Déclenchement anticipant du Plan national de lutte contre les feux de forêts

Saisonniers, 25 appareils aériens, drones, pistes forestières et points d’eau

«Nous avons avancé la date de l’application du Plan national de la lutte contre les feux de forêts d’un mois en raison du réchauffement climatique, et avec l’accord du Premier ministère et celui des Finances, nous allons recruter des saisonniers afin de renforcer la vigilance et la prévention et, de ce fait, réduire les pertes causés par les feux de forêts qui, signalons-le, ont entraîné 4,5 milliards de dinars de perte durant l’année 2023», a annoncé, hier mardi, le délégué général aux risques majeurs au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, en l’occurrence Hamid Afra lors de son passage sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne.
L’hôte de l’émission l’«Invité du matin» a, également, fait une autre annonce, celle de la décision de l’entrée en vigueur précipitamment du Plan national anti-feux de forêts, «il a été avancé d’un mois car, d’habitude la date de son application est engagée le 1er juin de chaque année mais, pour ce qui est de cette période 2024, il a été avancé au 1er mai en raison des changements climatiques qui se déroulent dans le monde, dont nous devons s’adapter avec», a avisé Hamid Afra.
Parlant du Plan national de lutte contre les incendies de forêts prévu pour cette année, le délégué général aux risques majeurs au ministère de l’Intérieur a fait état de la tenue de deux Conseils interministériels en l’espace de deux mois seulement sur ce sujet, «ce qui reflète le grand intérêt que porte l’État à la lutte contre les feux de forêts devenue, également et surtout, une source d’inspiration pour les criminels pour s’en prendre et s’attaquer au pays», a fait observer Hamid Afra. «Un Conseil interministériel, présidé par le Premier ministre, s’est tenu, avant-hier lundi, au sujet de la prévention et de la lutte contre les feux de forêts. Il s’agit du deuxième Conseil interministériel après celui du 26 mars dernier, au cours duquel, le Plan national de lutte contre les incendies de forêts a été examiné. Ce Plan comprend de nombreuses actions préventives, notamment l’ouverture des pistes forestières et la réalisation des points d’eau et des aires d’atterrissages pour les moyens aériens», précise le délégué général chargé des risques majeurs au ministère de l’Intérieur.
Sur les ondes de la Chaîne III et à travers l’émission de l’«Invité du matin», le responsable auprès du ministère de l’Intérieur a révélé la mobilisation, pour cette année 2024, de 25 appareils aériens ainsi que des drones de détection. «Nous avons renforcé nos moyens aériens pour la quatrième année successive pour être plus présents sur le terrain et mieux lutter contre les feux de forêts», a indiqué Hamid Afra. Au total, «12 sur 13 appareils, voire avions bombardiers sont déjà opérationnels après les avoir réceptionné progressivement, dont six ont déjà été réceptionnés à l’aéroport d’Alger, le septième arrivera au quatrième trimestre de cette année, tandis que six autres appareils ont été affrétés dans le cadre de l’exécution du plan national anti-incendies», a fait état Hamid Afra lors de l’émission de l’«Invité du matin». Mieux, le même responsable a rappelé l’existence de 12 autres appareils aériens chargés de lutter contre les feux de forêts, «si l’on ajoute les moyens déjà existants, à savoir six hélicoptères de la Protection civile et cinq autres appareils du ministère de la Défense nationale, sans oublier le Beriev acquis et qui a une capacité de 12.000 litres d’eau, cela fait une flotte de 25 appareils aériens mobilisés cette saison pour lutter contre les incendies, sans oublier la mobilisation des drones qui sont également utilisés pour la détection des incendies», a assuré et rassuré Hamid Afra. Concernant l’eau, le chargé des risques majeurs au sein de la tutelle a été rassurant en disant : «Nous comptons 12 barrages éligibles à l’écopage, car disposant d’un plan d’eau d’une longueur d’au moins 500 mètres, une condition pour qu’un avion puisse s’y ravitailler. Il y a aussi les bassins d’eau réalisés dans les massifs forestiers et l’eau de mer disponibles le long de la côte», dira Hamid Afra.
Avant de conclure son intervention à l’émission matinale de la Chaîne III, le délégué général au ministère de l’Intérieur a révélé que la plupart des incendies sont d’origines criminelles, «c’est pourquoi, la loi qualifie de crime terroriste l’acte volontaire d’incendier et le traitement de ces affaires se fait au niveau du pôle spécialisé de Sidi M’hamed», a-t-il souligné.
Sofiane Abi