Poutine a ordonné de ne pas prendre d’assaut les grandes villes d’Ukraine

Kremlin

Pour éviter d’importantes pertes parmi la population civile, le Président russe Vladimir Poutine a ordonné aux forces armées de ne pas attaquer les grandes villes d’Ukraine, a déclaré, lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.Lors d’un point de presse tenu lundi à Moscou, Dmitri Peskov a déclaré que «les unités nationalistes déploient des chars, de l’artillerie, et des rampes de lancement de roquettes dans les zones résidentielles», orientant les actions de combat vers ces zones, mais l’opération spéciale russe a été planifiée en tenant compte de cette donnée. Peskov a qualifié de «provocation» les propos du conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, et du chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, qui ont affirmé que Vladimir Poutine était «déçu» par le manque de progrès dans la prise des grandes villes. «Ces hauts responsables américains et européens tentent d’inciter la Russie à prendre d’assaut les grandes villes d’Ukraine afin de rendre notre pays responsable de la mort de civils. Nous estimons qu’une telle position est un acte de provocation», a déploré le porte-parole du Kremlin.
Et d’expliquer : «Au début de l’opération, le Président russe a donné pour instruction au ministère de la Défense de ne pas prendre immédiatement d’assaut les grandes agglomérations, y compris Kiev, en raison du fait que les formations nationalistes armées installent des postes de tir et des équipements militaires lourds directement dans les zones résidentielles».
«Les combats dans les zones densément peuplées entraîneront inévitablement de lourdes pertes parmi la population civile. Or, l’opération a été planifiée en tenant compte de cette circonstance», a-t-il déclaré. Peskov a ajouté que «le monde entier est familier des méthodes sans scrupules des autorités américaines, qui ne se soucient pas de la vie des civils pour atteindre leurs objectifs.» Et de préciser : «Tout le monde se souvient des bombardements massifs de l’ex-Yougoslavie, des tirs de missiles sur le centre de Belgrade, des victimes multiples et injustifiées au Moyen-Orient, des crimes commis pendant 20 ans en Afghanistan, où des centaines de personnes ont été tuées d’un seul coup lors de mariages et dans des immeubles résidentiels». «Nous n’avons pas besoin des conseils de tels stratèges», a-t-il déclaré.
Dmitri Peskov a souligné que les conditions de l’opération militaire spéciale de la Russie n’étaient pas précisées, ajoutant qu’elle «se déroule selon le plan et sera entièrement menée à terme». Le porte-parole a également démenti les informations selon lesquelles la Russie aurait demandé l’aide militaire de la Chine en Ukraine.
Dmitri Peskov a également déclaré que le gouvernement russe prenait des mesures pour minimiser les conséquences «de la guerre économique déclarée à la Russie» par l’Occident.
«Tout indique que les conséquences de cette guerre économique seront minimisées», a-t-il souligné.
Le porte-parole a admis que le secteur informatique est très important et vulnérable et a déclaré que les autorités avaient également pris certaines mesures pour le protéger.
Quant au déblocage de la plate-forme informatique américaine Meta, qui comprend notamment les réseaux sociaux Facebook et Instagram, Peskov a déclaré que cette mesure n’interviendrait probablement pas après les «erreurs désagréables» commises par cette plateforme. La semaine dernière, la Russie a interdit l’accès à Facebook et Instagram après que leur société mère Meta a modifié les règles pour autoriser les appels à la violence contre les Russes et les soldats russes sur ses plateformes, dans le contexte de la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui a débuté le 24 février et a suscité des condamnations internationales. La guerre a également entraîné des sanctions financières à l’encontre de Moscou et provoqué le départ de certaines entreprises internationales de Russie.
Selon l’ONU, au moins 596 civils ont été tués et 1 067 autres blessés en Ukraine depuis le début de la guerre, tout en précisant que les conditions sur le terrain rendent difficile la vérification de ce bilan.
Quelque 2,8 millions de personnes ont également fui vers les pays voisins, a indiqué l’agence des Nations unies pour les réfugiés.