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Quotidien d'information indépendant - n° 6309 - Dimanche 18 Novembre 2018

Les dessous des revendications

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La grève des résidents médicaux dure depuis plusieurs semaines. Elle s’est radicalisée ces derniers jours avec l’adhésion au mouvement de solidarité exprimé avant-hier, par les professeurs, maîtres-assistants et internes.

Ce débrayage a mis à jour des dessous que nul n’a, durant des années, osé dénoncer. Au-delà des revendications les unes plus légitimes que les autres, il y a celle relative à la mise à la disposition des étudiants en médecine de moyens de travail, de formation et d’enseignement. Dans le milieu des anciens praticiens, des langues se sont déliées sur la gestion antérieure des établissements de santé tant ceux des Centres Hospitaliers Universitaires que des services sanitaires. Il en a été ainsi des dossiers marchés publics en termes de réalisation (en cours ou projetée) de structures médicales et acquisition d’équipements médicaux de pointe censés être destinés aux structures hospitalières et sanitaires. Partout dans le milieu national des hospitaliers universitaires, l’on cite la wilaya de Annaba comme étant le plus mauvais exemple de gestion des réalisations et acquisitions. L’on souligne qu’à ce niveau, la démesure est depuis longtemps dépassée. Dans le lot, il y a le Centre Anti Cancer (CAC), Centre Régional de Transfusion Sanguine, l’hôpital de cardiologie pédiatrique, la radio panoramique de la clinique dentaire «Elisa» qui n’a jamais fonctionné depuis sa mise en place et l’extension de l’hôpital «Mère Enfants» El Bouni. Et ce n’est pas fini. L’on se frotte déjà, les mains à l’annonce du projet inscrit portant sur la réalisation d’un 2ème CHU à la nouvelle ville de Draa Erich Annaba. Ce geste de satisfaction ne va pas dans le sens de ce que ce projet est en mesure de créer comme renforcement des capacités d’accueil des malades. Il est beaucoup plus l’expression d’une avidité sans limite de certains responsables du ministère de la santé. Les résidents en grève et leur encadrement, en ont été informés. Ce qui a eu pour effet de décupler leur colère, eux, qui n’arrivent pas à disposer d’un stéthoscope. C’est que de nombreux projets centralisés réalisés ou programmés pour l'être, ont été parrainés par le Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière (MSPRH). Les retards enregistrés dans le lancement des travaux ou la mise en place des équipements n’ont rien à voir avec l’austérité. Leur exécution ou leur disponibilité est liée à la mauvaise gouvernance. Durant ce mouvement de grève qui perdure, les grévistes ont exprimé leur déception à la suite des déclarations du ministre en charge du secteur. Ce dernier a parlé d’austérité dans un secteur qui n’a pas à être confronté à pareille pratique. Il s’agit de sauver des vies humaines et à ce stade on ne s’arrête pas à des comptes d’épicier. Le ministre semble avoir évité de s’attarder sur les graves révélations portées à sa connaissance. Des faits avérés de mauvaise gestion ont été commis par son institution durant des années. A l’exemple de l’absence des documents justificatifs de réception d’équipements médicaux sophistiqués. Acquis par l’un ou l’autre CHU ou secteur sanitaire du pays, beaucoup n’ont jamais été mis en service. D’autres ont été livrés à l’abandon. .Mauvaise gestion également des ressources humaines sous l’impulsion du trafic d’influence auquel s’adonnent des malfrats en col blanc bien introduits dans le secteur de la santé. On cite une nouvelle fois Annaba, où un député proche du précédent ministre de la santé a imposé le recrutement à des postes de responsabilité d’une vingtaine de membres de sa famille ou proches n’ayant pas les capacités requises. Ce personnage a pratiquement semé des incompétences dans différents services administratifs de gestion dans les CHU, les Hôpitaux et les polycliniques du pays. Dans cette wilaya comme dans beaucoup d’autres du pays, la situation a atteint le point de non-retour. «La mafia navigue vent en poupe». C’est que, sans vergogne, La «Cosa Nostras locale» a fait main basse sur les structures hospitalières. Elle fait et défait la politique sanitaire au gré des intérêts de ses animateurs. La peur d’être dégommé, impose le silence à tout un chacun. Comme s’il s’agissait «d’un deal tacite», les rares individus qui la composent, évitent de se piétiner. Via les décideurs de haut niveau, a été mis en place un système mafieux par où transitent les nouveaux promus à des postes décisionnels dans le secteur.

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