Les exportations hors hydrocarbures doivent être soutenues au mieux !

Il faut créer plus de zones libres et renforcer la flotte navale commerciale… selon l’IGF

Les exportations hors hydrocarbures sont en plein essor grâce aux facilitations multiples prises par l’Etat en faveur de la production nationale et des entreprises exportatrices. Ces mesures ont permis, certes, de stimuler la production ainsi que les exportations hors hydrocarbures, mais il reste néanmoins, d’importants défis à relever, en particulier, le développement d’infrastructures diverses et des structures commerciales.
Dans ses recommandations présentées, avant-hier, lors d’un colloque organisé, à Alger, sur l’activité de l’exportation hors hydrocarbures, l’inspection générale des Finances (IGF), relevant du ministère des Finances, dont l’une des missions principales est d’évaluer et suivre des politiques nationales visant à promouvoir les exportations hors hydrocarbures, a mis l’accent sur «l’impératif de créer davantage de zones libres et de plate-formes dédiées à l’exportation, de renforcer la flotte navale commerciale de l’Algérie, de sensibiliser les exportateurs à l’importance des certificats de conformité aux normes internationales de qualité, outre la diversification des produits exportés notamment dans les domaines minier et des matériaux de construction».
Des cadres de l’IGF ont présenté, lors de cette rencontre, présidée par le ministre des Finances, Laaziz Faid, «une évaluation des politiques publiques visant à promouvoir les exportations hors hydrocarbures en Algérie», mettant en avant les efforts déployés par les autorités nationales, ces dernières années, en faveur du développement des exportations hors hydrocarbures.
«Ces dernières ont réalisé «un développement sans précédent, qu’elles ont connu ces dernières années «ont affirmé les mêmes cadres, s’appuyant sur des chiffres. La valeur des exportations hors hydrocarbures est passée, selon eux de «5,05 milliards de dollars en 2021 à 6,59 milliards de dollars en 2022, alors qu’elle n’avait pas dépassé les 3 milliards de dollars les années précédentes».
Cette dynamique des exportations hors hydrocarbures est soutenue par «les facilitations et incitations décidées au profit des exportateurs par l’Etat, ce qui a contribué à augmenter le nombre d’opérateurs activant dans l’exportation de 2.223 en 2017 à 5.502 en 2022, par rapport au recul progressif du nombre d’importateurs», précisent les intervenants qui ont insisté sur l’impératif de redoubler d’efforts afin de renforcer les exportations hors hydrocarbures à travers la poursuite de la mise en œuvre des réformes, le renforcement des infrastructures de transports, la création des zones de libre-échange commerciale, et le respect des normes et des standards internationaux de qualité des produits.
Un avis que partage le ministre des Finances qui a, réitéré l’impératif de prendre en charge les recommandations obtenu de son travail d’évaluation des politiques nationales visant le développement des exportations hors hydrocarbures, estimant que cette question «revêt un aspect stratégique évident pour l’Algérie, et permettra d’identifier les lacunes et les obstacles liés à la diversification de l’économie nationale». L’évaluation de la mise en œuvre des réformes et des politiques publiques se fait régulièrement par le Gouvernement, soucieux de parvenir à une meilleure gouvernance publique. Cette mission figure parmi les principales priorités de l’IGF.
«La concentration sur l’évaluation des politiques publiques est au centre du champ d’application des principes consacrés dans la loi organique relative aux lois de Finances, entrée en vigueur l’année passée».
«Et ce cadre juridique se focalise, de manière explicite, sur l’évaluation des politiques publiques pour pouvoir exploiter les ressources publiques de manière optimale et atteindre les objectifs tracés par les autorités publiques», a expliqué M. Faid, assurant que «la même loi est intervenue pour concrétiser la modernisation des systèmes budgétaires, marquant un changement de qualité dans l’élaboration et la mise en œuvre du budget de l’Etat basé sur les résultats et soumis aux mécanismes de contrôle».
La réforme du secteur financier et économique, en particulier, est nécessaire pour diversifier l’économie nationale. Les mesures incitatives et facilitations prises, dans ce sillage, visent sur le plus long terme, à garantir le développement de la base productive nationale, les voies des exportations hors hydrocarbures ainsi que les sources de financements. A travers ces réformes accélérées, l’Etat vise à s’affranchir de sa dépendance à la rente pétrolière. Pour ce faire, il a mis en place des politiques publiques efficaces et plans d’action conséquents en vue de planifier et d’accélérer la diversification de l’économie nationale qui repose depuis longtemps sur l’important secteur des hydrocarbures. La diversification devient primordiale avec un marché énergétique plus restreint et un monde en pleine mutation technologique.
Samira Takharboucht