Une famille vit dans la précarité à la cité Azzouz

Sidi Bel-Abbès

À la cité Azzouz à Sidi Djillali, une famille composée de cinq individus occupe un local commercial depuis plus de trois longues années. Le temps a mystérieusement effacé leur existence. Ils ne deviennent plus visibles. À force de les voir chaque jour et tous les jours, les gens ont appris à ne plus les voir réellement, et ainsi, leur souffrance ne devient plus une fatalité, mais juste un concours de circonstance confondu avec la normalité.
Des chambres, une salle, cuisine, couloir, fenêtres, toilette et douche, des portes pour la rentrée et les balcons, une aération suffisante, de l’internet et un climat favorable qui permet aux enfants de réviser leurs leçons et jouir du droit de vie comme tout être humain, intimité, toutes ces commodités ne sont qu’une atroce illusion. Les parents font ces confidences avec des douleurs inqualifiables. Le local de 4m2 qu’ils occupent, au fait, est un ensemble de toutes ces illusions. Aucun espace ou poser ses pieds. Le père a dû recourir à l’ouverture du portail d’entrée pour l’utiliser comme une extension, qu’il a couvert avec de la tôle pour se protéger des pluies. Le comble, dans tout ce tas de misère, la famille inhale le monoxyde de carbone jour et nuit. Le gaz brulé pour cuisiner et se faire chauffer n’a plus où aller, que de tournicoter à l’intérieur de cette demeure d’infortune. L’endroit représente un danger imprévisible. L’on a appris à crier après qu’il soit trop tard. Le local est dépourvu totalement de bouche d’aération. L’état initial du local et le froid obligent les parents avec leurs enfants de courir le risque, même étant conscient du danger. « Personne ne veut nous entendre. Notre situation ne semble intriguer aucune autorité. On en a marre de cette vie », ont-ils résumé avec souffrance.
Djillali Toumi