«Il faut mettre en place un plan d’investissement local et national»

Mahfoud Kaoubi à la Radio nationale :

Depuis la guerre de l’Ukraine et la crise sanitaire, de nombreuses entreprises ont été délocalisées alors que l’Algérie n’a profité d’aucune opération de relocalisation malgré tout le potentiel dont elle dispose, a estimé l’analyste expert en géo-économie, Mahfoud Kaoubi. Le problème réside, selon lui, «dans notre approche d’investissement qui est un peu particulière et qui nous a coûté en termes de compétitivité et en termes d’attractivité».
Insistant sur le fait que l’Algérie dispose de grande potentialité, M. Kaoubi a souligné que pour attirer les investissements étrangers, il faut que la dynamique soit déclenchée de façon systématique ce qui permettra de mettre en œuvre tous ces avantages et atouts.
Dans cette optique, Kaoubi a souligné l’impératif d’accélérer la mise en œuvre des textes d’application destinés à accompagner la loi fixant les conditions et les modalités d’octroi du foncier économique, relevant du domaine privé de l’État, pour la réalisation de projets d’investissement, et plaider pour la mise en place d’un plan d’investissement local et national. Le texte d’application du Code de l’investissement a mis trop longtemps pour être adopté, a estimé M. Kaoubi lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.
«Personnellement, j’aurais aimé que ce texte soit promulgué au même moment de la promulgation du Code de l’investissement, du fait que c’est un élément qui fait partie de l’acte d’investissement», a-t-il argumenté.
L’intervenant a fait remarquer que cette promulgation intervient une année et demie après la publication du Code d’investissement et le dispositif relatif à la gestion de l’investissement, souhaitant au passage que «sur le plan des opérations et de la mise en œuvre, cette attractivité sera une donnée vécue dans tous les jours et non pas uniquement un ajustement seulement sur le plan juridique».
D’autre part, M. Kaoubi a insisté sur l’impératif de la mise en place d’un plan d’investissement local et national. «Sans ce plan, l’AAPI (L’Agence nationale de développement de l’investissement) va avoir énormément de difficultés pour assumer sa responsabilité du moment que cette opération de gestion du foncier industriel doit se faire en collaboration avec les secteurs concernés et les walis .
Pour lui, l’aspect «organisation «sera le facteur principal dans la réussite ou l’échec de la mission de l’AAPI dans sa gestion du foncier industriel. «Nous avons besoin d’une vision d’ensemble et d’un chef d’orchestre pour agir à travers des instruments, qui sont d’ailleurs cités dans le Code de l’investissement et le Décret relatif à l’AAPI. Cet organisme sera l’instrument avec lequel on peut mettre en harmonie cette logique de répartition sectorielle et cette politique de développement», a-t-il indiqué.
«Ce plan permettra de créer la cohérence entre les objectifs stratégiques, les moyens et les potentialités des territoires. Donc, créer une synergie entre la volonté de l’État, la répartition sur les territoires, ainsi que les demandes et les besoins des investisseurs», a ajouté l’intervenant.
Manel Z.