L’Opep+ maintient le suspense

Report de la réunion ministérielle de l’Opep à jeudi prochain

Le pétrole baisse à nouveau. Il s’échangeait avant-hier, à la clôture de la séance hebdomadaire à 80 dollars, affecté par les spéculateurs qui ne croient pas trop en une réduction majeure des quotas de production de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (Opep) et de leurs alliés non-Opep, après l’annonce surprise du report de la réunion ministérielle du groupe prévue aujourd’hui à Vienne, à jeudi prochain. Un report qui ne semble, toutefois, pas fortuit. L’annonce a été faite deux jours avant l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de quatre jours à Ghaza. Et, depuis, les acteurs du marché pétrolier et du marché financier tentent de décrypter et d’interpréter la signification de l’ajournement de la réunion de l’Opep+ tant attendu depuis quelques jours.

Après avoir spéculé sur un éventuel désaccord entre l’Arabie saoudite, poids lourd du groupe Opep et des pays africains, selon l’agence France presse (AFP), cité par le site spécialisé, leprixdubaril.com, les opérateurs et les acteurs du marché pétrolier et financier se ravisent et voient plutôt une cohésion et solidarité parfaite entre les membres du groupe informel Opep+. Les prix du pétrole sont influencés ces derniers jours par la spéculation sur le maintien inchangé de l’alliance de sa stratégie de production. C’est-à-dire pas de nouvelles ou de grandes baisses des extractions.

D’autres experts tablent sur un prolongement des réductions actuelles ou un durcissement de leur politique de production durant le premier trimestre 2024, ce qui ne suffira pas, selon eux à faire remonter les prix de l’or noir à son plus haut niveau. Ils excluent une reprise solide des cours du pétrole en raison de la hausse, en parallèle, de la production iranienne et des Etats-Unis, ce qui sape les efforts déployés depuis des mois par la Russie et l’Arabie saoudite.

Le volume de réduction individuel et supplémentaire de ces deux poids lourds de l’Opep+, soutenus par l’Irak et les Emirats arabes unis (EAU) décidé jusqu’à la fin 2023 s’élève à 1,6 million de barils quotidiens. Dans le flou et l’incertitude totale. «Les investisseurs patientent, tandis que le marché se concentre sur la prochaine réunion de l’Opep+ du 30 novembre en cours», ont relevé certains analystes.

De son côté l’analyste Tamas Varga, analyste de PVM Energy a estimé dans une déclaration reprise par la même source que «la volatilité augmentera inévitablement vers la fin de la semaine et chaque mot des décisionnaires sera scruté». Il y a lieu de rappeler que l’Opep+ n’hésiterait pas à utiliser le pétrole, considéré comme un baromètre du risque géopolitique, pour faire pression sur les pays Occidentaux qui soutiennent la guerre israélo-palestinienne.
Samira Tk