Cohésion économique des pays arabes, l’outil idéal d’une sortie de crise !

Tebboune appelle à construire «un bloc économique arabe solide»

«Nous nous devons tous de construire un bloc économique arabe solide, garant de nos intérêts communs, tout en œuvrant à la définition des priorités et des domaines d’action commune, à impact positif immédiat et perceptible pour les peuples arabes», a souligné le Président Tebboune dans un discours prononcé devant les participants au 31e Sommet arabe, avant-hier, au Centre international des conférences (CIC), Abdelatif-Rahal. Il a plaidé pour l’édification d’un seul bloc économique arabe cohérent et solidaire pour faire face aux chocs extérieurs et renforcer l’intégration économique interarabe pour surmonter la situation de crise multi-facteurs. Les pays arabes ont face à eux des perspectives de croissance économique des plus positives et rayonnantes dans un contexte international très tendu.
Pour le Président Tebboune, cette situation ne devrait pas creuser les divergences, mais plutôt renforcer la cohésion et la solidarité des pays arabes.
«Notre Sommet se tient dans une conjoncture régionale et internationale exceptionnelle d’une extrême complexité, marquée par la montée des tensions et des crises, en particulier dans notre monde arabe, qui jamais dans son histoire contemporaine n’a connu de périodes aussi difficiles et suscitant autant d’inquiétude que celle que nous vivons aujourd’hui», a-t-il indiqué, estimant qu’il est temps de bâtir «un bloc économique arabe solide, garant des intérêts communs des pays arabes». Cette nouvelle approche permettra aux Etats membres de la Ligue arabe de renforcer leur coopération socio-économique et de promouvoir une collaboration inspirante pour commencer à reconstruire l’économie arabe sur de nouvelles bases, plus solides et pérennes.
Ceci passe d’abord par une initiative politique et économique commune que les pays arabes doivent mettre en place pour faire face aux défis de notre époque. La crise géopolitique en Europe de l’Est impose de nouvelles réalités et met à mal plusieurs populations arabes, qui font déjà face aux ravages de la guerre et du terrorisme. La Palestine, le Yémen et la Somalie, mais aussi le Liban bénéficieront d’une solidarité exceptionnelle, ont promis les participants à ce Sommet qui veulent se réinscrire dans l’histoire de redynamisation et de reconfiguration de la Ligue arabe. L’Algérie vise à amorcer une nouvelle ère de coopération économique, commerciale et sociale pour doper la croissance de ce bloc. Sans illusions, que des actions ambitieuses pour porter les efforts de ce bloc économique à l’échelle de tous les pays arabes, mais aussi régionaux et africains. L’enjeu est de taille. C’est aussi une question de souveraineté économique de chaque pays.
La sécurité alimentaire des pays arabes, grands importateurs de blé ukrainiens et russes, mais aussi durement touchés par la sécheresses, a été largement abordée lors de ce Sommet, mise en avant, notamment, lors de la réunion du Conseil économique et arabe de la Ligue arabe (CESA) au niveau ministériel, tenue vendredi dernier, en prévision de cet événement. Le Conseil a adopté à l’unanimité 24 clauses renfermant d’importantes recommandations socio-économiques. La crise énergétique et la relance de la Grande zone de libre échange (GZALE) ont aussi occupé le devant de la scène de rencontre, lors de laquelle, les participants se sont penchés sur l’importance de l’Union arabe des douanes (UDA).
Des solutions ont été proposées lors de ce Sommet à ces questions qui préoccupent à grande échelle les chefs d’Etats, les délégations, les institutions et organisations internationales dont l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union africaine (UE) et du Mouvement des non-alignés (UMA) invité d’honneur à cet événement. Le secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, a profité de sa présence à ce rendez-vous pour rappeler le rôle «vital» de la Ligue arabe dans la concrétisation de la paix et du développement durable dans le monde, évoquant, par ailleurs, les situations difficiles par lesquelles passent les pays en voie de développement à cause de l’impact de «la pandémie Covid-19, des changements climatiques, de la crise alimentaire, de l’inflation et des dettes».
La solution, selon lui, est de «mettre en place un plan pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), sous la direction du Groupe des 20, afin de promouvoir l’investissement dans le développement durable et les économies émergentes, le but étant d’assurer plus de financement et d’alléger le fardeau des dettes». Certains Etats membres de la Ligue, en l’occurrence, la Tunisie, le Liban et l’Egypte, entre autres, comptent sur le soutien financier du Fonds monétaire international (FMI) pour reconstruire leur économie. Ce qui fait que la mise en œuvre d’un partenariat économique arabe commun pourrait en effet contribuer à renforcer la résilience des pays arabes et réduire leur dépendance à l’étranger en toutes circonstances. Promouvoir la coopération dans les secteurs énergétiques et de l’innovation pour se mettre au diapason des changements actuels.
«Les instances africaines et arabes pouvaient consentir davantage d’efforts à travers des initiatives comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)», a souligné, pour sa part, le président en exercice de l’Union africaine (UA), Macky Sall, qui a lancé un appel à tous les partenaires économiques arabes y compris le secteur privé pour poursuivre les efforts communs en faveur de l’investissement en Afrique.
Samira Takharboucht