moment. Les enquêtes d’habilitation des services de sécurité, dévoyées de leurs objectifs originels ainsi que les prérogatives de nominations du Président et de tous les vice-présidents de la Sonatrach arrachées de longue lutte du sérail, par décret de la plus haute instance du Pays, en disent bien plus long sur la nature réelle de la Sonatrach (la poule aux œufs d’or du régime) que tous les slogans du monde. Ce sont ces raisons et d’autres relatives au fonctionnement démocratique des institutions de la République qui militent pour la constitutionnalisation de la séparation de la gestion de la rente pétrolière de l’exécutif et de soumettre les processus de nomination des principaux cadres dirigeants de la Sonatrach (jusqu’au rang n-3) à d’autres procédures contrôlées aussi bien par un Haut conseil de l’Énergie à réactiver et à reformer en lui conférant une force d’initiative législative ad hoc qu’à une puissante commission parlementaire de l’Énergie, enfin issue d’une assemblée nationale démocratiquement élue, exerçant un contrôle, cette fois véritablement citoyen, c’est-à-dire populaire, sur la Sonatrach. Au cœur des reformes, celles de la Sonatrach En dehors donc de procédés de nominations issus d’un cadre constitutionnel, législatif et réglementaires à réviser profondément en multipliant les cloisons étanches entre la rente et les politiques, il y a lieu également de mener une réforme radicale au sein de la Sonatrach qui doit viser, en tout premier lieu à donner la prééminence à deux instances complètement sous valorisées, à dessein, au sein de cette administration de la corruption. La première instance est celle d’un encadrement réglementaire bien plus rigoureux avec des dimensions judiciaires et pénales bien ciblées en cas de manquements, dans les rapports qui guident la hiérarchie des fonctions et des hommes au sein de la Sonatrach dont la centralisation des missions du Procurement (la passation des marchés), doit être une des pierres angulaires. En effet, la dispersion au niveau des branches et des secteurs, des passations de marché, sous le prétexte fallacieux d’une meilleure adéquation des besoins à la réalité locale ou sectorielle a pour effet non seulement des acquisitions irrationnelles mais aussi d’engraisser et d’acheter la cohorte impressionnante des chefs de service de la médiocratie de la Sonatrach aux fins de passer sous silence les énormes détournements de sa haute hiérarchie cooptée par les élites politiques au pouvoir à la tête du pays. La mission du Procurement (entre 15 et 20 milliards de dollars par an de chiffres d’affaires) ne doit pas seulement se trouver centralisée mais elle doit être elle-même complétement sujette de bout en bout, dans ses aspects commerciaux, techniques et financiers à une direction de l‘ingénierie digne de ce nom, elle-même fortement régulée sur le plan de ses mécanismes règlementaires et judiciaires par des principes de substitution aux importations et des automatismes modernes (y inclus les domaines de l’assistance au secteur privé et public national dans la sphère de la conception, du financement et de la production des besoins exprimés par la Sonatrach) de prise en charge d’une politique d’intégration véritable à tous les échelons de l’activité pétrolière et gazière. La Sonatrach a plus besoin d’ingénieurs gestionnaires ayant une vision militante de l’élargissement des intégrations productives nationales que de managers bureaucrates dont la fonction d’intégration financière est de toutes les manières supplantée au niveau national par les mécanismes de récupération au profit du Trésor Public des dividendes de la rente. La seconde instance consiste à déconstruire le rapport social en faveur de la Sonatrach contre l’État par des incitations fiscales intelligentes. En effet la Sonatrach est désormais dans une logique de réinvestissement de sommes colossales au détriment de la Nation et en faveur exclusivement du secteur des hydrocarbures mondialisé. Nous exportons deux tiers de nos productions fossiles et surinvestissons conséquemment dans cette entreprise au moins dans les mêmes proportions au profit du reste du monde alors que nos besoins sociaux et économiques en direction d’autres secteurs ne sont que difficilement atteints (santé, agriculture, éducation, transports