Arme de destruction massive de toute dénonciation du sionisme (I)

L’antisémitisme

Mal nommer les choses, notait Camus, c’est ajouter au malheur du monde. Pis, c’est semer délibérément la confusion dans les esprits. Le terme «antisémitisme» n’a jamais été autant galvaudé qu’à notre époque propagandiste dominée par un lobbyisme sioniste outrancier et outrageant. Outre le fait qu’il désigne une réalité heureusement inexistante, c’est-à-dire une factualité fantasmagorique, l’antisémitisme est devenu, surtout, une redoutable arme de dissuasion massive de toute critique du sionisme. Un instrument de neutralisation des combattants antisionistes.
Ces dernières décennies, en France, toute dénonciation du sionisme est assimilée insidieusement à de l’antisémitisme, cette arme idéologique brandie par les sionistes comme un missile de destruction de la liberté d’expression, de censure du combat politique antisioniste, voire de terrorisme intellectuel. Pis, pour servir de levier d’absolution, donc d’apologie du terrorisme étatique génocidaire commis par l’État nazi d’Israël contre les Palestiniens.
Pour la clarification de notre étude, il importe d’emblée, par souci de rigueur intellectuelle, de procéder à une définition rigoureuse des termes antisémitisme et sionisme, délibérément amalgamés par les idéologues incultes et terroristes intellectuels sionistes.
Avant d’analyser le terme « antisémitisme », inventé à la fin du 19e siècle, il est utile de nous pencher sur son antonyme, le terme sémite, forgé un siècle plus tôt.
Historiquement, le terme sémite fut inventé en 1781 par l’orientaliste allemand August Ludwig Schlözer. Dans le contexte de la création des nations et de l’épanouissement du nationalisme, l’invention de ce terme « sémite » renvoyait à la notion de race, très en vogue à l’époque. Cependant, les juifs ne constituent nullement une race, mais une communauté religieuse.
À la vérité, le terme sémite, initialement, avait une connotation purement linguistique. En effet, le terme sémite (construit à partir du nom de Sem, fils de Noé) visait à englober toutes les langues apparentées à l’origine commune : l’hébreu, araméen, l’arabe, etc. Plus tard, le terme sémite, purement linguistique, prendra une connotation « racialiste ». Le terme ne désignera plus l’ensemble des langues sémites, mais l’ensemble des peuples sémites de la péninsule arabique, de la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine. Ainsi, à l’origine, que ce soit dans son acception linguistique ou raciale, le terme « sémite » désignait l’ensemble des populations orientales, autrement dit plusieurs peuples sémites, en majorité arabe, et non pas un seul peuple sémite (Juif).
Quant au vocable antisémitisme, il a été élaboré en 1879 par Wilhelm Marr, pour caractériser un discours antijuif. Or, curieusement, l’inventeur du mot antisémitisme est un antisémite notoire. En effet, Marr est l’auteur d’un livre antisémite intitulé « La victoire de la judéité sur la germanité ». De même, paradoxalement, l’idéologie sioniste émerge au même temps que le concept d’« antisémitisme ». Pareillement, étrangement, tout comme les sionistes, Marr plaide pour le transfert de tous les juifs européens vers la Palestine.
Et l’invention du terme antisémitisme, en lieu et place d’antijudaïsme répandu au sein de la société européenne catholique, s’inscrit dans une période impérialiste caractérisée par l’émergence des théories racistes, du darwinisme social, du colonialisme.
En effet, si l’antijudaïsme s’appuie sur une motivation religieuse, l’antisémitisme, lui, se fonde sur des critères raciaux. Ce nouveau concept politique est plus conforme au projet sioniste selon lequel les juifs ne constituent pas, selon la définition traditionnelle de tout temps en vigueur, une communauté religieuse, mais une « race », un « peuple » spécifique. l’« antisémitisme », nouvel instrument du sionisme, servira de tremplin pour concrétiser son projet colonial. Comme le slogan « mission civilisatrice » avait servi d’argument pour justifier et légitimer la colonisation des peuples « sauvages ». Il ne faut jamais perdre de vue qu’en Europe les antisémites sont les meilleurs alliés des sionistes. L’antisémitisme œuvre pour le sionisme et le sionisme se nourrit de l’instrumentalisation de l’antisémitisme. Pis, l’antisémitisme est le frère siamois du sionisme. La preuve par ces citations du fondateur du sionisme, Theodor Herzl, contemporain de Marr : « Les antisémites ont été nos amis les plus fidèles, les pays antisémites sauront être nos alliés ». « Lorsque notre organisation sera connue à travers le monde, les forces antisémites lui feront de la publicité dans les gouvernements, dans les meetings, dans les journaux ».
