La patience des supporters

Football

Incontestablement, le football est une « passion planétaire », une sorte de rendez-vous universel, un des rares, voire le seul, éléments d’une culture mondiale, rassemblant des régions, des nations, des générations autour d’un championnat qui recèle de nombreux talents, dont plusieurs franchissent le cap et brillent dans le monde des stars.

Leur jeu s’apparente presque à de la géométrie. «Des schémas de jeu tellement peaufinés, des joueurs si bons physiquement et tactiquement que l’on se croirait parfois dans un jeu vidéo», ainsi le décrivait un professionnel du foot européen. Mais ce que dénoncent les consultants est souvent une sacrée vérité, surtout lorsque la vraie source de valeurs s’évapore alors d’un club comme d’une entreprise. Aujourd’hui encore, les témoins de l’époque se demandent comment et pourquoi, le niveau du football a-t-il chuté.

Kouici revient sur le niveau de jeu
Choqué par le niveau de la rencontre MC Oran – JS Kabylie, Mustapha Kouici ne s’est pas privé de réagir sur sa page Facebook. Il estime qu’au «MCO, les années passent et se ressemblent», pour s’interroger en des termes qui relève du dictionnaire footballistique où est le football académique d’antan que pratiquait des joueurs talentueux. En voyant aujourd’hui le contenu du match je me demande où va l’équipe d’ el Hamri avec des joueurs perdus sur le terrain, sans fond de jeu et commettant sans cesse des erreurs et de poursuivre «Une seule image reflète ce que je relate et que tout le monde a vu, les joueurs mouloudiens en pratiquant le jeu direct avec des ballons balancés vers l’avant. Ceci n’a jamais été la culture footballistique de ce prestigieux club phare de l’Oranie qui a énormément donné au football algérien». «Un constat qui fait appel à la barre technique de ce club pour trouver des solutions radicales avant qu’il ne soit trop tard. Car je considère que le football algérien dans son ensemble a besoin d’un MCO solide, fort et bien structuré. A bon entendeur salut».

Des buts et positiver…
Un autre consultant sur le plateau télé de la chaîne nationale, qualifie la victoire de la JSK du déclic tant attendu, malgré qu’elle ne reflète pas le niveau du jeu. C’est à ce niveau que pourrait se situer la déception des supporters. Il faut espérer que le match prochain face à l’équipe de Ben Aknoun, ils tenteront d’améliorer la prestation, pour marquer et non l’inverse. Dans l’autre rencontre qui avait opposé ASO Chlef a l’US Oued Souf, l’ambiance est techniquement la même, «on a volé aussi bas», l’arbitre de la rencontre surprendra les officiels et supporters, lorsque les 90 +5′ de jeu consommés, l’entraîneur de l’US Souf, annonça le remplacement de deux joueurs, et à ce moment précis, l’arbitre siffla la fin de la rencontre. Ou l’arbitre ignorait la fin de la partie, ou alors a-t-il-voulu juste faire plaisir à ces deux joueurs qui n’ont pu malheureusement toucher la balle. A quoi rime donc l’engouement de millions de supporters pour cette histoire de ballon, de pieds et de but ?

Il faut croire au réveil du foot, sinon…
La saison qui s’apprête à atteindre sa vitesse de croisière, pour un véritable festival offensif, qui devra provoquer cette tentation séduisante, sur le chemin des passions, se laisser prendre au jeu des émotions et en chemin faire partager aux supporters leur enthousiasme, leurs joies au cœur de la beauté du jeu, et surtout des couleurs des gradins où se mêle cette chaleur de discussion entre supporters, qui dénoncent la fermeture de la porte aux grandes phases de jeu ,qui marquent les esprits, et qui font tourner les compteurs des critiques positives, pourquoi pas.

Pourquoi aller au stade ?
Les passionnés ne tolèrent guère de plus en plus d’aller au stade pour une rencontre d’un niveau médiocre ou la technique est absente. Les regards ne sont jamais, ou presque, admiratifs. Mais comme dit l’adage : Pour bien jouer, il faut être deux. Enfin à chaque sortie de stade, vous entendrez souvent des supporters, regard froid sur la rencontre qui n’ont, dans l’ensemble, cure de disserter sur les raisons profondes de leur enthousiasme, alors qu’ils s’épanchent avec plaisir sur les détails d’une partie de foot.

En résumé
«Un match de football est d’abord une histoire, répétitive et singulière tout à la fois, qui se croise avec d’autres histoires, celles d’individus, de collectivités, et si l’on veut rendre compte de sa plénitude, sans doute faut-il commencer par la narrer (partie I). Comme le note justement J. Favret-Saada» (Mme Favret-Saada 1988 ).
H. Hichem