Les essais nucléaires français dans le Sahara algérien

? Un des 5 dossiers qui bloquent pour le moment la visite d’Etat du Président Abdelmadjid Tebboune en France concerne les essais nucléaires français dans le Sahara algérien. La problématique liée à la réhabilitation des deux anciens sites d’essais nucléaires français, à Reggane et In-Ikker, est inévitablement posée à chaque fois que les relations entre l’Algérie et la France soulèvent les questions liées à la Mémoire.
Les autorités françaises refusent d’ouvrir les archives se rapportant aux populations locales concernées et aux combattants de la lutte de libération qui étaient prisonniers et qui ont été utilisés comme cobayes dans ces expérimentations. Il y a urgence dans ce domaine, au vu de l’impact de ces essais sur l’environnement et surtout sur la santé de la population avec des pathologies jusque-là méconnues dans la région et des cas de cancer ou de malformation chez les nouveau-nés.

A la fin 2022, dans un entretien accordé au quotidien français Le Figaro, le Président Abdelmadjid Tebboune a demandé que «la France nettoie les sites de ces essais, vers Reggane et Tamanrasset, où la pollution est énorme», faisant part de son «souhait qu’elle prenne en charge les soins médicaux dont ont besoin les personnes sur place». La question des essais nucléaires a été incluse dans la «Déclaration d’Alger pour un Partenariat renouvelé entre l’Algérie et la France», signée à Alger par le Président Tebboune et son homologue français, Emmanuel Macron, au troisième jour de la visite officielle du Président français en Algérie.

Récemment, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a rappelé à l’occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires (29 août) que «toutes les circonstances ayant entouré ces explosions nucléaires et l’ampleur des effets des radiations qui en ont résulté sur la population de la région ne font aucun doute sur le caractère intentionnel et prémédité de ce crime». Pour le CNDH,»il s’agit d’un crime imprescriptible qui engage une responsabilité juridique».

«Il est plus évident que jamais que le dossier de la mémoire doit continuer à être brandi face à quiconque songerait à l’occulter», a insisté le CNDH, soulignant que «les essais nucléaires, en particulier, demeureront à jamais des crimes imprescriptibles, dont les séquelles ne sauraient être réparées par une quelconque indemnisation, aussi importante soit-elle». Pour rappel, le samedi 13 février 1960, la France effectuait le premier d’une série d’essais atomiques, sous le nom de Gerboise bleue, à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Hamoudia (Reggane), dans le Sahara algérien, alors sous son occupation coloniale…
L. A