Au reste, d’entrée de jeu, le vocable antisémitisme revêt une connotation idéologique. Il est frappé d’un vice « ethnologique » rédhibitoire. Car il s’applique à des populations, certes de confession juive, mais aucunement sémites. En l’espèce les Ashkénazes. Avec les Ashkénazes, il y a, en quelque sorte, tromperie sur la marchandise. L’emballage est judaïque, mais le contenu nullement sémitique.
Par calcul politique coloniale, dès la fondation du concept antisémitisme, l’assignation des juifs européens, pourtant descendants des Khazars, au rameau sémitique avait pour dessein de les exclure du tronc civilisationnel européen. Par cette assimilation au rameau « ethnique » sémitique, les judéophobes européens pouvaient, à bon compte, désormais considérer les Européens (Allemands, Français, Polonais, etc.) de confession juive comme des étrangers, des non-européens, justifiant leur bannissement de leur pays, leur expulsion vers leur « terre natale », la Palestine, appuyant ainsi le projet embryonnaire sioniste. Même au prix de la spoliation des Palestiniens de leur terre. Plus tard, au lendemain de la Seconde Boucherie européenne (1939-1945), le soutien apporté par les pays favorables à la création de l’État sioniste n’avait pas d’autre motivation que raciste, « antisémite », antijuive. Cet appui n’était absolument pas mû par des considérations humanitaires, par philosémitisme (les peuples européens furent toujours des antijuifs pogromistes notoires, dont le dernier acte « antisémite » génocidaire a été perpétré lors de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle 6 millions de personnes de confession juive avaient été massacrées partout en Europe). Mais par leur volonté de purifier leurs pays respectifs de leurs concitoyens indésirables de confession juive, de tout temps ostracisés, proscrits, victimes de pogroms.
Tout s’était passé comme si le concept d’antisémitisme avait été fabriqué pour servir d’alibi et de « caution morale » à la nouvelle entreprise sioniste, aux fins de convaincre les juifs d’Europe de s’expatrier vers la terre promise, de partir coloniser la Palestine. L’appropriation abusive et la monopolisation arbitraire du terme sémite par les Ashkénazes (pourtant d’ascendance khazarique, peuple turcique du Nord du Caucase), terme assigné dorénavant qu’aux juifs, fut une opération politique qui s’intégrait dans le projet sioniste tout à la fois de victimisation et de colonisation.
Pour accréditer l’idéologie sioniste, avec la complicité des gouvernants des pays européens accueillant des « citoyens » de confession juive, les premiers représentants du mouvement sioniste s’attachèrent à répandre leur propagande selon laquelle les juifs seraient inassimilables dans les sociétés européennes. Aussi, doivent-ils constituer leur propre État-nation en Palestine (Eretz Israël).
Au reste, bien avant l’émergence du sionisme, des dirigeants politiques européens, notamment Ernest Laharanne, secrétaire de Napoléon III, Lord Palmerston, Premier ministre du Royaume-Uni, plaidaient pour la « restauration » de la présence juive en Palestine pour défendre les intérêts de la « civilisation européenne ». Le fondateur du sionisme, le journaliste autrichien Theodor Herzl, s’inscrit dans le même mouvement idéologique de la mission civilisatrice européenne. Il écrit en 1896 que « nous formerions là-bas (en Palestine) un élément d’un mur contre l’Asie, ainsi que l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie ». Le père fondateur du sionisme dévoile ainsi les véritables fondements et desseins de son entreprise impérialiste : l’installation d’une colonie européenne de confession juive pour être « l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie ». Il n’y a aucune motivation ni dimension religieuse hébraïque.

