La politique étrangère de Joe Biden entre dans une phase de turbulences

Washington

Les relations entre Moscou et Washington resteront mauvaises quels que soient les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, a souligné en ce mois de novembre 2022, la présidence russe, en pleine crise liée à l’opération russe en Ukraine.

«Ces élections, dans le fond, ne peuvent rien changer. Nos relations sont mauvaises pour le moment et le resteront», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes. Il ajouta que «ces élections sont importantes, mais d’un autre côté je pense ne pas me tromper en disant qu’il ne faut pas trop surestimer leur importance pour l’avenir de nos relations bilatérales à court et moyen terme». Ces dernières années, le Kremlin est accusé d’encourager des opérations d’ingérence lors des élections aux Etats-Unis, notamment via des campagnes d’influence sur les réseaux sociaux. «On est tellement habitués à ces accusations qu’on n’y fait même plus attention», a commenté Dmitri Peskov. Les relations russo-américaines traversent l’une des pires crises de leur histoire avec l’opération russe en Ukraine, pays soutenu depuis massivement par l’administration du président américain démocrate Joe Biden à coups de livraisons d’armes et d’aides financières. Les espoirs républicains au Congrès américain semblaient s’éloigner, les démocrates espérant pouvoir limiter la casse lors de ces élections de mi-mandat tout aussi décisives pour l’avenir politique du président démocrate Joe Biden que celui de son prédécesseur républicain et rival Donald Trump. Ce dernier, lors de son passage à la Maison Blanche (2017-2021), s’était montré plus conciliant à l’égard du régime du président russe Vladimir Poutine que Joe Biden. Si les républicains obtiennent la majorité à l’une des deux Chambres du Congrès aux élections de mi-mandat, la politique étrangère de Joe Biden pourrait entrer dans une période de turbulences, quoiqu’un revirement complet sur l’Ukraine apparaisse peu probable. Le Kremlin considère toujours que la totalité de la région ukrainienne de Kherson et sa capitale éponyme appartiennent à la Russie en dépit de la retraite de l’armée russe de cette zone dont Moscou a revendiqué l’adhésion en septembre. La région de Kherson «est un sujet de la Fédération de Russie et il ne peut y avoir aucun changement», a affirmé le porte-parole du Kremlin en rapport au retrait des forces russes de cette région Dmitri Peskov. Il a souligné que la présidence russe ne regrette pas la grande cérémonie d’adhésion de Vladimir Poutine en septembre lorsqu’il avait proclamé que quatre régions d’Ukraine, dont Kherson, faisaient désormais partie de la Russie.

Les personnes interdites en Russie
La Russie a annoncé vendredi interdire l’entrée sur son territoire à 200 Américains, parmi lesquels deux frères et une sœur du président Joe Biden, ainsi que sa porte-parole Karine Jean-Pierre, en réponse aux sanctions américaines ayant visé Moscou. Cette décision a été prise en réponse aux sanctions de plus en plus larges de l’administration de Joe Biden, non seulement à l’encontre des responsables russes, mais aussi de tous ceux qui ne plaisent pas à Washington pour une raison ou une autre», explique le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. Parmi les personnes interdites d’entrée en Russie, figurent James Brian Biden et Francis William Biden, deux frères du président américain, ainsi que leur sœur Valerie Biden Owens. Figurent aussi sur la liste le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders, qui a vivement critiqué l’opération militaire russe en Ukraine lancée le 24 février 2022, des personnalités politiques et des membres de l’administration du président Biden. Moscou les accuse d’être impliqués dans la promotion d’une campagne russophobe et le soutien au régime de Kiev, selon le communiqué. Fin juin 2022, la Russie a annoncé interdire son territoire à l’épouse et à la fille du président américain, après que Washington a sanctionné des membres de la famille de Vladimir Poutine, notamment ses deux filles, et le président russe lui-même. Joe Biden, quant à lui, n’a plus le droit d’entrée en Russie, indique-t-on.

Oki Faouzi