La phobie dans tous ses états

Un phénomène pathologique courant

L’homme a toujours eu peur de quelque chose, c’est une tendance tout à fait naturelle. Aussi, il est rare de trouver quelqu’un qui n’a jamais eu peur. On a souvent peur de l’ascenseur, quand celui-ci tombe en panne de courant qui l’immobiliserait au milieu du trajet, parce que c’est déjà arrivé à une famille bloquée dans un ascenseur tombé subitement en panne et qui avait provoqué une panique générale jusqu’au retour du courant électrique un quart d’heure après, quand on pense que cela aurait duré une heure ou plus. Tous les occupants ont juré de ne plus rentrer dans un ascenseur.

D’autres cas de phobie tels ceux qui ont peur du noir et qui ne peuvent pas passer la nuit seuls dans une maison tant ils ont peur de voir surgir du fond du couloir ou d’un coin de la maison, un revenant ou un quelconque être invisible et malfaisant et dans le noir, n’importe quel bruit le fait sursauter. Il arrive que le vide fasse peur plus que tout autre chose comme se trouver dans un grand espace, par exemple dans le désert où on n’entend aucun bruit pouvant tranquilliser. Il est arrivé soudainement à quelqu’un de se retrouver seul, dans un endroit où il n’y avait même pas les chants des oiseaux et des cigales et à des kilomètres à la ronde, pas la moindre voix d’un semblable, sa première réaction a été d’avoir peur du vide et de crier en guise d’appel au secours. Il n’y eut point de réponse humaine, mis à part son écho qui se répercutait au loin. En nous fondant sur des faits précis, nous pouvons aussi ajouter que ce phénomène naturel est vieux comme le monde. Chaque génération est marquée par des personnes apparemment normales, mais qui réagissent drôlement devant un animal sauvage, par exemple le lézard. On ne les comprend pas tant nous sommes différents et beaucoup ont tendance et à tort à se moquer d’eux, particulièrement ceux qui ont des cafards, les gros surtout pour les femmes qui en ont peur, et qui fuient en poussant des cris forts rien qu’en les voyant passer. Et à partir du mot phobie, on a inventé des mots nouveaux et à connotation politico racial comme : xénophobie ou haine de l’étranger dans un pays, islamo phobie ou ne pas supporter la présence de musulmans dans un pays qui un pays qui n’est pas le leur.

Ceux qui ont la phobie de situations particulières
Ils sont nombreux et il est impossible de les évoquer tous. On nous a raconté une histoire qui fait partie du vécu, il s’agit de quelqu’un qui avait peur des revenants, c’est à dire de gens morts qui reviennent parmi les vivants. Le progrès scientifique et le fait qu’il soit instruit n’ont pas pu dissiper cette peur qu’un jeune homme a eue depuis son enfance. Un jour, pour le mettre à l’épreuve des jeunes hommes de son âge lui ont demandé d’aller enfoncer un piquet en pleine nuit, dans un cimetière. Cela s’est passé au cours d’un hiver, le candidat à l’épreuve vêtu d’un burnous prit son courage à deux mains et se dirigea vers le cimetière, par une nuit bien noire.
Pour assister à la scène, les jeunes l’avaient suivi pour le voir faire. Ils l’ont vu faire sans être vus, à un endroit bien choisi, il tremblait au moment de planter le piquet, et sitôt la mission accomplie, il ne put se relever, il poussa des cris, pensant avoir été attrapé par un revenant, alors que c’était lui qui avait enfoncé le piquet dans un pan de son burnous et qui l’avait empêché de se relever. Un autre fait vécu. Et cela s’est passé la nuit au cours de laquelle un monde mystérieux s’éveille dans la solitude et le silence. Un homme venait d’arriver dans sa petite localité, il marchait pour se rendre chez lui quand tout à coup il entendit des coups de marteau venant de l’atelier d’un vieux forgeron chez qui il aimait passer de longs moments à discuter. Il y avait de la lumière et l’artisan devait être à l’œuvre, il était tout content de retrouver son ami de toujours et comptait discuter un coup avant de rentrer à la maison. Ce forgeron avait quitté la forge depuis de longues années. Il ouvrit la porte de la forge et vit son camarade qui lui fit un grand sourire, puis mystérieusement cette lumière s’éteignit au bout d’une seconde et se retrouvant dans le noir de la nuit, notre voyageur sortit immédiatement pour prendre la fuite en direction de sa maison en tremblant tant il a eu peur.
Le lendemain matin, il raconta à ses camarades ce qui lui était arrivé la veille, aucun ne sut lui donner une quelconque explication. Une pareille scène fait peur, et rien qu’à l’évoquer, ça donne des frissons, surtout aux personnes sensibles. Cette histoire qui fait partie du vécu collectif de la petite localité et remonte à plus de cinquante ans, mais elle continue de faire peur jusqu’à aujourd’hui, on évite de rentrer la nuit en passant près de l’atelier du forgeron, sorte de hangar encore debout, mais abandonné. Le forgeron, quant à lui, est mort depuis une quarantaine d’années, mais il continue de hanter toute la population qui connait l’histoire du voyageur nocturne, au cours d’une nuit noire et depuis tout le monde croit aux revenants, rien qu’à les évoquer on la chair de poule.