modernes etc.). Quelle que soit la sincérité d’une énième nouvelle équipe dirigeante (la huitième en 10 ans, ce qui souligne parfaitement le degré de la crise qui perdure à la tête du premier chiffre d’affaires d’Afrique), aujourd’hui menée par Monsieur Rachid Hachichi, un pur produit de l’entreprise ayant aussi bien l’expérience du terrain que celle de la gestion administrative de la société, aucun changement profond ne pourra se réaliser au sein de la Sonatrach nonobstant la justesse des réformes, s’il n’est pas accompagné par un bloc gouvernemental qui a la capacité technique et politique de repenser de fond en comble l’action étatique. Il est nécessaire de faire preuve d’imagination législative voire d’audace (comme ce fut le cas des évolutions engagées par Belkacem Nabi en d’autres temps) dans le domaine fiscal et environnemental qui doit toucher aussi bien le secteur des hydrocarbures que le reste des activités de tous ordres et de bâtir patiemment un nouveau rapport social à la Sonatrach en favorisant un système de soutien à ses besoins de tous types issus de l’économie nationale et des efforts de ses dizaines de milliers de travailleurs, pour lui faire mesurer dans sa pratique quotidienne les immenses responsabilités sociales et de développements tous azimuts qui sont les siennes. Vers de nouveaux rapports sociaux Par ailleurs, ce mouvement doit s’accompagner de la privatisation des fonctions non souveraines liées à l’activité industrieuse de la Sonatrach. Le domaine minier et l’exploration doivent dans les temps qui sont les nôtres, rester du domaine exclusif de l’action étatique soutenue par les groupes internationaux capables d’apporter les fonds et l’expertise nécessaires au développement de l’exploration. Il en est également du contrôle des transports par canalisation et des activités de raffinage. Tout le reste doit s’ouvrir au secteur privé national, en particulier les activités de forages et de services aux puits qui se caractérisent par une sous performance chronique. Au début des années soixante-dix, un forage à 3500 mètres se réalisait dans un laps de temps maximum de 45 jours, tête de puits sécurisée et mat replié. Aujourd’hui, avec des technologies théoriquement plus performantes, cette même profondeur n’est atteinte qu’au bout de 12 mois ( !) lorsque tout se passe correctement. La Sonatrach doit non seulement relever un défi éthique mais également celui de la performance technique pour rejoindre des couts de production enfin supportables par la Nation. Il ne faut plus envisager notre rapport à la Sonatrach sous l’angle des dividendes des rentes différentielles qu’elle nous rapporte. En effet, cette entreprise bénéficie plus au capital internationalisé qu’à la Nation. Il est nécessaire par contre de la soumettre à l’évaluation critique des couts qu’elle génère aux fins de mieux encadrer son activité par des réformes fiscales judicieuses a même de la contraindre à la performance et à la parcimonie rationnelle de ses dépenses en expansion exponentielle en raison d’une corruption endémique et d’une productivité en berne, l’une nourrissant bien évidemment la seconde. Ces objectifs resteront des vœux pieux si l’État n’organise pas de manière systématique par une série de mesures qu’il est seul en capacité d’impulser un nouveau rapport social à la Sonatrach, c’est-à-dire un rapport de type politique, mettant en œuvre des forces sociales et économiques à l’action continue pour obliger ce mastodonte national à sortir de ses inerties mortelles pour la Nation. Le Hirak est un mouvement de la jeunesse anti-rentier qui cherche à élargir par tous les moyens la sphère de la production pour répondre à des besoins sociaux irrépressibles. Il ouvre une fenêtre d’opportunité historique aux fins de mener un saut qualitatif dans l’action de la gouvernance qui peut enfin s’appuyer sur une force sociale qualitativement exigeante et suffisamment déterminée pour envisager une action de long terme qui ne se perde pas en chemin. Mais le Hirak ne peut faire à lui tout seul ce que la Nation attend. Les élites patriotiques au sein et en dehors de la Sonatrach doivent également savoir se remettre en cause pour combattre des tares dont nous sommes au final tous responsables.

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