Le côté « clinquant » lié au show biz et au monde politique (III)

Les dessous de l’affaire Epstein

Tout le monde en parle. L’affaire Epstein est devenue un scandale planétaire qui secoue le monde de la politique et du show biz américain. En effet, la juge fédérale du district de New York, Loretta Preska, a jeté un pavé dans la mare en rendant publics le 18 décembre dernier les documents officiels comportant les quelque 180 noms qui composent la Blacklist des clients et amis de Jeffrey Epstein. Des noms de renommée internationale figurent sur cette liste, provenant non seulement du monde du divertissement, mais aussi de la politique et de certaines familles royales.
Epstein a été embauché pour travailler pour Bear Stearns en 1970 par Alan Greenberg, un autre membre du groupe Mega. Alan Greenberg était une figure marquante de Wall Street en tant que PDG de la banque Bear Stearns qui, sous sa direction, était passée de simple maison de courtage à l’une des banques d’affaires les plus puissantes de la célèbre rue new-yorkaise. 2008 a été la descente aux enfers pour cette banque qui a été rachetée par JPMorgan. Les 14 000 jeunes requins ambitieux que Greenberg avait recrutés pour travailler dans sa banque ont tous été licenciés mais Greenberg n’a pas perdu un centime puisqu’il avait vendu toutes ses actions avant qu’elles ne soient décotées de 93%. Un vrai visionnaire, ce Greenberg. Ça ne l’a pas empêché d’être vaincu en 2014 par un cancer du côlon.

Les liens directs avec Israël
Le 30 octobre 2001, Edgar Bronfman Sr. a prononcé un discours au Théâtre de Jérusalem, ouvrant la 11e Assemblée plénière du Congrès juif mondial, dans lequel il a appelé à une solution finale à la crise israélienne. Il a appelé à la construction d’une clôture entourant le territoire palestinien, dont la taille et la forme seraient déterminées par Israël, déclarant que « Les colonies de Cisjordanie qui ne peuvent pas être défendues devraient être démantelées ». Ce projet de séparation unilatérale était surnommé par ses partisans : « une guerre puis un mur ». Bronfman a présidé sa dernière session en tant que patron du Congrès juif mondial en exigeant qu’Israël lance une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Cet appel à la guerre de Bronfman n’a pas été lancé uniquement en sa qualité de président du CJM. Il a surtout été lancé au nom du puissant Mega Group.
L’un des autres centres de pouvoir du Mega Group est la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, dont le vice-président, Malcolm Hoenlein, a été consultant sur un certain nombre de projets du Mega Group. Le président de la Conférence est William Daroff qui a succédé en 2019 au magnat du parfum Ronald Lauder. Daroff a été nommé l’un des 50 Juifs les plus influents d’Amérique par le journal The Jewish Daily Forward. Le groupe de coordination qu’il préside et qui représente plus de 50 groupes communautaires juifs allant de la droite à la gauche de la vie juive américaine, bénéficie d’un accès sans précédent aux plus hauts dirigeants d’Israël, mais aussi auprès du Congrès et auprès de l’administration présidentielle des Etats-Unis. La conférence qui s’est tenue fin février 2022 à Jérusalem réunissait les grosses pointures du gouvernement israélien précédent, tels que Naftali Bennett, Isaac Herzog, Yair Lapid, Benny Gantz, Gideon Sa’ar, Benjamin Netanyahu alors chef de l’opposition, le lieutenant-général Aviv Kochavi, à l’époque chef d’état-major de l’armée israélienne, et l’ex-ambassadeur américain en Israël Thomas Nides.
