Le Gouvernement face à la nécessité de coordonner l’effort collectif

Il existe encore des obstacles à éliminer pour encourager l’exportation hors-hydrocarbures

Le ministre des Finances, Laaziz Faid a évoqué, avant-hier, à Alger, lors d’une conférence de presse tenue au terme d’un atelier sur les procédures bancaires, douanières et fiscales relatives à l’exportation, en présence du ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Tayeb Zitouni, «la nécessité de consentir davantage d’efforts en vue de consacrer la confiance entre les instances publiques et les opérateurs économiques », relevant l’impact négatif des contraintes financières et douanières sur les performances à l’exportation des entreprises nationales.

Il a suggéré, à cet effet, la création d’ «une commission mixte regroupant les ministères des Finances et du Commerce ainsi que les organisations patronales, pour prendre en charge les préoccupations des exportateurs, notamment en matière législative et réglementaire».

Création d’une commission mixte prochainement
Il a souligné à l’occasion le rôle important des organisations patronales, considérées comme des ferventes défenseurs de la simplification des procédures réglementaires et organisationnelles pour encourager l’exportation du produit national à l’étranger, évoquant, les efforts continus du Gouvernement en faveur de faciliter l’activité d’exportations.
Il utilise de plus en plus les incitations fiscales et douanières pour soutenir les opérateurs économiques, souhaitant exporter leurs produits. Le développement du commerce extérieur exige, selon le ministre du Commerce et de la Promotion des Exportations, une collaboration accrue entre les pouvoirs publics et des opérateurs économiques.
Il a insisté, lors de cette rencontre, sur l’importance d’adopter «une approche participative reposant sur la concertation entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques, en vue de promouvoir les exportations hors hydrocarbures». La coordination et la concertation entre ces différents acteurs permettraient de trouver «des solutions aux problèmes soulevés auxquels se confrontent les entreprises de production et exportatrices.
Les incitations financières, fiscales et douanières devraient plutôt contribuer à l’augmentation de la productivité des entreprises nationales, y compris des petites et moyennes entreprises (PME), tout en les encourageant à orienter leur excédent vers l’exportation. Cette stratégie permettra au pays d’accélérer sa transition vers une structure plus diversifiée de la production nationale et des échanges, profitant de son emplacement géographique qui donne sur l’Afrique et l’Europe pour exporter ses produits.
La diversification économique est devenue depuis quelques années la priorité numéro 1 de l’Algérie.
Le ministre des Finances a rappelé, lors de la conférence de presse, l’importance de sortie «de l’économie de la rente et de s’orienter vers une économie productrice», saluant la nouvelle approche des pouvoirs publics. Il a insisté sur l’implication des opérateurs économiques dans le développement de l’économie nationale, dans un contexte international délicat. Un défi de taille à relever qui nécessite un partenariat solide entre les différents acteurs sus-cités. Pour y parvenir, il faut s’attaquer d’abord aux obstacles organisationnels et réglementaires auxquels font face les opérateurs économiques et identifier les objectifs qui s’accordent avec les priorités des pouvoirs publics aujourd’hui, à savoir booster l’investissement, la production nationale et encourager les exportations.
Il est impératif, dans ce cas de «lever les contraintes et d’unifier la vision entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques, en vue de développer, diversifier, et augmenter le volume des exportations hors hydrocarbures pour pouvoir partant adhérer aux chaînes des valeurs mondiales», a plaidé
M. Zitouni, saluant «les efforts consentis par les établissements bancaires, financiers et douaniers en soutien aux opérateurs économiques, ainsi que les efforts fournis par le reste des institutions de l’Etat et les autres secteurs ministériels». Sans oublier «le rôle axial du Conseil national consultatif de promotion des exportations.
Pour s’affranchir de l’économie de la rente et aller vers une économie productive, d’importantes mesures financières et fiscales incitatives sont introduites dans le projet de loi de Finances 2024, dont la baisse de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), la suppression de la Taxe sur l’activité professionnelle (TAP)…. Ces dispositions parmi d’autres augmenteraient le volume des exportations et encourageraient l’investissement. Cependant, M. Faid a appelé «les exportateurs à adhérer et à contribuer au travail du Conseil national de la fiscalité, étant un espace de consultation visant à réformer le système fiscal national et tout ce qui concerne les procédures fiscales afférentes à l’exportation». Le secteur douanier est en pleine transformation.
«L’opération globale de numérisation des procédures et transactions dans le secteur des Finances constitue un appui fort en termes de simplification des procédures appliquées dans les opérations d’exportation», a souligné le ministre, mettant en avant les efforts des services de douanes en vue de faciliter l’exportation, plaidant, dans le même temps, pour «une rationalisation et une bonne maîtrise des importations, outre l’augmentation et la diversification de la production locale, citant les mesures prises par les pouvoirs publics pour augmenter la productivité et améliorer la qualité des produits locaux en vue de booster l’exportation».
Samira Takharboucht