Le sort des Accords de Camp David, d’Oslo, d’Abraham…

? L’opération «Déluge d’Al Aqsa» lancée samedi 7 octobre 2023 par la Résistance palestinienne, à travers l’action armée du Hamas contre les positions militaires de l’entité sioniste en territoire occupé, à la périphérie de Ghaza, a mis un terme au processus de «normalisation» appelé Accord d’Abraham initié en 2020 par le président américain Donald Trump (impliquant le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Soudan et le Maroc). On revient, 30 ans en arrière, en 1993, aux Accords d’Oslo signés par feu Yasser Arafat, président de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), et Yitzhak Rabin, le Premier ministre israélien, qui reconnaissent les Etats palestiniens et israéliens et valident la création d’une Autorité palestinienne.

A l’origine, il y a la première Intifada de 1988 puis la Conférence de Madrid en 1991. Les accords de Taba en 1995 puis ceux de Wye River en 1998 ont prévu l’évacuation des territoires occupés par l’armée israélienne depuis 1967. Pour rappel, il y avait eu en 1978, les accords de Camps David qui ont instauré la paix entre l’Égypte et Israël et prévoyaient également la mise en place d’un gouvernement autonome en Cisjordanie et dans la bande de Ghaza. Plus tard, en 2001 au Sommet de Taba, sur fond de deuxième Intifada, les dirigeants israéliens et palestiniens définissent le statut de Al Qods. Un an après, un plan de paix saoudien, déjà ancien, est actualisé, pour donner l’«initiative arabe de paix» qui prévoit la création d’un État palestinien dont Al Qods-Est serait la capitale, ainsi que le retrait d’Israël des territoires occupés depuis 1967 et le droit au retour des réfugiés palestiniens. Le Sommet de Charm el-Cheikh, en 2005, oblige Israël à se retirer de villes palestiniennes et de la bande de Ghaza.

En octobre 2023, l’offensive du Hamas à partir de Ghaza créé un climat d’insécurité dans les territoires occupés qui pousse les habitants de plusieurs colonies à quitter les lieux et, pour nombre d’entre eux, à retourner dans leur pays d’origine, tout en décourageant ceux qui avaient le projet de s’installer en Israël. L’opération du Hamas a donné en même temps un coup d’arrêt au processus, déjà bloqué, des Accords d’Abraham. Une situation nouvelle qui a amené les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux à venir au secours de l’entité sioniste qui se trouve en mauvaise posture face à la résistance palestinienne soutenue par une majorité écrasante dans l’opinion publique mondiale.
Hier, samedi, les participants au Sommet de paix du Caire ont condamné le bombardement israélien de Ghaza et appelé à la protection des civils. Ils ont également rejeté le déplacement des populations palestiniennes et souligné la nécessité de trouver une solution juste à la question palestinienne.
L. A.