Malcolm Hoenlein est considéré comme le président officieux de la communauté juive américaine. À ce titre, il a servi d’interlocuteur entre les responsables des gouvernements israéliens et américains. Il a également défendu les intérêts juifs et israéliens auprès des dirigeants étrangers du Moyen-Orient, de la région européenne de la Méditerranée orientale et de l’Asie centrale. Au cours des dernières années, la Conférence s’est tenue en Grèce, à Chypre, aux Émirats arabes unis, au Maroc, en Égypte, en Jordanie et en Arabie saoudite. Depuis les années 1990, l’une des principales priorités de Hoenlein a été de réchauffer les relations avec les États du Golfe. En 2020, ses efforts ont porté leurs fruits avec la signature des Accords d’Abraham. Les membres du Mega Group dominent également le conseil d’administration du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), le groupe de réflexion semi-officiel du lobby israélien à Washington, qui a fait pression en faveur d’une guerre totale contre l’Irak, mettant en application la thèse de la « guerre contre le terrorisme ». Le fondateur de WINEP, Martin Indyk, a commencé à travailler comme directeur de recherche adjoint pour l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), ce qui l’a propulsé dans l’administration Clinton en tant que secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient. Il a été deux fois ambassadeur des États-Unis en Israël (1995-1997 et 2000-2001). Il est actuellement un membre du Council on Foreign Relations. Les membres Mega du conseil d’administration de WINEP comprenaient, à partir de 1999 : Charles et Edgar Bronfman, Max Fisher, Harvey Meyerhoff (homme d’affaires, collecteur de fonds et « philanthrope » américain, il était président du conseil d’administration de l’hôpital Johns Hopkins, président fondateur du Musée commémoratif de l’Holocauste des États-Unis, et président émérite de l’Institut Johns Hopkins Berman de bioéthique), Charles Schusterman (homme d’affaires et « philanthrope » américain, fondateur de Samson Investment Company, une société pétrolière et gazière privée qui avait investi dans des champs pétrolifères aux États-Unis, au Canada, au Venezuela et en Russie. Décédé, il a été remplacé dans Mega par son épouse Lynn) et Michael Steinhardt (homme d’affaires américain directeur d’un important fonds de pension, proche du président du conseil d’administration de la fondation Jewish Life Network, réseau de télévision dont l’objet est de renforcer l’identité juive parmi les juifs séculaires et non-orthodoxes aux États-Unis. Collectionneur, il a été accusé d’acheter des antiquités à des trafiquants. Il a fait l’objet de perquisitions et un accord passé avec le procureur de l’État de New York lui a permis d’échapper à une inculpation en échange de la restitution de plus de 180 œuvres d’art volées dont la valeur était estimée à plus de 70 millions de dollars).
Preuve supplémentaire des liens de tous ces « philanthropes » avec l’entité sioniste d’Israël, quelque temps après avoir prêté serment en tant que Premier ministre israélien en mars 2001, Ariel Sharon a tenu une réunion privée en Israël avec Leonard Abramson, membre du Mega Group et fondateur de US Healthcare, un « philanthrope » majeur de la région de Philadelphie. Lors de la réunion, un plan a été élaboré pour lancer une offensive de propagande au nom des faucons de guerre israéliens. De retour aux États-Unis quelques jours plus tard, Abramson a rencontré Edgar Bronfman et Michael Steinhardt, ses comparses du Mega Group, où les trois hommes ont décidé de lancer le projet « Emet » (« vérité » en hébreu). Il s’agissait d’une opération de recrutement pour créer une génération d’agents d’influence israéliens aux États-Unis et au Canada. Abramson, Steinhardt et Bronfman ont engagé 7 millions de dollars comme fonds de démarrage, renforcé par une première contribution d’un million de dollars du ministère israélien des Affaires étrangères.
