Mine de zinc-plomb, coup d’envoi officiel du projet

Elle générera 800 postes d’emplois directs et 4.800 indirects

Le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, lance officiellement le projet d’exploitation du gigantesque gisement de zinc -plomb d’Oued Amizour – Tala-Hamza, situé à 15 km au Sud-Ouest de la wilaya de Béjaïa, après plusieurs années de déconvenues et de blocage.

Il a procédé, hier, en présence d’une importante délégation à la pose de la pierre angulaire de ce projet qui pourrait générer jusqu’à 10 milliards de dollars, sur le long terme et créer près de « de 800 emplois directs et plus de 4.000 emplois indirects », selon le ministre. L’exploitation de cette mine géante de zinc-plomb, prévue dans deux ans, permettra de couvrir les besoins du marché national en la matière et d’exporter l’excédent de production, a-t-il soutenu, affirmant que la priorité sera accordée à la formation et à l’emploi des jeunes de la région, selon l’Agence presse services (APS).
Ce colossal gisement minier dont les réserves sont estimées à 34 millions de tonnes est en passe de devenir l’un des dix gisements les plus importants et prometteurs au monde et placera l’Algérie parmi les principaux producteurs des minéraux les plus demandés. Il sera exploité en partenariat avec le groupe australien, Terramin Australia Limited, qui a obtenu, au mois de mai, le permis d’exploitation pour ce projet qui vise, selon M. Arkab,
« l’extraction de deux (2) millions de tonnes de minéraux bruts par an pour produire 170.000 tonnes de concentré de zinc et 30.000 tonnes de concentré de plomb ». Après la finalisation de l’étape des préparatoires, le projet arrive à l’étape de réalisation et devrait entrer en production effective dès 2026.
Il a reçu l’ensemble des autorisations nécessaires à sa mise en exploitation, a confirmé le premier responsable du secteur, assurant que « les technologies modernes utilisées dans ce projet permettent d’entamer les travaux avec toute la sécurité nécessaire et le respect de l’environnement ». Les pouvoirs publics veillent au respect strict du volet environnemental, et ce,
« grâce à l’engagement des opérateurs et un suivi régulier du respect des normes de sécurité et environnementales depuis la préparation du gisement jusqu’à l’exploitation », a-t-il poursuivi, estimant, dans ce cadre, que « les propriétaires des terrains seront indemnisés très prochainement et que « le processus est entamé, et il touche actuellement à son terme ». Il a défendu l’importance de ce projet pour le développement local et pour la diversification de l’économie nationales, dont l’objectif « est l’exploitation des réserves de zinc et de plomb dans ce gisement en vue d’augmenter la production minière du pays et créera une valeur ajoutée pour l’économie nationale, tout en prenant en compte son impact environnemental », évoquant les engagements continus des pouvoirs publics en faveur de l’environnement et du développement durable, insistant sur l’accélération de « la mise en œuvre des décisions des pouvoirs publics, notamment celles relatives à l’indemnisation des citoyens concernés par le projet de mine de Tala Hamza-Oued Amizour ».
« La priorité en matière d’emploi sera donnée à la jeunesse de la région », a-t-il rassuré.
Après celui de la mine de fer de Ghar Djebilet, ce projet figure parmi les dix plus grands projets miniers devant entrer en exploitation d’ici 2024. De son côté, le P-dg du groupe public Sonarem, Mohamed Sakhr Harami, indiqué que ce projet devant entamer la phase d’exploitation d’ici deux ans, constituait « un exemple en matière d’exploitation minière aux standards internationaux et permettra de fournir à l’usine de Ghazaouet (Tlemcen) dans le cadre de la valorisation des ressources minières nationales ». Il permettra, également, d’ « exporter les produits miniers lorsqu’il y aura un excédent de production afin de créer de nouvelles recettes en devises pour l’Etat », a-t-il ajouté.
Sur le plus long terme, l’Algérie ambitionne à devenir un grand pays minier et grand producteur et exportateur des minéraux et des métaux demandés. Le secteur minier peut être un catalyseur pour la croissance nationale. L’Algérie a dû, dans cette perspective, revoir et améliorer la réglementation régissant le secteur minier afin de stimuler l’investissement et de faciliter les procédures. Lors de la pose de la pierre angulaire du projet de l’exploitation de la mine de zinc-plomb à Béjaïa, M. Arkab a mis en avant les efforts déployés par les pouvoirs publics en vue de développer l’industrie minière dans le pays, essentiellement, des infrastructures.
Ont pris part à cette la cérémonie du lancement du projet le « wali de Béjaïa, le P-dg de la Sonarem, du président de l’Agence nationale des activités minières (Anam) et du P-dg de l’Entreprise nationale des produits miniers non ferreux (Enof) », mais aussi, « la directrice de la joint-venture algéro-australienne Western Mediterranean Zinc (WMZ), chargée de la réalisation de ce projet, des cadres du ministère et du secteur minier, ainsi que la délégation australienne conduite par le P-dg de la société minière australienne Terramin », selon le communiqué de l’APS.
Samira Takharboucht