«Le football africain a toutes les capacités pour être le meilleur»

Hédi Hamel :

Sa carte de visite atteste des postes de responsabilités qu’il avait occupés au sein de la Confédération africaine de football et de la Fédération internationale de football. Il est d’abord journaliste, puis conseiller de l’ex-homme fort de la CAF, Ahmad Ahmad, membre de la Commission des médias CAF et FIFA et instructeur FIFA pour la communication et médias.
Dans cet entretien exclusif accordé au site «La Gazette du Fennec», riche en information et révélations, Hedi Hamel estime que le football africain est à la fois un football d’avenir, mais il est aussi éminemment affecté par de hautes tensions et par une crise «que je dirai périphérique sur le monde du football». Ses analyses mettent pleins feux sur ce qui secoue ce sport, il le dit sans hésiter et sans bégayer, c’est comme ce chirurgien qui connait au détail près l’anatomie d’un être humain.
Le foot africain jusqu’à laisser filer des jeunes espoirs
Pour lui, «le football africain est connu. Il a des valeurs spectaculaires, des valeurs d’intelligences, c’est même, dira-t-il, le meilleur du monde», et d’enchaîner par la suite sur la qualité des joueurs africains qui est, estime-t-il, inné. C’est l’attraction, la qualité technique, la finesse qui le caractérise». Est de poursuivre en citant Zizou, Madjer ou encore Mahrez qui sont des joueurs d’un très haut niveau.
Ce qui le déçoit aujourd’hui, c’est les différentes crises qui secouent le football africain jusqu’à laisser filer des jeunes espoirs de 12 et 13 ans à changer de continents pour des sommes ridicules, misérables qui oscillent entre 2000, 3000 ou encore 5000 dollars. Les clubs étranger savent marketer, acheter et vendre ensuite des joueurs. C’est pour eux un marché juteux. «Il est urgent, estime-t-il, la CAF doit sauver et protéger les joueurs africains».
«Au niveau des commissions, notre pays n’est pas assez représenté»
Abordant la question de la chaise vide au sein de la CAF, Hamel estime : qu’il «faut une émergence d’une génération de jeunes dirigeants au niveau des clubs algériens ! Il faut qu’il y ait des présidents des directeurs exécutifs des responsables d’administration centrale des clubs. C’est dans ce bastion et cet environnement là qu’on doit repérer et investiguer de plus en plus en profondeur la qualité des jeunes générations de dirigeants qui ont la passion à la fois du football, mais qui ont la compétence de gérer et de cogérer un club. C’est là qu’est le vivier qui doit enrichir la CAF. Il y a plusieurs commissions et malheureusement notre pays n’est pas assez représenté […]»
Pas d’Algériens dans les commissions
Pour qu’il y ait plus d’Algériens dans les Commissions, il faut qu’ils soient connus, s’expriment et soient visibles sur le plan de l’attraction quotidienne. Je ne connais pas tous les présidents de club de Ligue 1 et 2». D’autre part, en évoquant la candidature de Djahid Zefizef, ancien président de la Fédération algérienne de football, Hamel reconnaît son expérience et son parcours remarquable. Toutefois, il souligne également l’importance pour les futurs candidats algériens de s’investir davantage dans les relations internationales, en établissant des liens solides avec les fédérations africaines.
«Il faut voyager, rencontrer,
créer des amitiés»
«Je pense que Djahid Zefizef est une personne de qualité qui a un parcours connu, notamment en tant que patron des délégations algériennes lors de nombreuses circonstances, y compris les deux dernières Coupes du Monde auxquelles l’Algérie a participé. Il a fait ses preuves. Maintenant, sur le plan international, peut-être que Djahid n’a pas eu le temps de mener une campagne comme il l’aurait souhaité. Il y a 53 pays à visiter, à contacter, à approcher, afin d’établir des relations solides avec la représentation africaine. La prochaine fois qu’un candidat algérien se présentera, il devra d’abord s’imprégner de l’ambiance typiquement africaine, voyager au cœur de l’Afrique, rencontrer, échanger, et créer des amitiés avec les présidents de fédération de divers pays africains. C’est ainsi que les dirigeants algériens peuvent émerger et gagner des places dans les instances internationales».
Ce que Hamel dit du dossier
USMA – RSB
«Indiscutablement il y a des soupçons de provocations, on ne débarque pas avec des maillots «ornés» de carte de géographie, cela n’existe nulle part ailleurs, dans aucune discipline sportive. Ceci est strictement interdit par les textes réglementaire… de la FIFA et de la CAF. Ce qui s’est passé, est tout simplement contre l’éthique sportive de la FIFA et même de la CAF. Je m’interroge, d’ailleurs, où est passé la Commission de l’éthique de la CAF ? Pourquoi a-t-elle été supprimée ?»
En conclusion, il s’interroge sur le comportement du Commissaire du match. Pourquoi a-t-il déclaré le forfait alors qu’il y a une réglementation bafouée…
Et ensuite, pourquoi n’a-t-on pas respecté la légalité des codes et lois du football ? La méthode appliquée est fondamentalement illégale. «Il fallait d’abord, dira-t-il, vérifier qu’il y a absence d’une équipe sur le terrain, mais il n’a pas déclaré forfait sur le terrain. Les arbitres n’étaient pas aussi sur le terrain. Il aurait, croit-on savoir, même interdit aux quatre arbitres de sortir, de quitter les vestiaires.
Il faut restituer le scénario de A à Z pour voir ce qui s’est passé» et d’ajouter que tout cela ne devrait pas trop poser de problèmes au magistrat et aux juges pour donner raison à l’USM Alger.
Synthèse de H. Hichem