Générale de la pièce «Ikhef Nousgas» (le Nouvel an) captive le public

Théâtre régional Salah Lembarkia de Batna

La générale de la pièce de théâtre «Ikhef Nousgas» (le Nouvel an), produite par le Théâtre régional Salah Lembarkia de Batna, donnée mercredi après-midi à la Maison de la culture Mohamed Laïd Al Khalifa, a captivé le public.
La performance des protagonistes de la pièce, dont la mise en scène et la scénographie sont signées Ali Djebara, ont su capter l’attention de l’assistance, constituée principalement de familles, dont les yeux n’ont pas quitté la scène une heure et 10 minutes durant.
L’œuvre, une succession de tableaux comiques, mais d’une portée profonde – s’est attachée à faire adhérer le public à la nécessité de respecter les coutumes des aïeux, les traditions ancestrales et le patrimoine culturel, riche et diversifié, de la société algérienne.
«Ikhef Nousgas», interprétée en tamazight dans sa variante chaouie, raconte l’histoire d’une famille de la région dont les trois filles se préparent à fêter le nouvel an du calendrier grégorien, sauf que la mère n’est pas du tout d’accord et s’oppose fermement au projet.
La matriarche exige, en effet, que la célébration soit, cette fois-ci, celle du Nouvel an amazigh (Yennayer, ou Yennar tel qu’appelé à Batna et sa région), à la manière des parents et des grands-parents, et non plus selon des coutumes étrangères.
La mère (interprétée par Souad Khelfaoui) et son mari (Ryad Lounansa) y vont d’un dialogue avec leurs trois filles, un échange savoureux et passionnant, constellé de mots d’esprit qui provoquent des éclats de rire dans la salle.
Les parents s’évertuent à expliquer l’importance de la décision de faire renaître Yennayer et sa dimension profonde consistant à retourner aux origines et à préserver l’héritage culturel et civilisationnel de la société.
Le spectacle, écrit par Messaoud Hedjira, est (d’un avis unanime) remarquablement servi par une musique composée par Hammoudi Amara, musicien et professeur à l’Institut régional de formation musicale de Batna, et dont c’est la première expérience avec le TR Batna. Le metteur en scène, Ali Djebara, a indiqué à l’APS que cette œuvre, produite et présentée à l’occasion de la célébration de Yennayer, «tente de mettre en évidence le rôle central de la mère dans la consolidation de nos valeurs et la préservation de nos us et coutumes, en les faisant revivre chez les enfants pour garantir leur transmission aux générations futures».
Le public a longuement acclamé les interprètes d’ «Ikhef Nousgas», une pièce exceptionnellement donnée sur la scène de la maison de la Culture Mohamed Laïd Al Khalifa, la salle du TR Batna étant temporairement fermée pour cause de prochaine réhabilitation.
La pièce sera présentée jeudi à T’kout, dans le cadre du programme local de célébration du Nouvel An amazigh, puis dans les wilayas d’Oum El-Bouaghi, de Khenchela, de Tizi Ouzou, de Béjaïa, de Bouira, d’Alger et de Tipaza, dans le cadre d’une tournée, selon le directeur du TR Batna, Mounir Boumerdas.
«Ikhef Nousgas» est produite en tamazight, mais également en langue arabe pour permettre au public d’en profiter à travers l’ensemble du pays, a ajouté M. Boumerdas.
R.C