Le 17 août 2001, soit un mois avant les attentats de New York, le Jerusalem Post a révélé que le projet « Emet » du Mega Group visait au recrutement et à l’endoctrinement d’une génération de « sayanim » nord-américains, « les aides d’Israël » ou agents dormants, susceptibles de devenir des espions, selon l’ancien officier du Mossad et auteur Victor Ostrovsky. En juillet et août de cette même année, 40 étudiants provenant de 27 campus aux États-Unis et au Canada ont passé trois semaines à l’Université de Tel Aviv, recevant une formation pour servir de porte-paroles de la propagande du gouvernement Sharon. L’un des plus grands promoteurs du projet Emet était le président de l’Organisation sioniste d’Amérique, Morton Klein, président de l’Organisation sioniste d’Amérique et l’un des cinq principaux dirigeants juifs des États-Unis, un faucon de guerre qui s’est également engagé dans une collaboration étroite avec les sionistes chrétiens, les évangélistes, partisans acharnés d’une guerre de religion au Moyen-Orient. On ne peut que constater à quel point des lobbys sionistes comme le puissant Mega Group rejoignent l’idéologie des Straussiens, et l’on peut dire sans se tromper qu’il y a interconnexion entre ces personnages depuis des décennies, puisque l’on a vu Paul Wolfowitz et Richard Pearle, dit le Prince des ténèbres, pousser les administrations Bush père et fils à s’engager dans les guerres d’Irak et du Projet sioniste pour un nouveau siècle américain, le PNAC du straussien Robert Kagan, époux de Victoria Nuland, l’adjointe d’Antony Blinken, beau-fils de Samuel Pisar vu au début de cet article. Israël avait besoin de la guerre en Irak, de là à penser que les attentats du 11 septembre 2001 à New York et au Pentagone ont été mis en œuvre par Israël, il n’y a qu’un pas. Mais ceci est une autre histoire. Pour terminer, l’ancien officier des renseignements israéliens, Ari Ben-Menashe, a déclaré qu’Epstein représentait un « pot de miel » pour le Mossad. On veut bien le croire sur parole quand on voit le nombre de personnalités impliquées dans ces affaires de sexe avec des mineures et susceptibles d’être manipulés en faveur d’Israël. Jeffrey Epstein et l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak étaient partenaires commerciaux dans une entreprise technologique, l’équipe de direction de l’entreprise étant composée d’anciens membres des services de renseignement israéliens. Epstein a eu plusieurs réunions avec Ehud Barak dans son appartement de New York. Les Wexner a donné 2 millions de dollars à Ehud Barak en 2004 pour des recherches non précisées. Barak dit qu’il a été présenté pour la première fois à Epstein par l’ancien Premier ministre israélien Shimon Peres, lequel avait prononcé un éloge funèbre lors des funérailles de Robert Maxwell. La conclusion est claire : Jeffrey Epstein menait une opération de chantage en faveur d’Israël, soutenu par des sionistes très puissants et interconnectés ayant des ramifications jusqu’au sommet du gouvernement israélien mais aussi dans l’administration présidentielle américaine, autant démocrate que républicaine. Epstein a été présenté au Mossad par le père de Ghislaine Maxwell, Robert Maxwell, qui travaillait comme agent israélien. Le Daily Mail a rapporté des détails similaires, soulignant que le document non scellé a ravivé les soupçons sur les liens d’Epstein avec le Mossad. Une amie des Maxwell, Laura Goldman, a en outre déclaré qu’elle croyait non seulement que Robert Maxwell était un espion du Mossad, mais que Ghislaine avait pris la relève. Il s’avère que Jeffrey Epstein n’était pas qu’un sioniste obsédé par le sexe et l’argent, et qui œuvrait pour le gouvernement israélien à travers ses services de renseignement, il était avant tout un suprémaciste juif sioniste, pareil à ceux que l’on voit aujourd’hui massacrer en toute impunité le peuple palestinien. Lui et Ghislaine Maxwell, selon le témoignage de Maria Farmer que nous avons citée plus haut, pensaient, à l’instar de leurs amis oligarques du Mega Group, être d’une « race » supérieure à celle de tous les autres, ce qui leur permettait d’abuser sans problème des jeunes filles « goys », considérées comme des sous-humains. C’est la même idéologie infecte, jumelle du nazisme, que l’on voit à l’œuvre depuis 75 ans en Palestine occupée et qui permet de pratiquer aujourd’hui un véritable génocide à l’encontre de la population palestinienne à Gaza. Le cas Epstein est la mauvaise surprise pour la pieuvre tentaculaire qui n’attendait pas un tel éclairage sur ses nombreuses malversations au plus haut niveau de l’empire. Le public en est-il conscient ? Rien n’est moins sûr, car la presse internationale aux mains des mêmes mafieux sionistes s’entend pour réduire les véritables enjeux à un simple scandale sexuel dont les principaux acteurs ne sont pas ceux qui s’activent en pleine lumière et que l’on a effacés de la scène avant qu’ils n’en disent trop, les maîtres du monde préférant s’activer dans l’ombre et ne montrer d’eux que leur prétendue « philanthropie ».
A suivre…
Mohsen Abdelmoumen