Football En Algérie ou ailleurs, l’entraîneur est toujours assis sur sa valise

Jamais les présidents n’avaient autant remercié de techniciens que depuis cette saison. Celui que tout le monde aimait appelé «le Général» quitte le football mais jamais son terrain. Abdelhak Benchikha s’en va sans se retourner.
Il gagne tout en préservant son honneur, son intégrité, son image et ses réalisations. Dans cette vague de démissions et de limogeages, c’est le BF qui est mis en demeure pour réagir et prendre d’importantes décisions qui mettraient un hola a ce qui déferle sur les entraîneurs.
Le cas de Benchikha ne surprend plus personne. Il est le 9e à prendre ses affaires…dès la quatrième journée seulement du championnat professionnel de Ligue 1. «Il fallait s’y attendre», ironise un chauffeur de taxi. Intronisé sur le banc usmiste le 25 décembre dernier, Benchikha totalise 12 victoires contre 7 nuls et 14 défaites avec l’USM Alger. Avant de signer avec les Rouge et Noir, le quinquagénaire avait eu le temps de soulever la première Supercoupe africaine de sa fructueuse carrière (7 trophées) avec les Marocains du RSB Berkane en seulement trois mois (août-novembre 2022).

Des situations inédites, dit-on
Avec tous les enjeux sportifs et financiers qui en découlent, la majorité des clubs va continuer à vivre des situations inédites. Des entraîneurs vont continuer à poursuivre leur mission sous une très haute tension, sur le terrain comme dans les tribunes, avec une pression maximale misée sur les arbitres, dont certains encore jeunes et parfois inexpérimentés. Oui ne soyez pas surpris, nous disait un ancien international de football. C’est à dire que cette situation n’est pas nouvelle, elle a déjà dans ses archives des entraîneurs poussés dehors, pour beaucoup vers le chômage, et au moins autant d’entraîneurs adjoints, d’entraîneurs de gardiens, de préparateurs physiques. Au moment même où, funeste incohérence, on n’aurait nous dit-on jamais autant formé de techniciens.

Pourquoi et par qui ?
«Ils sont poussés dehors, non seulement par des présidents effrayés par la perspective d’une relégation lourde de conséquence, mais aussi par des supporters qui savent comment mettre la pression pour les faire partir, reste la question qui est de savoir qui est derrière ces supporters ? Le football serait-il en train, tout simplement, d’organiser un chômage de masse, et ça laisse pantois», nous déclarait un entraineur limoge, qui ajoute «il y a cette fameuse devise qui revient souvent en l’occurrence l’entraîneur doit toujours être assis sur sa valise». Si ce schéma n’est pas un mal du foot en Algérie, il est aussi ailleurs dans le monde. Sauf que cette série de limogeage inquiète plus d’un, puisqu’elle met à l’abri les présidents de clubs et les DT chargés du recrutement de nouveaux joueurs. Selon le journal «Watson», en Algérie, la saison écoulée il a été enregistré 13 entraîneurs sur 16 licenciés. En Égypte,14 sur 18. La palme revient à la Tunisie :16 sur 16 (!). Soit un taux de limogeage de 100%, ce qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Dans un tableau publié, ce journal fait remarquer «que la plus haute division de Bosnie-Herzégovine, un seul club a encore le même entraîneur qu’en début de saison (taux de limogeage: 92%). En Macédoine du Nord, il n’y en a également plus qu’un. Du côté de la Serbie, deux coachs sur seize ont survécu jusqu’à aujourd’hui. En comparaison, l’Albanie et la Croatie sont presque des pays de longue durée : le taux de licenciement des entraîneurs y est de «seulement» 70%, plus loin on apprend que l’Inde est le pays le plus tranquille avec seulement 9.1%. L’Algérie classée 55e au classement avec un taux de limogeage estime à 81.3%, juste après il y a le Costa Rica avec un taux de 83.3% l au bas du tableau la Bosnie Herzégovine avec 91% la Tunisie ferme le tableau avec un taux de 100% ».
L’Inde le pays tranquille
C’est en Inde qu’il a le plus de chances d’en obtenir, et de loin, un seul un entraîneur sur onze y a perdu son emploi. Les autres leaders de la stabilité sont Malte, l’Australie, la Jamaïque et… la Suisse. La Suisse est donc dans le groupe de tête des pays qui licencient le moins leurs coachs, avec un taux de limogeage de 30%. Pour rappel, le FC Zurich, le FC Bâle et, bien sûr, le FC Sion (trois fois) ont changé d’entraîneur cette saison. Soit trois équipes sur les dix de Super League. Notre championnat se trouve a la 5e place sur 60. Mais selon le même journal l’année dernière : six clubs sur dix avaient licencié leur entraîneur. Même chose lors de la saison 2018/19. Et l’exercice précédent, en 2017/18, sept clubs sur dix ont même vu leur entraîneur partir prématurément.

Chez les Anglais le constat est plus sévère
Enfin chez les Anglais «l’argent peut acheter beaucoup de choses, les Anglais le prouvent depuis un certain temps déjà ». Grâce aux contrats de télévision lucratifs, ils ont depuis longtemps pris de l’avance sur leurs concurrents, y compris sur les autres membres de ce que l’on appelle le «Top 5», les cinq meilleurs championnats d’Europe et d’ajouter qu’apparemment, l’argent rend aussi impatient. En Premier League, les entraîneurs sont en tout cas plus vite licenciés que dans tous les autres grands championnats européens : 11 des 20 clubs ont changé de coach. En France et en Espagne, c’est la moitié (10 sur 20). Et dans la Bundesliga allemande, ce nombre descend à 44%.

En résumé
Pour terminer cette étude de ce journal, il note que les clubs licencient leurs entraîneurs en moyenne après 45% des matchs disputés. Les patrons des clubs roumains interviennent particulièrement vite : ils ont tiré sur la corde après seulement un quart de la saison en moyenne. Dans la Premier League jamaïcaine, le limogeage n’arrive en moyenne qu’après 65% des journées disputées. En général, les Jamaïcains accordent beaucoup de temps : ils occupent la première place au classement de la patience et la quatrième au niveau des taux de licenciement.
H. Hichem/Source journal Watson