Mohamed Dib monument de la littérature algérienne

Oran

A l’occasion du centenaire de la naissance de Mohamed Dib, ce monument de la littérature algérienne, un ouvrage a été édité sur son œuvre.
«L’infante maure», «Le Talisman», «Si Diable veut», «Laëzza», «Le maître de chasse», «Neiges de marbre», «Le désert sans détour», «L’Infante maure», «Cours sur la rive sauvage»… Ce ne sont là que quelques-uns de ses romans cités pêle-mêle tant il est difficile de tenir le compte de l’ensemble des titres constituant son œuvre unique en son genre. Et c’est précisément de genres qu’il s’agit dans cet ouvrage collectif rassemblant les actes du colloque de Cerisy consacré à la théâtralisation des genres.
Le lecteur pourra approcher cette écriture par fragments — qui caractérise tant les dernières parutions de Mohammed Dib — et qui participe de cette dimension politique de pratique de l’art d’écrire. Ces fragments ne sont-ils pas une sorte de «produits de bris et de naufrages», a écrit Mohammed Dib quand il a illustré dans «Laëzza» la forme actuelle de visibilité de l’être en général et de l’art en particulier.
Mohammed Dib a été souvent et injustement confiné dans ce que la critique universitaire a appelé la «trilogie Algérie», rassemblant en un seul bloc «L’Incendie», «la Grande Maison» et «le métier à tisser», romans parus entre 1952 et 1957. Pour faire émerger la quête littéraire de Dib, les contributeurs de cet ouvrage ont plutôt choisi d’interroger son œuvre dans sa totalité créatrice et dans son universalité. Ils ont ainsi mis en avant le rapport nouveau qui se dégage entre l’être et sa représentation et le théâtre des genres qui décline des formes nouvelles de visibilité politique et littéraire. L’interrogation majeure a trait à la parole et au pouvoir de nomination dans leurs rapports avec l’imaginaire et les différents réels polysémiques et les constructions dynamiques du sens chez Dib. On y trouve en quelque sorte une pratique politique de la littérature qui introduit sur la scène du commun des objets et des sujets nouveaux.
R.C