La grande complicité du Maroc et l’Europe mise à nu par Forbes

Des projets éoliens pour «blanchir» l’occupation du Sahara occidental

Le célèbre magazine américain Forbes a publié, il y a trois jours, un article bien peaufiné sur les spoliations des richesses naturelles et énergétiques du Sahara occidental par l’occupant marocain avec la complicité de l’Europe, où l’objectif recherché par le Makhzen est de blanchir son occupation des terres sahraouies, comme l’avait démontré Forbes.« Le Sahara occidental n’est pas à vendre (Western Sahara is not for sale/WSNS) », l’article paru dans le magazine américain « Marocgate : corruption et énergies renouvelables sanguines au Sahara occidental », paru dimanche passé sur les colonnes de Forbes, où le nom du coordinateur de la campagne, Mahfoud Bechri est cité, ce dernier a déclaré que « la monarchie marocaine tente de blanchir son occupation, en impliquant des entreprises étrangères dans ses nouveaux projets qui se situent pour la plupart hors du Maroc, plus précisément dans les territoires sahraouis occupés». Rabat rend l’Europe complice et cela crée un sentiment de normalité dans l’occupation », rapporte Forbes. Le Maroc cherche désespérément à « blanchir »son occupation du Sahara occidental, moyennant la réalisation de nouveaux projets énergétiques dans les territoires occupés et rend l’Europe « complice » de ses activités illégales, selon l’article paru dimanche dans un magazine américain. Ces entreprises «sont conscientes de l’illégalité de ce qu’elles font», a affirmé Bechri, rappelant qu’«il y a un processus de paix et un conflit qui doit avant tout être résolu». «Ces sociétés n’ont jamais demandé le consentement du peuple sahraoui, ce qui est une étape juridique nécessaire. Cela a été confirmé à plusieurs reprises par des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)», a-t-il affirmé. Dans son article, le journaliste Elias Ferrer Breda a parlé aussi du scandale de corruption qui a éclaboussé, il y a près d’une année, le Parlement européen. Il a expliqué comment et pour quelles raisons des lobbyistes marocains ont soudoyé l’institution européenne. Il a cité notamment Abderrahim Atmoun, l’ambassadeur du Maroc en Pologne, accusé d’avoir financé des campagnes politiques et d’avoir offert de somptueux cadeaux à des eurodéputés, dont Pier Antonio Panzeri, Eva Kaili et d’autres. Pour l’auteur, «il existe de nombreuses raisons pour lesquelles le gouvernement marocain aurait été si agressif dans ses activités de lobbying en Europe, au point de se livrer à des activités illégales, y compris des pots-de-vin». Selon lui, l’une des questions clés était de «légitimer son occupation illégale du Sahara occidental». Néanmoins, en raison du statut du Sahara occidental qui est, selon les Nations unies, un territoire non autonome en cours de décolonisation, «l’Union européenne (UE) a déclaré qu’elle n’importerait pas d’énergie de ce territoire, qui est distinct du Maroc selon le droit international». Breda a tenté en outre de répondre à la question : «Pourquoi la monarchie marocaine cherche-t-elle désespérément à faire du Sahara occidental une entreprise rentable ? ». La principale raison, selon lui, était d’«acquérir une légitimité tout en compensant les lourds coûts de la colonisation et, surtout, l’énorme investissement militaire». Dans le cadre de son plan de production d’énergie verte, une importante population de colons va «être déployée autour des territoires occupés, ce qui représenterait 200 000 personnes salariées», a révélé l’auteur. S’agissant de son investissement militaire, l’armée marocaine a, au cours des années 1980, construit un long mur de sable avec une forte présence de personnel et de technologies de surveillance. Des analystes estiment que l’entretien de cette structure illégale coûte près de 2 millions de dollars par jour. Elle est également entourée de millions de mines terrestres. Les forces d’occupation marocaines ont également été très utilisées sur tout le territoire pour réprimer la population sahraouie sous occupation. Plusieurs ONG et l’ONU ont exprimé leurs inquiétudes concernant les violations systémiques des droits humains au Sahara occidental occupé, notamment Amnesty International, Human Rights Watch et le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme. n