Un défi à la portée de l’Algérie !

PIB à 400 milliards de dollars

Depuis ce 1er juillet 2024, l’Algérie est classée comme un pays a revenu intermédiaire de la tranche supérieure et non plus comme un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure comme c’était le cas auparavant.

Ce nouveau classement fait suite à la nouvelle mise à jour de la Banque mondiale (BM) des économies de ses pays membres. Cette information donnée sur le site du ministère algérien des finances précise que le Revenu national brut (RNB) par habitant est passé de 3.900 dollars entre le 1er juillet 2022 à juin 2023 à 4.960 dollars entre le 1er juillet 2023 au 30 juin 2024. Le ministère des Finances explique que ce relèvement du classement de l’Algérie découle de «la révision complète des statistiques des comptes nationaux (rebasage), engagée par l’office national des statistiques (ONS), dans le but de s’aligner sur les normes internationales actuelles.
Ce nouveau classement intervient moins de trois mois après qu’un rapport du Fonds monétaire international (FMI) positionne l’Algérie comme la troisième économie africaine après l’Afrique du Sud et l’Egypte pour l’année 2024. Ce rapport précise que «l’Égypte, qui avait brièvement accédé au sommet du classement en 2023, devrait céder sa place à l’Afrique du Sud en 2024, tandis que le Nigeria, anciennement deuxième, glisserait vers la quatrième position.
«Cette redistribution du pouvoir économique est le résultat direct des dévaluations monétaires et de l’inflation persistante qui ont affligé plusieurs pays africains ces derniers mois», précise l’institution de Bretton woods.
En chiffres, le Fmi prévoit pour 2024 un produit intérieur brut de 267 milliards de dollars pour l’Algérie, 253 milliards de dollars pour le Nigeria, 343 milliards de dollars pour l’Egypte et enfin 373 milliards de dollars pour l’Afrique du Sud. Dans ce nouveau classement, l’Ethiopie occupe la cinquième position avec un PIB de 205 milliards de dollars tandis que le Maroc dégringole à la sixième place avec seulement 157 milliards de dollars.
A titre de rappel et au début de l’année 2023, le Président
Tebboune déclarait à la presse que le produit intérieur de l’Algérie pourrait se situer entre 240 et 245 milliards de dollars. Cette déclaration avait suscité de nombreux commentaires et analyses mettant en doute les chiffres avancés par le Président.
En 2024, le rapport du FMI fait mieux que confirmer le chiffre avancé par le Président algérien, le PIB serait de 267 milliards de dollars. La revue à la hausse du Produit intérieur brut du pays intervient après le changement de l’année de référence de son calcul (rebasage) à partir de 2022. Auparavant, l’année de base du calcul était 1989. A partir de 2022, l’évaluation a pris comme année de référence 2001. Ce changement de référence va permettre au PIB du pays de passer de 163,5 milliards de dollars en 2021 à 233 milliards des dollars en 2022. Soit une hausse de 12,8%.
Dans son rapport du mois de février 2023, le Conseil économique et sociale de l’ONU écrivait dans ce sens que «le rebasage (ou changement de l’année de base / de référence) est important, car il permet, dans le cadre des statistiques, de tenir compte des derniers changements structurels, des prix de base et de tendances de l’inflation». Avant de préciser que cette opération «est une procédure complexe qui nécessite la participation et l’appui des fournisseurs de données, des utilisateurs de données et des autres parties prenantes».
Dans le tableau en annexe de ce document des Nations unies, il ressort que l’Algérie avait l’année de base la plus reculée (2001) dans le calcul de son PIB. L’année de base de l’Afrique du Sud était 2010, celle de l’Egypte 2012 et le Nigeria 2010. Cette donne fera dire à la Haut-commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, lors d’une réunion tenue la mi-décembre 2023 «qu’un nouveau changement de l’année de référence de calcul du produit intérieur brut sera opéré en 2024 pour passer de la référence 2001 à 2011». Une démarche, qui selon la ministre, vise à s’adapter aux années de référence en vigueur au niveau international Donc, «l’amélioration de la méthodologie d’accès et de traitement des sources d’informations à travers l’exploitation de la plate-forme dynamique des statistiques «va permettre au pays de procéder, à au moins deux changements de l’année de base de calcul de son PIB d’ici à 2027».
L’autre facteur, non négligeable, dans la formation du PIB, reste la croissance. Depuis 2021, l’économie algérienne réalise une forte croissance. Ainsi, la croissance a été de 3,8% en 2021, de 3,6% en 2022 et 4,1% en 2023. Et il est attendu une progression de 4% en 2024.
Il y a lieu également de signaler que cette croissance qui devrait se maintenir à un niveau soutenu avec l’entrée en production de plusieurs projets miniers structurants à l’exemple de celui de Gara Djebilet, du plomb et du zinc de Oued Amizour et du phosphate intégré de Tébessa. La mise en valeur d’un demi-million d’hectares de nouvelles terres agricoles dans le Grand Sud permettrait également d’apporter une valeur ajoutée certaine à l’économie nationale. Sans oublier les gigantesques projets dans l’habitat, les chemins de fer ainsi que les infrastructures de base qui, une fois achevés, feront de l’Algérie un pays émergent en 2027.
Lors de sa rencontre avec des étudiants le 19 mai passé, le Président de la République avait annoncé un Pib de 400 milliards de dollars à l’horizon 2027. Et à première vue, cet objectif semble largement à la portée de l’Algérie.
M. Chermat