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Quotidien d'information indépendant - n° 6590 - Mercredi 23 Octobre 2019

Un art, un sport de compétition et une thérapie

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Chaque pays à sa propre danse. Ce qui signifie que les individus réagissent naturellement à des sons musicaux par des mouvements du corps, des pas cadencés, selon des rythmes qui correspondent mieux à leurs besoins et aux spécificités d'une appartenance ethnique.

Il n'est pas certain aussi qu'il y ait eu, depuis l'aube de l'humanité une quelconque influence entre communautés qui, même vivant aux antipodes, ont su développer un style chorégraphique particulier.

Je danse, donc je suis
Cette reproduction de citations adaptées aux musiciens est de Descartes. Et sous cette forme, elle émane d'un connaisseur pour dire que la danse a une portée identitaire non négligeable et qu'elle contribue à l'affirmer. Action de celui qui danse pour vivre pleinement sa vie, s'exprime pour dire qu'il existe. Parmi les danseurs, il y a ceux qui ont commencé à exécuter des mouvements rythmés dès leur prime enfance et sous le prétexte qu'ils ont aimé des musiques qui leur ont donné des envies irrésistibles de vibrer. D'autres s'y sont mis tardivement pour des raisons personnelles d'être comme leurs amis ou compagnons danseurs, ou de santé. Les personnes interrogées affirment ne plus avoir mal au dos après une pratique assidue d'une danse donnée. A des individus qui ont vécu dans l'angoisse permanente d'un avenir incertain, on a considéré la danse pour une remise en forme et une meilleure confiance en eux surtout s'ils dansent en groupe. Rares sont ceux qui dans ce type de circonstance qui redonne la joie de vivre, dansent en solitaire.
L'activité physique et l'oisiveté sont des sources de toutes sortes de maux, c'est pourquoi, surtout à la vieillesse, et à défaut d'une pratique sportive, on a tout intérêt à garder ses réflexes de danseurs. Dans les sociétés où il n'est pas permis de s'exhiber en public, des vieux ont dans leur poche une flûte pour danser ou faire danser d'autres à des moments d'angoisse. Les discussions sur les places publiques nous ont permis d'apprendre que dans le passé des hommes de tous âges ont fait des dizaines de kilomètres pour danser aux sons des tambours et ghaïtas que des familles avaient fait venir à l'occasion d'un mariage ou d'une circoncision. Les plus frustrés parmi les nôtres sont les femmes qui ont la faculté de danser dans leurs gènes et qui ne s'adonnent à ce plaisir immense qu'en de rares occasions, celles que leur offre le milieu traditionnel oppressant. La preuve que la danse est innée chez nos éléments féminins, est que, sans préparation par des cours comme cela se fait dans les pays modernes, femmes et petite filles dansent admirablement.

Un art qui n'est pas aussi simple qu'on le pense
A chaque musique sa danse, c'est ce que nous pouvons constater en voyant des spectacles. Les plus habiles, guidés par l'esprit de créativité, ont inventé le rock ou danse à deux ou quatre temps sur un rythme très accentué et répondant bien à des comportements spécifiques. C'est une danse, aux dires des spécialistes, qui convient bien à tous ceux, qui ont besoin de se détendre pour retrouver un équilibre moral. C'est le cas des parents esseulés, des individus sujets à des douleurs lombaires, à des fatigues inexpliquées.
Les personnes, qui ont vécu dans le bruit stressant des grandes villes retrouvent leur sérénité et plaisir de vivre, dès qu'elles se remettent dans l'ambiance des fêtes folkloriques qui font danser. Elles se rendent compte qu'elles ont beaucoup perdu en s'obstinant à rester en ville. Mais chez nous, ce n'est pas toujours fête, mis à part les groupes de jeunes qui dansent en milieu fermé, il n'y a pas d'autre lieu de défoulement pour ceux qui ont besoins de se détendre. C'est pourquoi, nous allons vers les peuples africains ou européens qui ont créé des danses adaptées à tous les types de caractères naturels, comme le tchatchatcha, le tango qui font participer tous les individus de tous âges, très sensibles aux sons musicaux.
Parmi les danseurs, il y en a qui font partie des groupes ou des troupes folkloriques qui répondent aux besoins naturels de défoulement. On comprend maintenant mieux pourquoi, en milieu traditionnel, des hommes et des femmes tiennent à être présents à des spectacles offerts par des zaouias. On y revient quelle que soit la profession qu'on exerce. Danser est non seulement exécuter des mouvements qui remettent en forme, mais c'est une manière de s'extérioriser, de se sentir mieux dans sa peau, de vivre pleinement sa vie. Les plus mordus dansent pendant des heures et des heures, sans se fatiguer. Ils transpirent, se changent, boivent pour être en forme et se remettent à transpirer quelques fois toute la nuit.
Le tango, c'est la vie disent les amoureux de cette danse. Ce que disent aussi les passionnés de tchachatcha. Mais attention, il suffit d'arrêter pour perdre l'habitude du rythme. Ceux qui interdisent la danse se trompent. Ne dit-on pas que lorsqu'on chasse le naturel, il revient au galop. Dans les pays arabo-musulmans, la danse du ventre persiste comme une perpétuation de danse orientale, indoue et africaine.
Beaucoup d'Européennes s'adonnent à la danse du ventre au point même de se laisser pousser de longs cheveux pour y demeurer jusqu'à la fin de leur vie. On peut comprendre qu'une passion est capable de prendre quelqu'un à vie, comme c'est le cas des danseurs sur glace s'exhibant dans les compétitions internationales.

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