Le syndrome de la déconcentration et de la déconnexion

Echanges et débats à l’heure d’aujourd’hui

Les jeunes qui ont le devoir d’écouter les aînés pour recevoir ce qu’ils doivent perpétuer ne peuvent plus être sollicités sous prétexte qu’ils sont trop pris par les mss, e-mail, face book, et à longueur de journée, ils se livrent à la communication par internet, oubliant tous ceux qui gravitent autour d’eux si bien que les générations ne se parlent plus. Chez les femmes, la situation est moins grave, sauf rares exceptions, les jeunes filles ont de meilleurs rapports avec leurs mamans. Et parmi les mères il y en a qui jouent pleinement leurs rôles et elles tiennent toujours à se faire obéir. De plus le monde des femmes est tout autre. Parmi elles, il y a celles qui s’abrutissent, elles n’apprennent rien au cours de leur vie de mères, elles sont esclaves des tâches ménagères : s’occuper des enfants, faire des lessives interminables, cuisiner du matin au soir, le soir elles sont épuisées et n’aspirent qu’au repos et comme ça toute la journée et toute la vie, elles n’ont rien appris.
Mais d’autres, plus malines font moins d’enfants et trouvent toujours moyen de mieux s’organiser pour avoir quelques moments de liberté pour se retrouver avec les autres femmes, surtout les plus vieilles qui leur apprennent beaucoup de secrets sur la manière de mieux organiser sa vie de famille. Au contact des vieilles et au fil des décennies, elles retiennent ce qu’il y a de meilleur, les histoires, toutes les légendes anciennes, les proverbes, les poésies qui font la sagesse populaire. Toute leur vie, ces femmes ont répandu à leur tour, autour d’elles, ce qu’elles ont appris de meilleur. Elles ont semé à tous vents et partout, on les a trouvées admirables tant elles apprennent toujours quelque chose avec elles. Aujourd’hui face au phénomène de la déconcentration, l’élément féminin est beaucoup plus à l’écoute des autres, contrairement aux garçons totalement déconnectés par rapport au patrimoine culturel et à la réalité.

Déconcentration et déconnexion par rapport aux œuvres culturelles
Mis à part quelques exceptions, personne parmi les jeunes garçons et les vieux ne s’intéresse aux musées, aux sites archéologiques, aux tableaux de peinture, à la lecture d’œuvres littéraires, y compris les œuvres nationales. Ils n’ont pas appris à visiter les lieux qui donnent à voir des objets anciens liés à notre légende des siècles. Dommage ! Car ces objets historiques que nous retrouvons, nous donnent des indications sur nos origines et si nous continuons à leur tourner le dos, ils feront partie des oubliés. Pourtant que d’histoires ils peuvent évoquer si on les observe bien et si on les fait parler. Et que de fois on a découvert de nouveaux vestiges, des pièces de monnaie appartenant à d’autres civilisations, des grottes méconnues et jamais visitées.
Le même sort sera réservé aux livres qu’on ne se donne même pas la peine de regarder lorsqu’on passe devant la vitrine de la librairie. Il ne s’agit pas de déconcentration mais de déconnexion par rapport aux livres. Ce phénomène est dommageable pour la culture individuelle et collective. Il y a une grande diversité de domaines dans les livres, il y en a pour tous les niveaux et toutes les disciplines.
La lecture bien concentrée de roman peut être d’un immense profit : il développe les qualités intellectuelles : la mémoire, l’intelligence, la concentration, la réflexion et l’imagination ; de plus la lecture nous fait acquérir le vocabulaire, les tournures de phrases, l’orthographe et dans n’importe quelle langue. Normalement c’est tous les jours qu’il faut garder le contact avec la lecture pour que celle-ci porte ses fruits. Ainsi c’est de cette façon qu’on élève son niveau de culture. On définit la culture comme ce qui reste lorsqu’on a tout oublié. Qu’est ce qui reste lorsqu’on a tout oublié ? Il reste les capacités de raisonner juste, de parler raisonnablement et sans bavures, c’est être maître de soi et savoir répondre juste aux sollicitations de l’environnement.
(Suite et fin)
Abed Boumediene