Ouverture de la conférence internationale sur le soufisme

En marge du Sila

La ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, a présidé, samedi à Alger, l’ouverture de la conférence internationale sur «le soufisme algérien comme soft power en Afrique» organisée dans le cadre de la 26e édition du Salon international du livre d’Alger (Sila).
Organisée au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, la conférence a été rehaussée par la présence du calife général de la confrérie Tidjania en Algérie et en Afrique, cheikh Ali Belarabi Ahmed Tidjani, du recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maamoun Al-Kassimi Al-Hoceini, ainsi que de cheikhs de zaouïas et de chercheurs d’Algérie et d’autres pays africains.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre a précisé que le choix de l’Afrique comme invité d’honneur du Sila, cette année, s’inscrivait dans «la vision de la direction politique de notre pays, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en tête», rappelant à cet égard que «l’Algérie est restée fidèle à ses positions de principe envers le continent africain, depuis les mouvements de libération et de décolonisation, lorsque les pays africains ont soutenu la Guerre de libération nationale, symbole de dignité en Afrique».
Le patrimoine soufi algérien «est puisé dans l’histoire du soufisme associé à la résistance contre le colonialisme au 19e siècle, tant en Algérie que dans certains pays africains, où les confréries Tidjania, Kadiria, Senoussia et autres étaient la force symbolique considérée par les Africains comme une armée pour leur liberté et leur dignité», a indiqué Mme Mouloudji, qui a souligné que «ce mouvement spirituel est parti d’Algérie au 15e siècle pour se répandre en Afrique, grâce notamment à l’érudit algérien Abdelkrim Al-Maghili, qui a vécu une vingtaine d’années dans différents pays africains comme prédicateur et réformateur».
Mme Mouloudji a estimé, par ailleurs, que dans le contexte de l’augmentation des transactions économiques et commerciales entre l’Algérie et les autres régions d’Afrique, le patrimoine spirituel commun peut être mis à profit en faveur du développement de cette coopération, notamment dans le domaine du tourisme religieux et culturel.
Selon elle, le soufisme algérien peut également être une force pour le règlement des conflits, le traitement des crises économique, climatique et migratoire et dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme.
En conclusion, la ministre a souligné que «le soufisme et les confréries soufies, en tant que force symbolique, peuvent être un vecteur à même d’influencer les politiques et de promouvoir les valeurs spirituelles et culturelles soufies qui font la richesse de l’Afrique depuis des siècles», ajoutant que «le soufisme se pose aujourd’hui comme un rempart contre la mondialisation effrénée et le racisme ambiant».
De son côté, le recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maamoun Al Kassimi Al-Hoceini, a affirmé, dans son intervention, que «le soufisme allie charia et vérité», soulignant la nécessité de s’éloigner de tout élément intrus étranger au soufisme authentique».
Les travaux de la 26e édition du Sila se poursuivront jusqu’au 4 novembre prochain.
R.C