Lorsque le foot suscite l’inquiétude chez certains

,Au moment où la guerre entre le Hamas et Israël débarque sur son sol et en dépit de la «neutralité» de façade adoptée par la FIFA, cette instance n’a toujours pas soufflé mot.

Outre les minutes de silence observées en amont de la plupart des matchs internationaux, les projecteurs sont plus que jamais braqués sur les prises de position des uns et des autres. «Si la plupart des joueurs évitent d’épancher leurs opinions personnelles sur un sujet aussi explosif, certains n’hésitent pas à prendre position, notamment ceux de nationalité ou d’origine arabe, souvent bien plus sensibles à la question que les autres» constate le rédacteur du journal l’Orient. Youcef Atal n’est pas le seul à être sanctionné. Anwar el-Ghazi, l’ailier international néerlandais d’origine marocaine, s’est vu lui aussi infligé une sanction similaire à celle d’Atal par son club de Mayence, actuel avant-dernier du championnat d’Allemagne.

Pas de problème pour le Borussia Dortmund
Un club européen fait cavalier seul et refuse de sanctionner l’international algérien Ramy Bensebaini, qui a apporté son soutien à la cause palestinienne. Questionné sur des éventuelles sanctions à l’égard de Bensebaini, le directeur sportif du Borussia Dortmund, Sebastian Kehl, déclare « Ce n’est pas un problème pour nous de voir Ramy Bensebaini avec une écharpe de la Palestine autour du cou », explique-t-il à un journaliste. Ainsi, le défenseur algérien ne risque aucune sanction suite à son soutien affiché à la population de Gaza lors de l’amical de l’Algérie face au Capt-Vert à Constantine.
Une exclamation qui fait voler en éclats celles des directeurs des clubs européens qui condamnent ce qui est considéré par tous comme étant une position tout à fait démocratique qui honore ses auteurs, tant qu’elle honore également les quelques présidents des clubs européens qui veulent respecter ce qui est légal. Ce n’était pas l’avis du chef de l’État français qui déclarait «on ne mêle pas le foot à la politique» et ce à la veille du mondial qatari. Une prise de position honteuse que l’Histoire contredit.

Tous avec Youcef Atal
Les européens et notamment les clubs Français continuent de s’intéresser aux joueurs internationaux dont algériens. C’est le cas de Youcef Atal, ou une lourde sanction pèse sur lui et suscite à la fois inquiétude et mobilisation Selon le quotidien La Provence, Atal est très touché par cette affaire. Mercredi, à son retour de sélection et après avoir eu une réunion avec ses dirigeants, le joueur n’a pas pu retenir ses larmes en quittant le centre d’entraînement. Il a reçu le soutien public de son entraîneur Francesco Farioli et de son capitaine Dante, mais cela n’a pas suffi pour atténuer sa peine. Le temps fera certainement son œuvre, à moins que la justice ne sévisse et prononce un verdict sévère à son encontre «une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nice et une plainte pour provocation à la haine ou à la violence à région d’une religion déterminée » a été déposée par le CRIF. S’il est condamné, Atal risquerait jusqu’à sept ans de prison. Des commentaires décrivent les effets de la colonie juive avec la complicité d’une classe européenne sur les joueurs qui soutiennent la Palestine.

Bounedjah à la rescousse de Atal
Dans une story Instagram, l’attaquant international algérien, Baghded Bounedjah, a tenu à épauler son compatriote Youcef Atal, sanctionné pour « apologie de terrorisme ». Ainsi, Bounedjah a partagé une photo d’Atal avec l’inscription « Liberté pour la Palestine, courage mon frère », accompagné d’un verset coranique.

Le footballeur international néerlandais Anwar El Ghazi suspendu
Anwar El Ghazi, est effectivement suspendu par son club, Mayence (Bundesliga), après avoir relayé un texte de soutien à la Palestine sur les réseaux sociaux. «ce n’est pas la guerre. Lorsqu’un camp coupe l’eau, la nourriture et l’électricité à un autre, ce n’est pas la guerre lorsqu’un camp dispose d’armes nucléaires, ce n’est pas la guerre. Lorsqu’un camp est financé par des milliards de dollars, ce n’est pas la guerre, lorsqu’un camp utilise des images d’intelligence artificielle pour diffuser des informations erronées sur un autre camp, ce n’est pas la guerre. lorsque les médias sociaux censurent le contenu d’un camp et pas celui de l’autre, ce n’est pas la guerre. Il ne s’agit pas d’un conflit ni d’une guerre. Il s’agit d’un génocide et d’une destruction massive, et nous en sommes les témoins en direct» Ce message s’achève sur un slogan palestinien bien connu mais aussi régulièrement critiqué : «rom the river to the sea, Palestine will be free» En français : « la rivière à la mer, la Palestine sera libre»

Résumé H. Hichem