(A suivre…)
Khider Mesloub

 

 

 

 

 

Il est de la plus haute importance de rappeler que le judaïsme, religion minoritaire millénaire, était au 19e siècle, à la faveur de l’émancipation des juifs opérée en Europe, en voie d’extinction. En effet, par son émancipation, une grande majorité de juifs s’était intégrée, voire totalement assimilée à sa société, son pays « adoptif » (la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Angleterre, les États-Unis, etc.). Jusqu’à l’accession d’Hitler au pouvoir, les processus d’émancipation et d’assimilation des populations de confession juive établies en Europe étaient déjà amplement accomplis. À travers le monde, les juifs s’éloignaient massivement de leur judaïté et s’intégraient dans la société, devenant ainsi des citoyens dotés de la nationalité et pourvus des mêmes droits politiques que leurs « compatriotes » français, allemands, anglais, etc.
Néanmoins, sous l’instigation des sionistes majoritairement athées, cette religion opprimée, de tout temps « apolitique », dépourvue de toute dimension universelle (car elle ne s’adonne plus au prosélytisme), et donc de toute ambition de domination, va se fourvoyer dans l’impérialisme européen triomphant du 19e siècle, et se dévoyer dans la religion colonialiste et raciste prépondérante à l’époque (le christianisme sous toutes ses variantes totalitaires chapeauté par le capitalisme triomphant).
Tout s’était passé comme si, devant le déclin de l’emprise du judaïsme sur ses ouailles converties au capitalisme libéral et libre penseur et, surtout, au socialisme et communisme, réalité illustrée par l’éloignement de la religion ou conversion au protestantisme ou au catholicisme d’une importante frange judaïque, les instances rabbiniques politisées, sous l’impulsion du sionisme émergeant offensif, soucieuses de stopper l’hémorragie religieuse, ont confectionné un dérivatif politique pour réanimer la foi juive au moyen d’une entreprise impérialiste de création d’un foyer juif sur la base du mythe d’une antique nation hébraïque détruite. C’est la naissance du sionisme politico-religieux, antithèse du judaïsme pacifique millénaire, le début de la religion judaïque spirituelle dévoyée vers un projet politique raciste colonialiste, issu de l’impérialisme belliciste et suprémaciste européen.
Dans la mesure où les juifs européens étaient accusés de dissoudre l’identité juive par leur assimilation à la société de leur pays, le sionisme s’est proposé de la sauver par la création d’un foyer national colonial. Un siècle plus tard, Golda Meir, le 21 janvier 1970, déclarera à des juifs américains : « c’est seulement votre immigration en Israël qui peut vous sauver de l’assimilation ».
L’idéologie selon laquelle les populations de confession juive ne peuvent exister qu’en allant tous se concentrer en Palestine, ne peuvent pas vivre dans le reste du monde, est fondée au vrai sur l’idéologie antisémite. Les antisémites ont toujours prétendu que les juifs ne voulaient pas s’intégrer dans les pays où ils vivaient. Le même discours est tenu aujourd’hui à l’égard des musulmans par les descendants des antisémites français, les islamophobes.
En tout cas, de nos jours l’instrumentalisation de l’antisémitisme vise moins à protéger les virtuelles victimes de racisme anti-juif qu’à prémunir le sionisme de la réelle critique. À soutenir Israël.
Une chose est certaine, le sionisme a partie liée avec l’antisémitisme. C’est l’avers et le revers du même phénomène suprémaciste. Le sionisme, idéologie raciste d’essence européenne, inventé par des Ashkénazes athées, est au vrai fondé sur le mépris racial des sémites. Du reste, c’est la raison pour laquelle les juifs orthodoxes ont toujours été antisionistes. Comme l’a déclaré l’historien Yakov Rabkin dans une interview accordée à Pascal Boniface : « Lorsqu’à la fin du XIXe siècle, les sionistes ont appelé les juifs à se rassembler en Palestine dans le but d’y former « une nation nouvelle », cette idée radicale en a rebuté la grande majorité, tant laïcs que pratiquants, qui ont rejeté comme absurde le concept sioniste de la nation, pastiche tardif du nationalisme européen du XIXe siècle. Par exemple, pour le rabbin Isaac Breuer (1883-1946), l’un des penseurs éminents de l’orthodoxie moderne, ce nouveau mouvement politique « est l’ennemi le plus terrible qui ait jamais existé pour le peuple juif. Le sionisme tue le peuple et élève ensuite son corps au trône ». Cette opposition ne s’est guère éteinte de nos jours ».
