L’inquiétude des clubs européens refait surface

CAN-2023

Et revoilà le véritable casse-tête pour les clubs européens. La Coupe d’Afrique des Nations 2023, qui s’approche à grands pas, pas moins de six mois seulement pour le coup d’envoi et l’inquiétude des clubs européens fume déjà. Et en termes plus élégants, ce qui est valable pour eux, ne l’est pas pour les Africains. La sportivité s’évapore.

Alors que les clubs européens s’apprêtent à entamer leurs Championnats, certains dirigeants de clubs remettent en question les joueurs africains et la CAN sur la table. En effet, lors des compétitions internationales, les joueurs sont appelés à représenter leurs nations en délaissant leurs clubs. Pour l’Euro et la Copa América la question ne pose pas vraiment de grands problèmes aux clubs européens, contrairement pour la CAN qui est au cœur de la polémique.

Ils acceptent mal la CAN
Les réactions font déjà le tour de plusieurs clubs, notamment là où les joueurs africains évoluent. Que faire ? Comment leur faire contourner cet événement sportif à ces joueurs ? Les entraîneurs ont du mal à supporter une telle absence, s’insurgent une fois de plus contre l’instance FIFA, contre son règlement qui leur fait obligation de libérer les internationaux pendant les dates FIFA. Il est clair qu’une situation pareille ne peut les arranger, ils veulent garder leurs éléments, bien que leur participation répond à un appel de leur nation, ce qui est incontournable pour l’ensemble des équipes africaines qualifiées pour ce grand tournoi.

Les joueurs africains soumis à des conditions
Les listes des joueurs retenus sont déjà prêtes, et dans bien des cas, les qualifiés sont informés pour qu’ils se préparent à plier bagages pour la période de l’événement continental. Rien ne pourra les arrêter, c’est un peu ce qui se passe pour les joueurs européens convoqués par leurs nations respectives. Dans la planification de leur mercato, on ne saute pas sur la première proposition, même si celle-ci répondrait à ce que l’entraîneur recherche. Les rédactions des médias sportifs, notamment africains, imposent des conditions aux joueurs africains avant tout recrutement. Même si les dirigeants de clubs ne l’assument pas publiquement. «A l’intérieur des bureaux, les grincements de dents sont réels quand il faut perdre un joueur important dans une période charnière de la saison», estime le journal Sport News Africa.

«Qu’ils renoncent à la CAN»
En août 2022, le président du Napoli s’attaquait avec véhémence à l’organisation de la CAN au mois de janvier. « Ne me parlez plus des Africains. Je leur veux du bien mais soit ils me signent une renonciation à participer à la CAN ou sinon (…) je ne les ai jamais à disposition. Nous sommes les idiots qui payons les salaires pour les envoyer jouer pour d’autres», se révoltait Aurelio De Laurentis. Le règlement de la grande instance qui leur fait obligation de libérer les internationaux pendant les dates FIFA, n’arrange pas la majorité. Les dossiers des joueurs africains ciblés sont d’ailleurs négligés, préférant se concentrer sur ceux qui n’ont pas une compétition internationale à jouer en pleine saison». Selon un média «un directeur sportif a refusé de recruter un international africain à cause de la CAN-2023» ce n’est étrange pour personne. Naturellement, ce phénomène s’accélère au moment où des parties ont pour cible les Africains. Préférant garder son anonymat, un agent reconnu dans le Championnat français avoue qu’il existe bel et bien des clubs qui refusent de faire signer des internationaux africains à cause de la CAN-2023. «C’est un fait qui existe. En France où je traite régulièrement avec les clubs, les présidents ne sont pas enthousiastes quand on leur propose des joueurs africains. Actuellement, j’ai eu un défenseur africain qui n’a pas été recruté parce que le secteur défensif comporte en majorité des joueurs africains qui devraient être à la CAN sauf surprise. Un directeur sportif à la recherche d’un latéral gauche, quand je lui ai proposé un international africain, il a automatiquement décliné», révèle l’agent à un journal africain.

«La CAN devient un cadeau empoisonné»
C’est pourquoi plusieurs internationaux seront face à de grosses difficultés cet été pour dénicher un club qui voudra prendre ce risque de les faire signer et de les libérer pour disputer la CAN. «La CAF doit agir pour protéger ces joueurs», indique l’agent. Pour les clubs étrangers la CAN devient un cadeau empoisonné. Pour ce faire, certains dirigeants n’hésitent pas à donner un ultimatum à leurs joueurs. C’est le cas de Aurelio De Laurenti qui dit «ne plus vouloir de joueurs africains à l’avenir tant que ce problème sur le calendrier de la CAN ne sera pas solutionné».
Analyse de H. Hichem

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