Une figure marquante du football algérien 

Hommage : Said Amara

Amara Saïd a connu plusieurs responsabilités dans le domaine footballistique, joueur amateur, joueur professionnel, entraîneur joueur, entraîneur en chef, coach qualifié et cadre aux grandes compétences au ministère de la Jeunesse et des Sports, sélectionneur de l’équipe nationale d’Algérie, membre de la Fédération algérienne de football puis président de la FAF. Qui dit mieux ?
Saïd Amara est un grand Homme avec un grand «H» et aussi un grand Monsieur avec un grand «M», il a suffi que l’idée nous soit parvenue pour parler de cet honorable personnage qui demeure le symbole du tout Saïda et même plus nous dirons de toute l’Algérie et voilà que notre mémoire sportive s’est mise à remonter le temps.
Amara Saïd a vu le jour le 11 mars 1933 dans la charmante et coquette ville de Saïda. C’est une encyclopédie marquante de la balle ronde car ce n’est pas donné à tout le monde de vivre et de connaître toutes les étapes du secteur footballistique.
Il est le seul joueur algérien que toutes les générations confondues connaissent tout à fait très bien. Tout d’abord, il y a eu Amara Saïd le footballeur amateur, puis Amara Saïd le professionnel et le révolutionnaire pour la noble cause qui avait tout laissé derrière lui en quittant le RC Strasbourg, carrière et argent, pour rejoindre la formation du Front de libération nationale.
Durant sa jeunesse, il a été le pilier de la formation de Strasbourg et le spécialiste des balles arrêtées tout en puissance et précision. A cette époque, les sélectionneurs de l’équipe nationale de France ont voulu le sélectionner pour faire partie de l’équipe de France, les Bleus pour la Coupe du monde en 1958, mais Saïd avait déjà fait son choix sans aucune hésitation étant donné que pour lui, la patrie passe avant toute autre considération, il a fait partie de la fameuse équipe du FLN qu’il avait rejoint illico-presto en Tunisie en 1958. Amara était un vrai professionnel et tous les Strasbourgeois ne juraient que par lui car à 25 ans, il est titulaire à part entière au sein du RSTS au poste de meneur de jeu dans une équipe où les places coutaient chères. Incontestablement Amara Saïd a été l’artiste dans cette sympathique formation footballistique de France.
Créateur de jeu, intarissable jusqu’au point où même évoluant dans un Championnat français, il était un créateur du jeu, intarissable jusqu’au point où même en évolution, Said Amara est devenu le symbole du tout Saïda. Il avait une élégance extrême sur le terrain et une clairvoyance dans la relance du jeu qui faisait de lui, malgré sa taille moyenne, un milieu de terrain très respecté et très estimé de tous ses adversaires.
Dans un poste pour lequel il faut être très agressif, Amara savait diriger ses partenaires avec beaucoup d’assurance. Avec le MC Saïda, il était irremplaçable, même chose avec le RC Strasbourg. Cependant, Saïd Amara n’est pas allé jusqu’à la limite de son talent, car il aurait réalisé une grande carrière footballistique professionnelle, mais il n’a jamais regretté. Bien au contraire, il en est très heureux, le fait d’avoir fait partie de la formation de la Liberté, du Front de libération nationale, est une fierté pour lui, il a fait la révolution avec comme seule arme : un ballon de football, il disait toujours que la patrie passe avant toute autre chose.
L’enfant chéri de Saïda était en quelque sorte la note qui apportait l’improvisation et savait désarticuler la défense adverse. Il offrait à profusion du spectacle aux supporters.
En 1962, juste après l’indépendance, il retourne à Bordeaux puis il rentre définitivement au bercail à Saïda avec lequel il remporte la Coupe d’Algérie comme entraîneur et joueur.
Lorsqu’il joua sa première rencontre internationale avec les Verts, il avait l’âge de 30 ans, il fut sélectionné pour affronter la Tchécoslovaquie à Alger avec le trio Ibrir, El Kamel et Firoud (coachs). Lors de cette rencontre, Saïd Amara a été le porteur d’eau, il était le créateur, le feinteur, le génie qui consistait à déstabiliser l’adversaire avec des gestes techniques en pleine course.
Amara a participé à divers matches amicaux et marqué un seul but, il avait porté le maillot national plus de dix fois et c’est contre la formation soviétique, le Spartak de Moscou à l’âge de trente-et-un ans en 1964 qu’il avait mis fin à sa carrière de footballeur avec l’équipe nationale d’Algérie pour se reconvertir en entraîneur. Et c’est comme entraîneur et joueur que Amara Saïd est allé prendre la destinée de la JSM Tiaret qu’il fera accéder en Nationale une. Malheureusement, une méchante blessure l’obligera à mettre fin à sa carrière de footballeur.
Saïd Amara mériterait bien que l’on baptise une enceinte de stade à son nom pour services rendus à l’Algérie : il a tout abandonné derrière lui pour rejoindre la formation combattante, celle qui a pris les armes et ceux qui l’ont fait avec seulement un ballon.
Kouider Djouab

 

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