Le sioniste le plus hypocrite, c’est Theodor Herzl, le père fondateur de cette idéologie suprémaciste mortifère. Theodor Herzl nous est présenté comme un sioniste intègre, attaché à sa judaïté et à la Thora, scandalisé par l’antisémitisme. Au vrai, ce fut un véritable imposteur et un antisémite notoire. Il méprisait les juifs qui observaient la Torah et la tradition juive. Herzl avait des idées antisémites et décrivait les juifs comme porteurs du mal. Pour guérir les juifs de ce mal, il proposera une solution radicale.
Pour « résoudre la question juive », ce journaliste, imprégné de culture allemande et, surtout, affligé de la honte de « soi juif », ira jusqu’à proposer, comme solution radicale, la conversion de tous les juifs d’Autriche au christianisme. Pour ce faire, en 1893, il invitera le Pape de l’époque à baptiser et convertir tous les juifs, lors d’une cérémonie spéciale organisée dans l’église de Saint Stéphane à Vienne.
Dans son journal, Theodor Herzl écrit : « Voici environ deux ans, j’ai entrepris de résoudre le problème juif, au moins en Autriche, avec l’aide de l’église catholique. J’ai demandé l’aide des hauts prélats de l’église autrichienne, afin d’obtenir par leur biais, une entrevue avec le Pape, pour lui dire : « Aidez-nous avec les antisémites, et je déclencherai un mouvement formidable parmi les Juifs, qui se convertiront de façon fière et spontanée au christianisme » ».
Herzl décrit en détails la monumentale cérémonie de conversion qu’il souhaite préparer pour les juifs autrichiens. « La conversion sera effectuée en plein jour, un dimanche midi, dans la cathédrale de Saint Stéphane, par une procession joyeuse au son du clocher. Pas en cachette, selon la coutume des Juifs jusqu’à ce jour, mais la tête haute. Le fait que des leaders juifs qui conservent leur Judaïsme accompagnent leur peuple jusqu’aux portes de l’église, garantira la sincérité de la démarche. Nous, qui avons résisté courageusement, sommes la dernière génération attachée à la fois de nos pères. Mais nous voulions convertir nos enfants au christianisme avant qu’ils n’arrivent à l’âge de la raison, âge auquel la conversion revêt une forme de lâcheté », notait-il.
De manière générale, si l’antisémitisme avait servi d’instrument de manipulation idéologique pour réaliser le projet colonial sioniste en Palestine, depuis quelques décennies il est employé comme arme de neutralisation de tous les combattants antisionistes. En France, l’antisémitisme est devenu une redoutable arme pour étouffer les antisionistes. N’est-ce pas au nom de l’antisémitisme qu’on veut réduire au silence toute critique du sionisme, de l’État fasciste israélien ? Le brandissement systématique du bouclier de l’antisémitisme vise à assimiler toute critique et dénonciation du sionisme et d’Israël à de l’antijudaïsme. L’arme massive dissuasive de l’antisémitisme a été inventée par les sionistes pour neutraliser et criminaliser toute critique et dénonciation politique du sionisme. Pour anéantir tout combat politique antisioniste.
Interviewé par Pascal Boniface sur « les affirmations des responsables institutionnels, des intellectuels communautaires et certains hommes politiques de France, selon lesquelles l’antisionisme n’est que le masque d’un antisémitisme qui n’ose pas ou qui n’ose plus s’afficher au grand jour », le professeur Yakov M. Rabkin a donné cette longue réponse qui vaut son pesant d’or : « Ces accusations sont fausses et cyniques. Fausses parce que le sionisme constitue une rupture dans la continuité historique du judaïsme. Les intellectuels sionistes et les rabbins orthodoxes qui s’y opposent s’entendent sur le fait que le sionisme représente une négation de la tradition juive. Selon Yosef Salmon, expert israélien de l’histoire du sionisme : « Le sionisme a posé la plus grave des menaces parce qu’il visait à voler à la communauté traditionnelle, tant au sein de la diaspora qu’en Eretz Israël [Terre d’Israël], tout son patrimoine, à lui enlever l’objet de ses attentes messianiques. Le sionisme défiait tous les aspects du judaïsme traditionnel : dans sa proposition d’une identité juive moderne et nationale, dans la subordination de la société traditionnelle à des styles de vie nouveaux, et dans son attitude envers les concepts religieux de diaspora