D’autres personnes, d’autres phobies
Il y a une diversité de phobies, c’est dans la nature des caractères. Ainsi il y en a qui ont la phobie de l’échec. Echouer est pour eux un vrai drame, cela signifie qu’on n’a pas de niveau requis et on a honte de sa personne. On s’isole pendant longtemps pour ne pas rencontrer les gens informés sur son échec. Echouer sur le plan familial ou professionnel, c’est encore plus grave pendant que d’autres, ceux de son âge, ont réussi. Avoir la phobie de l’échec, c’est un cas pathologique et la personne a besoin d’une thérapie adaptée auprès d’un psychothérapeute ou d’un psychologue spécialisé. Echouer, à l’exception des surdoués, ça peut arriver à tout le monde et il faut assumer son échec en se disant cette fois, j’ai échoué parce que je n’ai pas le niveau requis et je dois refaire mon examen dans de meilleurs conditions pour augmenter mes chances. Ceux qui la phobie des serpents ou des lézards sont aussi drôles. C’est vilain pour un homme âgé de crier de peur d’un reptile. Un chauffeur de bus qui a la phobie des serpents et quand il les voit, il se sauve en criant comme un fou. Un jour, il en a trouvé un et un grand autour des pédales, il a sursauté et il a sauté en criant par la porte avant et il est parti au loin. Il n’est revenu que lorsqu’il était certain que la bête a été abattue par des hommes courageux.
D’autres ont surtout peur des gros cafards, quand ils en voient un, ils sont même capables de se jeter par la fenêtre. Il leur faut quelqu’un de normal pour les calmer le temps de faire la chasse à ces bêtes ou de les tuer. Parmi ceux qui sont atteints de cette phobie, on trouve des hommes et surtout des femmes. On peut dire qu’il s’agit là d’une maladie. Pourtant les gros cafards sont inoffensifs, ce n’est pas comme les souris et les rats que d’autres ne supportent pas de voir, c’est des bêtes vraiment répugnantes qui font partie des créations parasitaires et inutiles autant que les cafards. Ce n’est pas comme le lézard qu’on peut admirer. On se demande pourquoi certaines personnes en ont la phobie au point de prendre la fuite en le voyant. Ce que fit un professeur homme qui, à la vue d’un lézard part comme un fou au milieu d’une réunion.
Revenons aux humains qui ont peur d’être dépréciés en n’osant jamais prendre la parole en public, ils ont peur que les autres découvrent leurs insuffisances. Ils rougissent dès qu’on leur pose une question à laquelle ils doivent répondre, ils ont vraiment honte de parler et qu’on découvre leur voix. Ce type de comportement relève plutôt de la psychiatrie ou de la psychothérapie, car il s’agit là d’une maladie qu’on doit appeler la timidité maladive.
Parmi ces timides, il y en qui ont des réactions violentes. Ils sont incapables de se défendre par la parole, ils réagissent violemment dès qu’ils se voient lésés ou victime d’une injustice. Une phobie, celle des enfants qui ont peur de voir leurs parents divorcer, parce qu’ils sont en désaccord, si c’est des enfants, la situation peut les rendre malades. Et ceux qui sont les plus malades sont ceux qui ont peur d’un cambriolage à leur domicile, le moindre bruit les fait sursauter et les empêchent de se rendormir la nuit. C’est un vrai cauchemar qu’ils vivent à la manière d’Harpagon de l’avare de Molière.
Boumediene Abed