«L’Algérie est une équipe vraiment talentueuse à tous les niveaux»

Halim Ben Mabrouk à Afrik-Foot.com :

Halim Ben Mabrouk, ancien international algerien, technicien, est connu pour avoir su jongler la balle et la poser dans la cage adverse. Les compétitions internationales auxquelles il a pris part sont un véritable répertoire d’histoire qui militent aujourd’hui en sa faveur.

«De Saint-Priest au Paris FC, en transitant par le grand Racing Club de Paris avant de signer aux Girondins de Bordeaux et un retour final dans sa ville natale de Lyon». Dans cette interview où tout était dit d’une manière intelligente, sans taire ce qui a été pour lui des situations décevantes, les Coupes du monde de 1982 et de 1986 ont été pour lui une formidable escale pour les évoquer. Dans cette interview nous avons volontairement évité d’évoquer quelques passages pour des raisons d’espaces. Des rencontres avec des stars africaines étaient fluctuantes pour l’ensemble des joueurs, c’est pourquoi que les compétitions sont aussi des opportunités de construire des équipes africaines de football puissantes. Cet international algerien Ben Mabrouk, a endossé le maillot des Verts en 1986, lors de la Coupe du monde jouée au Mexique, donnant le tournis avec un certain Kaci Saïd aux maîtres brésiliens. Aujourd’hui au regard du massacre des Palestiniens par le sionisme israélien, il réagit et défend Benzema.
«Le moins qu’on puisse dire de l’ancien joueur algérien, c’est qu’il était empreint d’un amour fou pour le maillot vert. Ceci, au point de tout donner sur le terrain. Que ce soit en club comme en sélection, Halim Ben Mabrouk laisse des traces de sa magie, balle au pied. Après avoir raccroché les crampons, l’homme a été collaborateur du président de l’AS Saint-Etienne pour développer un peu le club». Invité à se prononcer sur l’actualité sportive à propos du choix de Karim Benzema de jouer pour la France, dira-t-il, et d’ajouter «C’est du football avant tout. Il a joué dans de grands clubs, mais cela ne veut pas dire qu’il renie ses origines algériennes. D’ailleurs, on le voit aujourd’hui, il est plus Algérien que n’importe qui d’entre nous ».
Un parcours et un projet…
Dans cet entretien il évoque des projets intéressants, notamment un évènement grandiose en Arabie saoudite, mais pour l’instant préfère se taire, car, dira-t-il, «ce n’est pas encore ficelé…» mais il finira par lâcher quelques indices .. «Allez, je dirai juste qu’on va tenter de réunir des légendes du football mondial pour un événement de football. J’attends encore des confirmations et des rendez-vous pour pouvoir proposer mon projet, avant de vous en dire plus».

Va-t-il associer la FAF à ce projet ?
Il regrette que cette initiative ne puisse trouver d’echos positif chez les anciens gestionnaires de la FAF, il evoque les démarches qu’il avait effectuées en direction du président de l’époque Mohamed Raouraoua, et ce, dans le souci «d’encadrer les jeunes footballeurs binationaux évoluant en France, en Belgique et ailleurs, et qui sont susceptibles de rejoindre les différentes catégories en sélection d’Algérie,… J’avais proposé à Raouraoua de tisser un lien avec eux et leurs parents, afin de garder le contact avec eux, les conseiller, les soutenir et leur montrer l’intérêt de l’Algérie pour eux dès leur jeune âge et faire le médiateur entre ces jeunes et la FAF». C’est un projet qui lui tenait vraiment à cœur, il reste persuadé qu’il mettra sur pied ce projet avec la nouvelle equipe. Bien «ça m’intéresse toujours de faire quelque chose avec l’Algérie».
Un bref arrêt sur ce sujet pour entamer la coupe du monde de 86 ou il estimait qu’il y avait une «super équipe avec des joueurs formidables …un mélange entre des joueurs évoluant en championnat d’Algérie et d’autres venus d’Europe, et la stratégie était parfaite grâce à des joueurs comme Salah Assad, Djamel Menad, Rachid Harkouk, Lakhdar Belloumi et Rabah Madjer devant et des Merzekane et Mansouri derrière… J’avais Kaci Saïd avec moi au milieu du terrain, avec Djamel Zidane, non c’était une équipe vraiment talentueuse à tous les niveaux. On était très complémentaires». Tout n’était pas parfait, il évoque des mésententes entre les joueurs locaux et professionnels. Ce n’était pas parfait, contrairement à l’équipe d’aujourd’hui où pratiquement tous les joueurs sélectionnés évoluent à l’étranger dans de grands clubs professionnels, devait déclarer «C’est pour cela que l’ambiance est meilleure qu’à notre époque. Il lève le voile sur les tensions qui ont marqué cette période, à l’image des rivalités qui bloquaient l’envol. Pour lui, c’était la faute des dirigeants qui n’ont pas su tisser les liens pour que les choses se passent bien au sein de l’équipe.
Les primes, une question
qui enfumait les joueurs
Il raconte «Aujourd’hui, Rien à voir avec les primes de notre époque. Donc, au premier match, on fait 1-1 contre l’Irlande, puis on perd 1-0 contre le grand Brésil (sur une mésentente entre le gardien Drid et Medjadi, ndlr), alors qu’on avait réalisé un grand match…Puis au troisième match contre l’Espagne, tout le monde s’est révolté contre les dirigeants de la FAF pour réclamer notre dû et d’enchaîner «Les professionnels qui s’étaient mis en avant pour réclamer nos primes.
Le match contre l’Espagne, beaucoup de joueurs professionnels qui avaient réclamé les primes s’étaient retrouvés écartés de l’équipe !»

Rabah Saâdane avait un rôle pas facile
C’était Saâdane l’entraîneur. «Mais j’ai su par la suite que ce n’était pas lui qui donnait toutes ces directives». Et là, il nous a écarté de l’équipe contre l’Espagne, mais l’ambiance s’était bien dégradée à la suite de cette histoire malheureuse de primes. «Les faits remontent à la surface et il regrette qu’il y ait des situations qu’il faille éviter à des matchs aussi importants en Coupe du monde».
Arriva le match contre l’Espagne. «On n’avait besoin que d’un simple nul pour passer au deuxième tour et on le perd sur un score de 3-0 ! J’étais resté sur le banc pour ce match et à la fin j’échange mon maillot avec Emilio Butragueño (la grande star de la Roja, ndlr) et c’est là que Belloumi vient me voir dans le vestiaire pour me dire : «Tu es content qu’on ait perdu, tu es un fils de harki » et m’a insulté directement. Et c’est là que tout est parti en vrille…»

J’ai choisi le maillot de l’équipe d’Algérie
Il ne s’est pas fait prier pour choisir son pays, alors qu’il avait la possibilité de jouer pour l’équipe de France, mais il a choisi le maillot de l’équipe d’Algérie. «Je n’ai pas voulu attendre longtemps. Et cela a fait plaisir et honneur à toute ma famille…On a déjà un potentiel très intéressant comme ça. Avec Cherki, ça ferait une équipe d’Algérie avec un atout certain en attaque. Mais ce n’est pas parce qu’on aura de bonnes individualités qu’on aura automatiquement une grande équipe nationale. Il va falloir bien diriger tout ce beau monde dans la bonne direction».
Synthèse de H. Hichem (à suivre)