et de rédemption. La menace sioniste a atteint chaque communauté juive. Elle était implacable et frontale, et l’on ne pouvait lui opposer qu’un rejet sans compromis ». Comme le montre un autre historien israélien, Noah J. Efron, c’est plutôt la société israélienne qui manifeste des attitudes ouvertement antisémites à l’égard des juifs traditionnels […]. Les accusations qui font l’amalgame entre l’antisionisme et l’antisémitisme sont, en outre, cyniques parce que ce sont les sionistes qui ont accepté la thèse centrale des antisémites selon laquelle les juifs constituent un corps étranger au sein des nations européennes. Depuis le début, il existe une confluence d’intérêts entre les antisémites, qui veulent se débarrasser des juifs, et les sionistes, qui veulent les concentrer tous sur un territoire. C’est à l’État d’Israël que profite avant tout l’antisémitisme, en augmentant sa population juive, en y attirant tous ceux qui se sentent menacés par les antisémites. De nos jours, les leaders israéliens s’inquiètent ouvertement de ce qu’ils appellent « la bombe démographique », c’est-à- dire la perspective que les juifs redeviennent une minorité au sein de l’État sioniste. Pour pallier cette menace, ils ont besoin de l’aliya (immigration de juifs en Israël). Or c’est l’antisémitisme plutôt que l’idéalisme qui encourage d’habitude l’aliya. C’est également l’antisémitisme qui justifie le sionisme, pour lequel l’existence de communautés juives libres et prospères à travers le monde constitue un problème idéologique fondamental ». (…) L’association automatique des juifs à l’État d’Israël est fondamentale pour les sionistes qui, depuis les origines de ce mouvement politique il y a plus d’un siècle, se présentent comme les représentants du peuple juif tout entier. En se proclamant « l’avant-garde du peuple juif dans son ensemble », en parlant « au nom du peuple juif » les sionistes renforcent l’association automatique des juifs avec l’État Israël. Cela ne fait qu’encourager l’antisémitisme dans le monde en tribalisant le conflit et en l’exportant hors des frontières d’Israël. Or il est grave que les juifs – minorité avant tout religieuse que la tradition oblige à la pudeur, la miséricorde et la bienfaisance – soient de plus en plus associés aux images de soldats et de colons armés qui remplissent les écrans de télévision du monde entier ».
C’est avec des arguments des antisémites que les sionistes auront bâti leur « foyer national juif » colonial. Les antisémites prétendent que les juifs ne veulent s’entendre avec aucun peuple, ne veulent pas s’intégrer dans les pays où les vivent. Des arguments cautionnés et repris à leur compte par le sionisme pour justifier la création de la colonie juive en Palestine.
Et c’est avec les mêmes arguments que le sionisme dénigre les combattants antisionistes du monde entier, qui soutiennent que tous les juifs ont leur place dans leur pays d’origine, y compris les juifs établis en Israël, à condition qu’ils abjurent l’idéologie suprémaciste sioniste, qu’ils renoncent définitivement à la colonie israélienne, qu’ils consentent que les Palestiniens recouvrent leur souveraineté sur leur terre.
De même, quand les antisionistes dénoncent l’existence de l’État colonial sioniste, appellent en toute fraternité les occupants juifs, pour mettre un terme à la colonisation du peuple palestinien, à regagner leur « foyer national d’origine », ils sont taxés d’antisémitisme.
« L’antisémitisme », ce concept européen, est le poison dont se nourrit le sionisme pour tromper les juifs, abusés par cette doctrine suprémaciste et belliciste ; pour empoisonner la vie des vrais sémites palestiniens, colonisés et massacrés ; pour accuser les peuples du monde entier d’être antijuifs, pour s’être levés pour combattre le dernier vestige colonial occidental, Israël.
L’écrivain algérien, Tahar Djaout, premier journaliste assassiné au cours de la décennie noire par les islamistes, frères siamois des sionistes, avait dit « Le silence, c’est la mort. Et toi, si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors, dis et meurs ! ».
Avec les sionistes, si on combat Israël, on est accusé d’antisémitisme. Si on soutient, seulement humainement, les Palestiniens, on est accusé également d’antisémitisme. Alors, combattons Israël et soutenons les Palestiniens, quitte à subir les accusations d’antisémitisme.

Khider Mesloub