Amar Bendjama recadre le représentant du Maroc

ONU

? «La CIJ, cet organe principal de l’ONU dit le Droit. C’est une autorité juridique et judiciaire. Voyons donc ce qu’elle a dit : La Cour n’a pas trouvé de liens juridiques de nature à affecter l’application de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale dans la décolonisation du Sahara occidental et, en particulier, du principe de l’autodétermination par l’expression libre et authentique de la volonté des peuples du Territoire. Dont acte». C’est par ces paroles que le Représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, l’ambassadeur Amar Bendjama a recadré mercredi le représentant du Maroc suite à son discours fallacieux devant la 4e Commission de décolonisation. Ce n’est pas tout, exerçant deux fois le droit de réponse, Amar Bendjama a littéralement assommé Omar Hilale.

«J’aurais pu parler des centaines de quintaux de drogue déversés sur le territoire de mon pays par notre voisin, le Maroc, qui a le triste privilège d’être le premier producteur et exportateur au monde de Cannabis, selon les données les plus récentes de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime», a-t-il lancé devant la tribune de l’ONU. «A cette drogue, s’ajoute depuis quelques temps la drogue de synthèse, extrêmement dangereuse pour la santé de nos enfants et qui risque d’affecter durablement notre population», a-t-il mis en garde. Autre scandale d’Etat évoqué par Amar Bendjama : «Pegasus», «utilisé par les autorités marocaines pour écouter plus de 6.000 responsables algériens, des journalistes, des politiciens mais aussi des diplomates, y compris votre serviteur». Près de 2.000 autres responsables gouvernementaux européens ont été mis illégalement sous-écoutes. «Pegasus, rappelez-vous, cette affaire est toujours entre les mains de la justice belge et européenne. Pourquoi ces écoutes ?», s’interroge-t-il.

«Il y a un dénominateur commun, le Sahara occidental». Autre scandale qui a éclaté à Bruxelles, cité par Amar Bendjama : la corruption de parlementaires européens par des diplomates marocains. Un scandale qui a eu pour conséquence l’expulsion et l’interdiction d’entrée des diplomates marocains au siège du Parlement européen. «Pourquoi la corruption ?», s’interroge-t-il encore une fois. «C’est à cause du Sahara occidental», martèle-t-il. D’autres scandales auraient pu être évoqués mais, a expliqué Amar Bendjama, il fallait «s’attacher au débat avec les distingués collègues de la 4e Commission et au point inscrit à l’ordre du jour qui est celui de «la décolonisation». Cela apprendra à Omar Hilale ce que lui coûte de truffer son discours de mensonges et de citer l’Algérie – plus de 40 fois -, sans prononcer une seule fois le mot Sahara occidental.
L. A.